États-Unis

16 août 2018 10:50; Act: 16.08.2018 11:33 Print

La liberté de la presse est en jeu aux États-​​Unis

Honnis par Donald Trump, des centaines de journaux américains ont répondu jeudi en publiant des éditoriaux pour insister sur l'importance de la liberté de la presse.

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«Trump calls media enemy of the people» - Trump traite les médias d'ennemi du peuple (photo: AFP)

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Menés par le «Boston Globe» sous le mot d'ordre #EnemyOfNone (Ennemi de personne), plus de 200 groupes de presse contre-attaquent après la multiplication des coups de boutoir du président américain contre les médias, qualifiant à l'envi de «Fake News» tout organe de presse publiant des informations qui lui déplaisent. Le milliardaire n'hésite pas également à traiter les grands médias d'«ennemi» ou d'«ennemi du peuple».

«Nous avons aujourd'hui aux États-Unis un président qui a créé un mantra selon lequel tout média qui ne soutient pas ouvertement la politique de l'administration actuelle est l'ennemi du peuple», écrit le «Globe» dans son éditorial jeudi. «C'est un des nombreux mensonges propagés par notre président comme par un charlatan d'antan qui jetait de la poussière ou de l'eau magique sur une foule pleine d'espoir», poursuit le prestigieux quotidien. Selon le «Globe», cette attitude de Trump à l'égard des médias encourage les hommes forts comme le Russe Vladimir Poutine ou le Turc Recep Tayyip Erdogan à traiter les journalistes comme des ennemis.

«La presse libre a besoin de vous»

Le «New York Times», fréquemment cible des invectives présidentielles, a publié un court éditorial sous un titre en lettres capitales «LA PRESSE LIBRE A BESOIN DE VOUS» rappelant que le peuple avait le droit de critiquer la presse. «Mais insister sur le fait que les vérités qui vous déplaisent sont des "Fake News" est dangereux pour la démocratie», écrit le «Times».

D'autres médias à travers le pays ont défendu leur rôle, qui consiste selon certains à faire économiser le temps du contribuable. «Les journalistes couvrent des réunions du gouvernement ennuyeuses et déchiffrent les formules de financement de l'école publique, pour que vous n'ayez pas à le faire», souligne ainsi l'«Arizona Daily Star». «Ce n'est pas aussi fondamental que le premier amendement, mais cela peut servir».

Pour les défenseurs de la liberté de la presse, les déclarations de M. Trump menacent le rôle de contre-pouvoir de la presse et vont à l'encontre du premier amendement qui garantit la liberté d'expression et protège les journalistes.

Initiative limitée

«Je ne crois pas que la presse puisse rester sans rien faire et subir, elle doit se défendre lorsque l'homme le plus puissant du monde tente d'affaiblir le premier amendement», estime Ken Paulson, ancien rédacteur en chef du quotidien «USA Today» et un des responsables du Newseum, le musée de l'information à Washington. Mais il relativise l'efficacité de cette campagne de sensibilisation en citant que «les personnes qui lisent les éditoriaux n'ont pas besoin d'être convaincues. Ce ne sont pas elles qui hurlent (sur les journalistes) aux meetings présidentiels».

Selon lui, face aux assauts de la Maison-Blanche, les médias doivent développer une campagne «marketing» plus large pour souligner l'importance d'une presse libre comme valeur fondamentale. Mais l'initiative de jeudi pourrait galvaniser les partisans du président, qui pourraient y voir une preuve que les médias sont ligués contre lui. «Les médias organisent une attaque plus étudiée et publique que jamais contre Donald Trump» et contre «la moitié du pays qui le soutient» a tweeté Mike Huckabee, ancien gouverneur républicain et commentateur sur la chaîne conservatrice Fox News.

Effet contre-productif en vue

Même des critiques du président ont des doutes. À l'instar de Jack Shafer, de «Politico», qui pense que l'effort coordonné «va à coup sûr avoir un effet contre-productif». Mais pour les défenseurs des médias, les enjeux sont bien trop importants pour accepter que les affirmations présidentielles soient hors de contrôle. Certains estiment que les propos de Donald Trump ont généré des menaces contre des journalistes et auraient aussi pu créer un climat d'hostilité ayant mené à de violentes attaques comme celle contre le «Capital Gazette» à Annapolis (Maryland) fin juin, où cinq personnes ont été tuées par un tireur entretenant une relation conflictuelle avec le journal.

Selon un récent sondage Ipsos, 43% des républicains pensent que le président devrait avoir l'autorité de fermer des médias ayant une «mauvaise attitude».

(L'essentiel/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • julie le 16.08.2018 14:34 Report dénoncer ce commentaire

    liberté de la presse quelle blague!, elle appartient a des milliardaires, gérée par des stagiaires incultes et on parle de liberté!

  • anonymous le 16.08.2018 15:46 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    De qu'elle liberté parle t'on ? Celle de la presse neutre et qui donne de l'info ou bien,comme c'est le cas pour la plupart, celle de la presse politisée absolument pas neutre et qui tapes sur Trump dès que possible alors que son pays enregistre ses meilleurs résultats depuis des décennies.....

  • Nono le 16.08.2018 12:24 Report dénoncer ce commentaire

    Essayez d'étouffer des médias prouve juste que Trump a bien un problème avec eux et qu'il a peur de l'impact... vive la liberté de la presse.

Les derniers commentaires

  • Kafka le 17.08.2018 17:59 Report dénoncer ce commentaire

    Et la liberté des gens qui lisent la presse ?

  • Luther le 17.08.2018 10:25 Report dénoncer ce commentaire

    C'est vrai que, globalement, la presse est pourrie. C'est un business : il faut plaire au plus grand nombre et aux plus puissants. Elle est faite par des êtres humains qui veulent le meilleur salaire possible. Mais il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain. C'est quand mieux d'avoir des sources variées et des infos à recouper. Donc pas d'accord pour que le gouvernement (US ou autre) impose sa vision des choses.

  • Alex le 17.08.2018 09:36 Report dénoncer ce commentaire

    à force d'hurler "Fake news", Trump a réussi à persuader les gens que la seule source d'information fiable est celle qui est en sa faveur. C'est grave pour une démocratie.

  • MarcC le 17.08.2018 08:18 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Même ici, la liberté de la presse n’existe pas.

  • Rigoberta Menchu le 16.08.2018 23:34 Report dénoncer ce commentaire

    le peuple américain parlé avec leur vote (Trump est élu) et leur portefeuille (ils cessent de voir et d'acheter la presse gauchiste à la solde des financiers).