Feux en Amazonie

22 août 2019 14:48; Act: 22.08.2019 15:53 Print

Jair Bolsonaro accuse les ONG d'être responsables

Des incendies dévastateurs font rage dans la forêt amazonienne. Le président brésilien accuse les environnementalistes mais un chercheur donne d'autres explications.

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C'est une triste première. Il n'y jamais eu autant d'incendies dans la forêt tropicale brésilienne, le «poumon de notre planète», que cette année: depuis janvier, les feux dans le plus grand pays d'Amérique du Sud ont augmenté de 83 pour cent par rapport à la même période l'année dernière, comme le rapporte le journal «Folha de S. Paulo».

Au total, 72 843 incendies ont été enregistrés. Les nuages de fumée sont clairement visibles sur les images satellites de la Nasa. Selon l'Institut national de recherche spatiale (INPE), la déforestation en juillet y a été quasiment quatre fois supérieure au même mois de 2018.

Dans la plupart des cas, ce sont des zones privées qui sont touchées. Mais les incendies ont également frappé à maintes reprises des réserves naturelles ainsi que les terres des autochtones. «Ce n'était pas suffisant pour eux de tuer notre rivière, maintenant ils brûlent notre forêt», déclare désespérément une indigène dans une vidéo (voir ci-dessus). Cela provoque une perte de la biodiversité et de la fonction de la forêt, celle de fournir des nuages à l'atmosphère pour produire la pluie. Les fumées au-dessus des villes amazoniennes ont de graves conséquences sur la santé et provoquent de sérieux problèmes respiratoires. Mercredi, Sao Paulo a d'ailleurs été plongé dans une ambiance apocalyptique.

Ces images impressionnantes ont déclenché une tempête anti-Bolsonaro sur les réseaux sociaux. Sur Twitter, le mot-clé #PrayforAmazonas (Prions pour l'Amazonie en français) était la première tendance mondiale. De nombreux internautes s'indignaient en postant des photographies et vidéos montrant des pans entiers de forêt dévorés par des rideaux de flammes. «Seize jours que la forêt amazonienne brûle et personne n'est au courant», déplorait un internaute. «Notre maison brûle et nous regardons ailleurs», s'indignait un autre.

«Empereur Néron»

Mercredi soir, le président brésilien a accusé les environnementalistes d'être derrière les feux de forêt. «On a retiré l'argent aux ONG. Elles recevaient 40% des subventions venant de l'étranger. Elles ne les ont plus. On a aussi mis fin à leurs subventions publiques», a déclaré Bolsonaro aux journalistes.

«Il se peut donc que ces organisations prennent des mesures pour attirer l'attention contre moi et contre le gouvernement brésilien. C'est la guerre à laquelle nous sommes confrontés». Mais il n'a pas été capable de fournir de preuves appuyant ses allégations. Et s'est même permis une blague: «On m'appelait Capitaine Tronçonneuse, maintenant je suis l'Empereur Néron qui met le feu à l'Amazonie. Mais c'est simplement la saison des feux de forêt».

La hausse dramatique du nombre d'incendies en Amazonie brésilienne est avant tout causée par la progression de la déforestation, a expliqué Paulo Moutinho, chercheur à l'Institut de recherche environnementale sur l'Amazonie (IPAM).

Déforestation, la catastrophe continue

«Une solution rapide»

Ce dernier remet en cause l'argument du gouvernement du président d'extrême droite Jair Bolsonaro, qui soutient que cette augmentation du nombre d'incendies est due à la sécheresse. «La déforestation explique la majorité des incendies. Ils sont liés à l'avancée de la déforestation, conjuguée à des périodes de saison sèche intense. Mais en 2019 nous n'avons pas une sécheresse aussi sévère que lors des années précédentes. S'il y avait eu plus de sécheresse, cela aurait été bien pire», explique Moutinho.

Le feu est utilisé pour nettoyer des zones déjà déforestées, pour ouvrir des pistes ou pour préparer des terres à la culture. Le manque de prévention fait que les flammes se propagent à des zones plus sèches qui n'étaient pas destinées à être brûlées. Dans la majorité des cas, la déforestation permet de spéculer en revendant les terres plus tard. Les incendies ont donc toujours une origine humaine, continue le chercheur.

«La zone du bassin amazonien qui a été déforestée est équivalente à la surface du territoire français. Cela représente environ 20%. Il en reste encore 80%. Nous avons encore le temps d'éviter un effondrement fonctionnel de la forêt, mais la solution doit être rapide», conclut le scientifique.

(L'essentiel/kle/pac/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Alain le 22.08.2019 15:19 Report dénoncer ce commentaire

    Bolsonaro accuse les ong comme Hitler avait accusé les juifs de l'incendie du Reïchtag! Les fascistes peuvent tous se serrer la main...

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  • Alain le 22.08.2019 15:19 Report dénoncer ce commentaire

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