Piraterie

18 janvier 2011 11:44; Act: 18.01.2011 14:23 Print

Hausse alarmante des prises d'otages

Près de 1 200 marins ont été pris en otages par des pirates en 2010, essentiellement dans l'océan Indien, un chiffre record jugé «alarmant» par le Bureau Maritime International (BMI).

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A la fin décembre, 28 bateaux et 638 otages restaient aux mains des pirates.

Une faute?

Le golfe d'Aden, au large des côtes de la Somalie, est resté de loin la zone maritime la plus dangereuse de la planète puisque 92% des prises d'otages y ont été perpétrées l'an dernier. Dans cette région, les pirates sont de mieux en mieux armés et utilisent des méthodes plus sophistiquées, rendant encore plus ardue la tâche de la flotte internationale chargée d'y sécuriser le trafic maritime.

Les chiffres les plus élevés jamais enregistrés

Au total, le BMI a répertorié 445 attaques dans le monde l'an dernier, soit 10% de plus qu'en 2009. Les pirates ont pris le contrôle de 53 navires et fait 1.181 otages, contre seulement 188 en 2006 et 1 050 en 2009. Huit hommes d'équipage ont été tués. «Ces chiffres sont les plus élevés jamais enregistrés» et «cette progression est alarmante», a déclaré le capitaine Pottengal Mukundan, directeur du Centre de suivi de la piraterie au BMI.

À la fin décembre, 28 bateaux et 638 otages restaient aux mains des pirates, a précisé le BMI, un organisme basé à Kuala Lumpur et lié au réseau international des Chambres de Commerce. De nombreux otages originaires de pays aussi divers que l'Inde, les Philippines ou le Ghana, attendent parfois des mois une hypothétique libération.

Rayon d'action plus étendu

Dans l'océan Indien, les pirates somaliens ont tendance à délaisser les vedettes rapides pour des bateaux-mères, ces navires de pêche ou de commerce qu'ils utilisent pour mener leurs attaques après les avoir arraisonnés. «Ils capturent l'équipage et l'oblige à s'approcher d'autres navires qui ne le soupçonne pas afin de l'attaquer», a expliqué le capitaine Mukundan. Les flibustiers ont parallèlement étendu leur rayon d'action dans l'océan Indien, allant pour la première fois jusqu'au canal de Mozambique, selon le BMI.

Ils s'adaptent ainsi à la présence de navires de guerre, notamment de la force européenne Atalante, déployés au large de la Corne de l'Afrique. Ces navires «ont empêché de nombreuses attaques de pirates», qui y ont baissé de plus de moitié en 2010 à 53, a souligné le capitaine Mukundan, en qualifiant d'«essentiel» le maintien de l'opération de l'Otan «Ocean Shield».

Une guerre impossible à gagner?

Le problème de la piraterie ne sera cependant pas résolu en mer, mais à terre, car «toutes les mesures prises en mer sont sapées par l'absence d'un Etat responsable en Somalie», a-t-il estimé. Le commandant d'«Ocean Shield», le contre-amiral néerlandais Michiel Hijmans, a récemment exprimé sa crainte que «la guerre contre la piraterie ne soit impossible à gagner tant qu'il n'y a pas un gouvernement stable en Somalie». La piraterie dans l'océan Indien a atteint «un niveau intolérable», a dénoncé lundi Jan Fritz Hansen, de l'Association des armateurs du Danemark, qui prévoit d'organiser fin janvier à Copenhague une conférence sur le sujet avec l'International chamber of shipping (ICS), qui regroupe la plupart des compagnies maritimes.

Dans les autres régions, le BMI a noté que le nombre d'attaques avait atteint son plus haut niveau depuis 2007 au large de l'Indonésie, jusqu'à présent saluée pour ses efforts pour éradiquer la piraterie dans le détroit de Malacca. 31 incidents ont été par ailleurs répertoriés dans le sud de la Mer de Chine méridionale, soit deux fois plus qu'en 2009.

L'essentiel Online avec AFP

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