Inondations

04 août 2021 07:09; Act: 04.08.2021 11:43 Print

En Allemagne, une montagne de déchets à évacuer

La vallée de l’Ahr, un affluent du Rhin dont les eaux se sont transformées en torrent furieux mi-juillet, doit faire face désormais à 35 000 tonnes de détritus.

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Des montagnes d’appareils rouillés et de meubles brisés: près des villages allemands dévastés par des inondations historiques, la déchetterie croule sous l’équivalent d’une année de détritus, qu’elle tente tant bien que mal d’évacuer.

«Il n’y a pas d’évènement comparable en Allemagne», explique Sascha Hurtenbach, directeur du centre de stockage de Niederzissen, devant d’immenses monticules sur lesquels s’activent excavatrices et pelleteuses. «Actuellement, nous avons quelque 35’000 tonnes d’encombrants ici, extraits de la zone sinistrée, et nous avons déjà transporté la même quantité vers une décharge», explique-t-il. «Il y a encore beaucoup de déchets sur place», ajoute-t-il, estimant qu’une moitié des volumes a été dégagée depuis la catastrophe, il y a trois semaines.

Des restes de vie brisée

La vallée de l’Ahr, un affluent du Rhin dont les eaux se sont transformées en torrent furieux dans la nuit du 14 au 15 juillet, se trouve à une vingtaine de kilomètres de là. Sur les routes de la vallée, la boue a laissé place à la poussière et les convois de camions bennes ont remplacé les touristes, autrefois nombreux à fréquenter ces paysages bucoliques. Machines à laver, lave-vaisselles, canapés, frigos, chaises... des restes des vies brisées s’entassent sur des mètres de hauteur dans la déchetterie de Niederzissen. Emportés par les flots ou sortis des maisons inondées, ils témoignent de l’ampleur de la catastrophe qui a fait au moins 187 morts dans le pays.

«On est complet», explique Sascha Hurtenbach. «On ne peut accepter que l’équivalent de ce qui repart dans la journée» sinon «nous manquons d’espace de traitement».

Un camion par minute

Au plus fort des opérations de déblaiement, le site voyait arriver un camion par minute. Et encore, la déchetterie n’accueille qu’une partie des débris : matériaux de construction, branches, tronc d’arbres, attendent encore devant les maisons marquées par la crue, le long des routes.

Pour le transport, jusqu’à 170 personnes ont été mobilisées, plus de quatre fois les 40 employés habituels. Le centre fonctionne actuellement sept jours sur sept mais son activité est tributaire de la disponibilité de transporteurs pour acheminer les encombrants vers des décharges ou des centres de recyclage spécialisés. «Je ne sais pas combien de temps ça va durer», dit le directeur âgé de 51 ans.

Sur 130’000 habitants du canton, 30’000 sont directement concernés par la catastrophe, selon lui. Mais «pour les autres, il faut aussi vider les poubelles et ramasser les ordures comme d’habitude».

(L'essentiel/AFP)