France

13 octobre 2021 18:29; Act: 13.10.2021 19:12 Print

Déclarée morte, sa mère vivait en maison de retraite

Une habitante de Montpellier a découvert que sa maman, introuvable depuis 2001 et décédée aux yeux de la loi, résidait en maison de retraite depuis cinq ans.

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«Sur le plan affectif, c’est insupportable.» Karine Maurel-Carrière, 50 ans, peine à se remettre de l’histoire à peine croyable qu’elle a vécue. Tout a commencé en juin 2000, lorsque le grand-père maternel de cette Française domiciliée à Montpellier (sud) est décédé. La mère de Karine a extrêmement mal vécu ce départ, qui a provoqué chez elle un choc émotionnel. Michèle a alors été prise d’un délire paranoïaque dirigé contre Karine et l’ex-mari de cette dernière.

Pour ne rien arranger, Michèle a été victime d’un accident de la route peu après la mort de son père. Pour pouvoir s’occuper d’elle, Karine a installé sa mère dans un studio près de chez elle. Mais le délire paranoïaque a persisté, et du jour au lendemain, Karine n’a plus eu de nouvelles de Michèle. Après plusieurs mois de silence radio, la Montpelliéraine a signalé la disparition de sa mère. La voiture de cette dernière, contenant son sac a été retrouvée à l’aéroport de Nîmes. «Je pensais qu’elle était partie faire une mission humanitaire, j’espérais qu’elle soit quelque part, heureuse», confie Karine au «Parisien».

L'héritage rendu à sa mère

Les années ont passé, et la Française n’a pas recherché activement sa mère, qui l’avait déjà abandonnée alors qu’elle n’avait que 8 ans. Comme le veut la procédure un jugement de déclaration d’absence a été rendu en 2016, ce qui signifiait qu’aux yeux de la loi, Michèle était considérée comme morte. «Ça a donc déclenché son héritage, mais aussi celui de son père, qui était bloqué», explique Karine. Un événement inattendu est venu tout chambouler en 2019, quand la Montpelliéraine a reçu un courrier de l’Udaf (Union départementale des associations familiales) lui apprenant qu’en fait, sa mère était bel et bien en vie.

En fait, Michèle avait été placée dans un EPHAD (établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) de la région en 2014 après avoir été retrouvée alors qu’elle était SDF. «Ça a été violent», témoigne Karine. La déclaration d’absence a donc été annulée et l’héritage que Karine avait touché est revenu à Michèle, aujourd’hui âgée de 73 ans. Encore secouée par cet imbroglio, la quinquagénaire ne comprend pas comment une telle chose a pu se produire. «Ce n’est pas rationnel. Tout le monde se renvoie la balle et me répond qu’il est dans son bon droit», déplore Karine, qui ne sait toujours pas ce qui est arrivé à sa mère entre 2001 et 2014. «Il y a eu quelques défaillances, mais c’est surtout la faute à pas de chance», estime de son côté son avocate, Me Catarina Clemente de Barosse.

(L'essentiel/joc)