Histoire de l'humanité

20 juillet 2019 10:00; Act: 20.07.2019 18:12 Print

Il y a 50 ans, l'homme marchait sur la Lune

Le 20 juillet 1969, Apollo XI alunissait. Le lendemain, Neil Armstrong effectue les premiers pas de l'homme sur la Lune. (Re)découvrez cet événement majeur, accompli il y a 50 ans.

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Attention, il est conseillé de lire l'article avec la musique «Space Oddity» de David Bowie dans les oreilles pour plus d'immersion. Cette chanson était diffusée dans la retransmission par la BBC des images de l'alunissage d'Apollo 11.

Après quatre jours de voyage, de questionnement, mais surtout de stress au sein de la NASA, le module «Columbia» de la mission Apollon 11 arrive presque à destination: la Lune. Les astronautes, Edwin "Buzz" Aldrin et le commandant de la mission Neil Armstrong, embarquent à la hâte dans le module lunaire «LEM». Malheureusement pour Michael Collins, le troisième membre d'Apollo 11, il a été convenu qui reste aux commande du «Columbia».

Tout s'était déroulé comme à l'entraînement. Mais une vingtaine de minutes avant l'alunissage, le 20 juillet 1969, des alarmes retentissent à l'intérieur de la navette. De nature taiseux, Armstrong inquiet prend la parole,«donnez-nous l'explication pour l'alarme du programme 12 02 Houston». «Ignorez», répond Houston, «l'ordinateur de bord est débordé mais les systèmes fonctionnent».

Les cratères défilent à toute vitesse. Trop vite, pour le commandant. Il comprend alors que la zone d'alunissage prévue sera dépassée de plusieurs kilomètres. Armstrong prend les commandes manuelles. Il cherche une nouvelle zone, par son hublot. Mais «c'est très rocailleux». Aldrin lui lit les informations de l'ordinateur: la vitesse verticale et l'altitude. Le sol lunaire est de plus en plus proche... «600 pieds... 300 pieds...», annonce-t-il de plus en plus rapidement. Armstrong a pris sa décision: «Ce sera juste après ce cratère!», répond-il à son copilote. Ce sera sa dernière phrase avant le dénouement final, Armstrong, concentré, ne dit plus rien au vu de la jauge du carburant qui descend.

Un alunissage réussi

«30 secondes», annonce Houston, qui surveille le carburant restant. Le commandant ralentit le «LEM» qui fait presque du surplace. Puis enfin, il se pose. «Lumière de contact», dit Aldrin. Armstrong coupe le moteur. «Houston, ici la Base de la tranquillité. L'Aigle s'est posé», annonce Armstrong avec un large sourire. «Bien reçu, Tran... Tranquillité», répond le «Capcom» Charles Duke au sol. «On était en train de tourner de l’œil. On respire de nouveau». Pour de vrai, ils n'ont pas repris leur souffle... ils ont plutôt exprimé leur joie à pleins poumons dans le centre de la NASA.

Mais le plus important reste à faire... Après avoir posé la capsule, il faut désormais poser le pied! Après de longues concertations, il avait été prévu que ce serait Neil Armstrong qui fera la première balade lunaire. Il prend son courage, puis sort du «LEM», prêt à écrire l'histoire. Neil se remémore la promesse qu'il avait faite à sa grand-mère de ne pas le faire s'il sentait un danger. Il sait que le monde entier est en train de le regarder. De plus, toutes ses paroles sont diffusées en direct. «Les pieds du LEM s'enfoncent dans la surface de seulement un ou deux pouces, bien que la surface semble être très, très finement granuleuse», décrit-il, avec émerveillement, «c'est presque comme de la poudre». La couleur varie selon l'angle du Soleil: de marron à gris à noir comme du charbon.

Enfin il est temps de descendre de son échelle. «Okay, je vais descendre du LEM», annonce-t-il. Puis, après une pause, il réfléchit longuement à sa phrase qui restera dans les livres d'histoire... Il finira par dire: «C'est un petit pas pour l'Homme, un bond de géant pour l'humanité». En fait, Armstrong a voulu dire «pour un homme», mais ce n'était pas audible.

Il est 22h56, le 20 juillet à Houston, l'homme a marché sur la Lune.

Et ensuite?

Pendant deux heures et demie, Armstrong ramasse des kilos de pierres et photographie. Aldrin installe un sismomètre et d'autres instruments scientifiques. Ils plantent un drapeau américain et laissent des traces de leur passage, dont une médaille honorant Youri Gagarine. Sur les 857 photos en noir et blanc, et 550 en couleur, seules quatre montrent Armstrong. La plupart représentent Aldrin. «Il est beaucoup plus photogénique que moi», plaisanta Armstrong en 2001.

À l'heure de repartir, les astronautes sont recouverts de poussière. Dans le cockpit, il y a comme une odeur de «cendres mouillées dans une cheminée», selon Armstrong. En orbite, Collins les attend depuis 22 heures. «Ma terreur secrète depuis six mois est de les laisser sur la Lune et de revenir seul sur Terre. S'ils n'arrivent pas à quitter la surface, ou s'ils s'écrasent, je ne vais pas me suicider. Je reviendrai à la maison mais je serai un homme à abattre pour le restant de mes jours, je le sais», a écrit Collins. Heureusement, l'unique moteur du LEM s'allume, le rendez-vous fonctionne et les trois hommes repartent vers la Terre.

Le 24 juillet, la capsule qui transporte les trois héros traverse dans une boule de feu l'atmosphère pour tomber comme une pierre dans le Pacifique, ralentie par trois grands parachutes. Richard Nixon, le président américain de l'époque, les attendait à bord d'un porte-avions.

Et pour tous ceux qui pourraient encore penser que cette aventure est un gros fake:

(dj/L'essentiel/afp)