Affaire Maëlys

07 octobre 2019 13:55; Act: 07.10.2019 17:11 Print

«Il avait conscience que ça allait mal se terminer»

Persuadé que Nordahl Lelandais a prémédité son acte, le père de Maëlys veut que le «meurtre» de sa fille soit requalifié en «assassinat».

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Le père de Maëlys a l'intime conviction que sa fille a été embarquée de force par Nordahl L. (photo: AFP/Jeff Pachoud)

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Joachim de Araujo ne prend pas souvent la parole. Mais alors que la justice s'apprête à clore l'instruction sur la mort de Maëlys, son père demande que les faits soient requalifiés. Selon lui, Nordahl Lelandais a prémédité son acte et la cours d'assises de l'Isère doit le juger pour «assassinat» et non pour «meurtre», chef d'accusation pour lequel il est poursuivi à l'heure actuelle. Ainsi, l'ex-militaire serait exposé à la peine la plus lourde figurant dans le Code pénal, c'est-à-dire la réclusion à perpétuité assortie d'une période de sûreté illimitée, écrit Le Parisien.

Le père de Maëlys, tuée dans la nuit du 26 au 27 août 2017 lors d'un mariage à Pont-de-Beauvoisin (Isère), a l'intime conviction que sa fille a été embarquée de force par Nordahl Lelandais «Pour moi, il l'a obligée à monter dans sa voiture», estime Joachim de Araujo, qui pense que le trentenaire savait très bien ce qu'il allait advenir de l'enfant. «Il avait conscience que cela allait mal se terminer. Lorsqu'il dit que la mort de Maëlys n'est qu'un accident, je n'y crois pas. On n'enlève pas une enfant par accident à 2 ou 3 heures du matin», martèle-t-il.

«Je ne crois pas à ses aveux»

Les parents de la victime sont par ailleurs persuadés que Nordahl Lelandais a enlevé Maëlys pour l'agresser sexuellement. Ils estiment par conséquent que le suspect devrait également être poursuivi pour ce motif. Or, il n'a pas pu être formellement établi que la fillette a été violée. Après plusieurs mois passés dans la nature, son corps était trop dégradé pour apporter quelconque preuve de viol. De son côté, Nordahl Lelandais a toujours nié avoir sexuellement agressé la petite. Les enquêteurs ont bien du mal à croire cette version, particulièrement depuis qu'ils ont découvert que l'ex-militaire avait fait subir des attouchements à deux de ses petites cousines, âgées de 4 et 6 ans.

Récemment, le témoignage d'un ancien codétenu du suspect avait encore renforcé cette thèse. Selon cet homme, le trentenaire lui aurait confié avoir violé la fillette puis l'avoir frappée à mort pour l'empêcher de se débattre. En attendant le procès, Joachim de Araujo ne demande qu'une chose: connaître enfin la vérité. «Pour l'instant, je ne crois pas à ses aveux. Je me battrai jusqu'au bout pour Maëlys. J'attends le procès pour que Nordahl Lelandais soit condamné à sa juste peine. Et c'est en fonction de cette peine que je serai apaisé, ou pas…».

(L'essentiel/joc)