Manifestations

15 décembre 2012 17:08; Act: 15.12.2012 21:24 Print

Les Français dans la rue pour le mariage gay

METZ - «Lesbienne, gay, bi, trans, hétéro: tous et toutes égaux»: plusieurs milliers de partisans du projet de loi ouvrant le mariage et l'adoption aux couples homosexuels ont défilé samedi en France.

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Manifestation régionale à Metz pour l'égalité des droits. (photo: Mathieu Klein/Twitter)

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A Marseille, 7 000 personnes selon les organisateurs, un peu moins de 2 000 selon la préfecture de police, ont défilé sur la Canebière avant de rejoindre la préfecture, en présence d'élus de gauche, dont la ministre Marie-Arlette Carlotti. A Lyon, ils étaient entre 4 000 et 8 000 à battre le pavé, à Montpellier entre 2 000 et 3 000, à Nantes entre 1 100 et 4 000. D'autres rassemblements de moindre ampleur ont eu lieu à Lille (de 700 à 1 000), Grenoble (de 500 à 2 000), Metz (de 200 à 1 000), Dijon, Orléans ou Brest. A Toulouse, les partisans du mariage gay se sont donné rendez-vous dimanche.

«Nous sommes là pour répondre aux opposants et rappeler au gouvernement l'engagement de campagne de François Hollande», expliquait à Marseille Gilles Dumoulin, président de l'association LGP (Lesbian and Gay Parade). A Montpellier, où la maire socialiste Hélène Mandroux doit célébrer début 2013 le premier mariage homosexuel de France, le député PS Christian Assaf a jugé «incomplet» le projet de loi qui sera présenté fin janvier au Parlement. «Il faut aller au-delà: ouverture de la procréation médicale assistée pour les couples de femmes, adoption simple pour deux personnes. Ça veut dire, tout simplement, reconnaître la réalité des nouvelles familles», a-t-il lancé.

Dans les cortèges couleur arc-en-ciel à l'ambiance festive, les manifestants, plutôt jeunes, homos et hétéros réunis, rivalisaient d'imagination et d'humour, proposant des slogans aussi variés que «Priez pour nous, on baise pour vous», «Je veux verser des pensions alimentaires comme une personne normale», «Promis Christine (Boutin, NDLR), je ne me marierai pas avec ma cousine», «Mieux vaut une paire de mères qu'un père de merde» ou encore «Les listes de mariage des gays vont relancer l'économie».

«Manifestation pour l'égalité» dimanche à Paris

Sur toutes les lèvres, sur les pancartes et affiches, une seule revendication: les mêmes droits pour tous. Pour Bernard Roman, député PS du Nord, présent à Lille, «il s'agit du combat universel pour l'égalité, pour une République qui réponde aux revendications des homosexuels depuis des décennies». «Nous réclamons de la stabilité et de la reconnaissance, mais en aucun cas à des fins de déstabilisation de la société. Pourquoi les familles hétérosexuelles se sentent-elles menacées ?», lançait Sabine Dukan, de l'association SOS Homophobie Grenoble, alors que de nombreux manifestants déploraient «une montée de l'homophobie en France».

Après la province samedi, une grande «manifestation pour l'égalité» est organisée dimanche après-midi dans la capitale, au départ de la place de la Bastille pour une arrivée Palais du Luxembourg (et non Opéra, comme initialement prévu), à l'appel de l'Inter-LGBT, principal interlocuteur associatif du gouvernement sur le sujet. Les principaux partis de gauche, le PS en tête, ont appelé à se mobiliser. Parmi les personnalités attendues, Harlem Désir et Pierre Laurent, numéros un respectivement du PS et du PCF. Pour les communistes, le projet gouvernemental «doit être amélioré» et cette manifestation «sera la meilleure façon de riposter à toutes les attaques réactionnaires qui se sont manifestées ces derniers temps». Samedi, les adversaires du mariage homosexuel ont de nouveau fait entendre leur voix.

Plusieurs dizaines de maires et adjoints du collectif «Maires pour l'enfance», venus de plusieurs régions de France, se sont réunis place du Trocadéro, à Paris, pour demander le retrait du projet de loi. Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la République, a accusé pour sa part le PS de «céder au chantage» d'associations défendant des «positions extrémistes», et ainsi de participer «à la division de la société française». En novembre, plus de 100 000 personnes, selon des chiffres officiels, avaient défilé dans plusieurs villes de France contre cette réforme. Samedi 8 décembre, ils étaient encore des milliers à dire leur opposition, dans cinq grandes villes de province. Une nouvelle mobilisation nationale est prévue le 13 janvier, à laquelle devraient se joindre des personnalités de droite.

(L'essentiel Online/AFP)