Procès

01 avril 2021 14:28; Act: 01.04.2021 14:45 Print

De nouvelles vidéos choc de la mort de George Floyd

De multiples caméras ont capté les derniers instants de George Floyd, qui ont été joués et rejoués mercredi au procès du policier Derek Chauvin, accusé de l'avoir tué.

Sur ce sujet
Une faute?

Signe des temps, de multiples caméras ont enregistré sous tous les angles les derniers instants de George Floyd, qui ont été joués et rejoués mercredi au procès du policier Derek Chauvin, accusé de l'avoir tué, au point de raviver le traumatisme des témoins.

Les jurés avaient été confrontés dès l'ouverture des débats, lundi, à la vidéo la plus connue du calvaire de l'Afro-Américain.Cette fois, ils se sont retrouvés au cœur même du drame, avec les enregistrements des caméras-piétons portées par les quatre policiers qui, le 25 mai à Minneapolis, ont voulu arrêter George Floyd, soupçonné d'avoir écoulé un faux billet de vingt dollars dans une épicerie.

«Ne me faites pas ça»

En juillet, la justice avait autorisé les médias à visionner ces vidéos, sans les enregistrer ni les publier. Elles étaient donc restées assez confidentielles. Sur ces films, les suppliques du quadragénaire noir se font plus personnelles: «S'il vous plaît, ne me tirez pas dessus», «Je ne suis pas mauvais», «Ne me faites pas ça», «Vous me faites peur», dit-il aux agents, en assurant «être claustrophobe» quand ils essaient de le faire monter dans leur véhicule.

Face à sa résistance, ces hommes en uniforme le clouent au sol et le plus expérimenté d'entre eux, Derek Chauvin, s'installe, un genou sur son cou. Il conservera cette position pendant plus de neuf minutes, ce qui lui vaut d'être jugé pour meurtre.

Ce policier blanc de 45 ans, dont 19 au service de la police de Minneapolis, a maintenu sa pression même quand ses collègues ont noté que George Floyd «s'était évanoui» et n'avait «plus de pouls», ont confirmé les vidéos des caméras-piétons.

L'accusation s'est également appuyée mercredi sur des caméras de surveillance installées dans l'épicerie Cup Foods pour raconter les moments qui ont précédé l'intervention des policiers.

A la barre des témoins, un jeune caissier, Christopher Martin, a raconté avoir vendu un paquet de cigarettes à George Floyd, qui a payé avec un billet de vingt dollars. «J'ai vu un pigment bleu (...), j'ai trouvé ça bizarre et j'ai pensé qu'il était faux», a raconté le jeune homme noir de 19 ans, visiblement nerveux.

Dans ce magasin, si un employé encaisse un faux billet, la somme est retirée de son salaire. M. Martin l'a accepté mais, «après réflexion», il en a parlé à son responsable, qui lui a ordonné de demander à M. Floyd de revenir.

Le quadragénaire étant resté dans un véhicule garé devant la supérette, le jeune caissier et des collègues sont sortis pour lui parler. Mais ils ne sont pas parvenus à le convaincre et un des employés du magasin a fini par appeler la police. La suite a été racontée par Charles McMillian, un homme noir de 61 ans qui, passant par là en voiture, s'est arrêté «par curiosité».

Verdict fin avril

Deux agents ont d'abord pointé une arme sur George Floyd pour le faire sortir de sa voiture, lui ont mis des menottes et l'ont ramené vers leur véhicule, a-t-il raconté. M. McMillian a alors entamé un dialogue avec M. Floyd, qui refusait de monter dans la voiture de police. «Je lui ai dit d'obéir, qu'il ne pouvait pas gagner», a raconté le sexagénaire.

Les agents, désormais quatre, finissent par plaquer le quadragénaire au sol qui se fait de plus en plus suppliant. «Je ne peux pas respirer, j'ai mal au ventre», «Maman, je t'aime», l'entend-on prononcer sur un enregistrement.

«Si je n'avais pas pris le billet, tout ça aurait pu être évité», a confié le caissier. Le procès de Derek Chauvin, qui plaide non coupable, doit durer jusqu'à la fin avril et le verdict sera rendu dans la foulée. Ses trois ex-collègues Alexander Kueng, Thomas Lane et Tou Thao, seront jugés en août pour «complicité de meurtre».

(L'essentiel/afp)