Holocauste

30 juillet 2020 07:06; Act: 30.07.2020 07:07 Print

L’appel des survivants à Mark Zuckerberg

Alors que Facebook ne supprime pas les contenus négationnistes, neuf survivants de l’holocauste demandent au réseau social de changer de politique.

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En juillet 2018, Mark Zuckerberg, qui est lui-même juif, avait expliqué qu’il ne voulait pas supprimer les messages négationnistes de Facebook. (photo: KEYSTONE)

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Neuf survivants de l’holocauste ont demandé mercredi à Mark Zuckerberg, fondateur et directeur de Facebook, de retirer du réseau social les contenus négationnistes. Parmi eux figure Eva Schloss, demi-sœur d’Anne Frank, aujourd’hui âgée de 91 ans.

Les rescapés témoignent dans une vidéo mise en ligne sur le plus grand réseau social au monde. Elle a été réalisée en partenariat avec la Claims Conference, organisation créée en 1951 notamment pour œuvrer à la récupération de biens spoliés.

«Quand des gens disent en ligne que l’holocauste n’a jamais eu lieu, ils disent que mon père, ma sœur et soixante membres de ma famille n’ont pas été assassinés par les nazis», explique Lea Evron, 85 ans. D’origine polonaise, elle a échappé aux camps d’extermination de même que sa mère, lorsque son père et sa sœur ont été déportés, en 1943.

Dans un document publié au début juillet, l’organisation de lutte contre l’antisémitisme Anti Defamation League (ADL) a donné plusieurs exemples de groupes Facebook au sein desquels des usagers mettaient ouvertement en doute l’existence de l’holocauste ou son étendue. Parmi eux le groupe CODOH ou «comité pour un débat ouvert sur l’holocauste», où étaient encore visibles mercredi des messages niant que le génocide des juifs d’Europe a bien eu lieu durant la Seconde Guerre mondiale.

Négationnisme pas interdit

Aux États-Unis, révisionnisme et négationnisme ne sont pas interdits par la loi et la jurisprudence tend à les placer sous la protection du premier amendement de la constitution, qui garantit la liberté d’expression. Dans de nombreux États européens, en revanche, des propos révisionnistes ou négationnistes sont passibles de poursuites pénales. En juillet 2018, Mark Zuckerberg, qui est lui-même juif, avait expliqué qu’il ne voulait pas supprimer les messages négationnistes de Facebook.

Sollicité par l’AFP, Facebook a indiqué qu’il supprimait tout contenu qui «défendait» l’holocauste, «essayait de le justifier», «accusait les victimes de mentir» ou incitait à la haine ou la violence contre les juifs. Mais la plate-forme ne retire pas du contenu «uniquement parce qu’il est faux», a précisé un porte-parole, et ne supprime donc pas les contenus négationnistes.

(L'essentiel/afp)