Coronavirus à Téhéran

06 avril 2020 17:39; Act: 06.04.2020 18:18 Print

Fabrication de masques dans une mosquée

La mosquée de Téhéran a été transformée en atelier de confection pour fabriquer des masques et des draps.

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Pendant que les couturières piquent, une équipe est chargée de découper les guirlandes de masques ainsi produites. (photo: AFP/Atta Kenare)

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La mosquée a été transformée en atelier de confection. Alignées comme des écolières, chacune devant une petite table surmontée d'une machine à coudre, une quinzaine d'Iraniennes s'affairent à fabriquer des masques et des draps.

Ici le tchador noir est de mise car ces petites mains sont membres du Bassidj, ce mouvement de «mobilisation» populaire adossé aux innombrables mosquées qui parsèment le territoire de la République islamique. Et en ces temps de pandémie de nouveau coronavirus, presque toutes portent également un masque.

Nous sommes venues ici pour servir nos compatriotes

«Notre groupe (d'une quarantaine de femmes) se rendait chaque année sur les champs de bataille de la guerre Iran-Irak pour servir les visiteurs», explique à l'AFP Fatemeh Saïdi, jeune femme de 27 ans engagée dans le Bassidj avec son mari.

«Cette année, en raison de la propagation du coronavirus, les déplacements entre les villes ont été interdits et nous n'avons pas pu y aller. Alors nous sommes venues ici pour servir nos compatriotes. Nous travaillons à cela depuis plus d'un mois», raconte Mme Saïdi.

«Nous distribuons ces produits dans les hôpitaux»

Pendant que les couturières piquent, une équipe est chargée de découper les guirlandes de masques ainsi produites et trie les masques à l'unité, placés dans des seaux. D'autres femmes plient et rangent les draps en tissu imprimé au fur et à mesure de leur production.

Dans une autre salle du lieu de culte, des hommes assis sur les tapis de prière confectionnent des gants en plastique avec des moules thermocollants rudimentaires. «Nous distribuons ces produits dans les hôpitaux et les zones défavorisées de Téhéran et de plusieurs autres villes», explique Mme Saïdi.

Une des bénévoles ne cache pas les motifs religieux de sa présence: pour elle il s'agit ni plus ni moins de «rendre heureux le cœur de l'Imam Zaman», autre nom du Mahdi, le dernier des douze saints imams vénérés en islam chiite iranien, occulté de son vivant, et dont le retour attendu par les croyants annoncera la fin des temps et le début d'une ère de justice et de paix.

(L'essentiel/afp)