En Norvège

22 juillet 2020 19:56; Act: 23.07.2020 11:55 Print

Hommage numérique aux victimes de Breivik

L’hommage rendu aux 77 victimes de l’extrémiste de droite a été diffusé en direct sur les chaînes de télévision et sur Internet.

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Aujourd’hui âgé de 41 ans, Breivik, qui n’a jamais exprimé de remords, purge une peine de 21 ans de prison. (photo: AFP/Bendiksby, Terje)

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Pas de chaleureuses accolades, ni de retrouvailles des familles: épidémie de nouveau coronavirus oblige, la Norvège a rendu mercredi un hommage «numérique» aux 77 personnes tuées par l’extrémiste de droite Anders Behring Breivik il y a neuf ans jour pour jour.

Sur l’îlot d’Utøya où Breivik, déguisé en policier, avait ouvert le feu sur un camp de la Jeunesse travailliste, faisant 69 morts - des adolescents pour la plupart - responsables politiques, représentants des familles et quelques rescapés se sont recueillis, en respectant les règles de distanciation physique, devant un monument aux victimes. Dans la matinée, une première cérémonie avait été organisée devant le siège du gouvernement à Oslo, où l’extrémiste de droite avait fait exploser une bombe un peu plus tôt le 22 juillet 2011, tuant huit autres personnes.

«Douloureux de ne pas être tous ensemble aujourd’hui»

Le nombre de participants étant limité à cause de la crise sanitaire, les cérémonies ont été retransmises en direct sur les chaînes de télévision et sur Internet. «C’est bizarre et un peu douloureux de ne pas être tous ensemble aujourd’hui et de ne pas pouvoir se confier les uns aux autres, s’embrasser», a déclaré la présidente du groupe de soutien aux victimes, Lisbeth Kristine Røyneland, qui a elle-même perdu une fille de 18 ans sur Utøya.

«Le 22 juillet est l’exemple le plus abominable de notre époque que la haine peut conduire à la violence, les meurtres et le terrorisme», a-t-elle ajouté. «C’est pourquoi le savoir, combiné à l’engagement et l’empathie, est notre principale défense contre la haine et la violence». L’assistance clairsemée comptait dans ses rangs le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, Premier ministre à l’époque des attentats et qui a participé à tous les camps d’été de la Jeunesse travailliste sur Utøya depuis 1974.

«C’est un peu douloureux de ne pouvoir se donner d’accolade, de ne pouvoir se réconforter, surtout un jour comme celui-ci quand on a besoin d’être proches les uns des autres», a confié Ina Rangønes Libak, rescapée de la fusillade devenue depuis présidente de la Jeunesse travailliste. Aujourd’hui âgé de 41 ans, Breivik, qui n’a jamais exprimé de remords, purge une peine de 21 ans de prison, susceptible d’être prolongée indéfiniment, aussi longtemps qu’il restera considéré comme une menace pour la société.

(L'essentiel/afp)