En Thaïlande

16 septembre 2019 14:32; Act: 16.09.2019 16:07 Print

Lilly, la Greta Thunberg de Thaïlande

Une ado sèche l'école pour se battre contre le plastique dans son pays, sixième plus gros contributeur mondial à la pollution des océans.

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Lilly, 12 ans, sèche l'école, grimpe sur son paddle et pagaye au milieu d'un canal de Bangkok embouteillé de détritus qu'elle ramasse avec précaution. Son combat: le plastique en Thaïlande, sixième plus gros contributeur mondial à la pollution des océans.

En juin, l'adolescente américano-thaïe a remporté une première victoire: aider à convaincre un grand distributeur à Bangkok, Central, de ne plus délivrer de sacs à usage unique dans ses supermarchés, une fois par semaine. Dans la foulée, d'autres groupes de distribution implantés en Thaïlande, dont l'opérateur de la chaîne japonaise 7-Eleven omniprésente dans le royaume, se sont engagés, début septembre, à cesser d'en donner à partir de janvier 2020.

«Quand les adultes ne font rien, c'est à nous les enfants d'agir»

«Ça va dans la bonne direction», sourit Lilly, en enfonçant sa pagaie pour s'approcher d'un sac rempli de canettes rouillées et de bouteilles éventrées. «Au début, je me trouvais trop jeune pour militer, mais Greta (Thunberg) m'a donné confiance. Quand les adultes ne font rien, c'est à nous les enfants d'agir».

Ralyn Satidtanasarn, dit Lilly, ne sera pas à New York aux côtés de la jeune Suédoise égérie de la lutte contre le réchauffement climatique, pour le défilé organisé le 20 septembre, quelques jours avant la conférence de l'ONU sur le climat. Elle manifestera à Bangkok. «Ma place est ici. La lutte doit se faire aussi en Asie du Sud-Est», estime-t-elle.

6e plus gros contributeur à pollution des océans

Dans la lignée du mouvement initié par Greta Thunberg, Lilly a d'abord fait des sit-in devant le siège du gouvernement. Elle a aussi sollicité un rendez-vous avec le Premier ministre Prayut Chan-O-Cha. Sans succès. «Je me suis dit que si le gouvernement ne m'écoutait pas, il fallait parler directement à ceux qui distribuaient les sacs plastique pour les convaincre d'arrêter», explique-t-elle.

La jeune fille peut compter sur le soutien de sa mère qui aide à écrire ses discours devant des responsables de l'ONU, d'ambassades... «Au début, j'ai cru à une lubie d'enfant. Mais elle s'est accrochée», raconte la maman, Sasie, elle-même ex-militante écologiste. «Sa force est d'être une petite fille sans intérêt privé à défendre».

Les lobbies sont puissants

Lilly a commencé à militer à l'âge de huit ans après des vacances sur une plage du royaume «couverte de plastiques». Depuis, même si parfois elle a «envie de s'arrêter pour aller jouer», elle participe aux sessions de nettoyage organisées par l'association Trash Hero (Les héros des ordures). La dernière en date a eu lieu au cœur de Bang Krachao, un quartier connu comme «le poumon vert de Bangkok», jonché par endroits d'une multitude de pailles, de bouteilles et d'emballages rejetés par le fleuve Chao Praya.

Beaucoup croient en la force de conviction de cette toute jeune adolescente. «Il est très difficile d'ignorer un enfant lorsqu'il demande pourquoi nous détruisons la planète sur laquelle il doit vivre», souligne Kakuko Nagatani-Yoshida, du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE). Mais, en Thaïlande, «les lobbies sont puissants et cela rend tout changement difficile», tempère Nattapong Nithiuthai, un militant écologiste qui a monté une entreprise de recyclage de tongs échouées sur les plages pour les transformer en sandales flip-flops design.

Obstacle majeur, la pétrochimie, dont l'un des principaux débouchés est le plastique et qui représente 5% du PIB thaïlandais et des dizaines de milliers d'emplois.

(L'essentiel/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Le Russe le 16.09.2019 15:49 Report dénoncer ce commentaire

    Le plastic tue les animaux, il nous tue aussi des maladies que les microplastiques provoquent alors cette petite a raison de prendre exemple sur Greta dans son combat ! Bonne chance et bon courage à elle dans son pays !!!

  • Martine le 16.09.2019 16:47 Report dénoncer ce commentaire

    Très bonne initiative d'une chose qui m'agaçait déjà il y a 30 ans. En plus je ne serais plus seule à ramasser le plastique sur ces belles plages sous les regards amusées

Les derniers commentaires

  • Martine le 16.09.2019 16:47 Report dénoncer ce commentaire

    Très bonne initiative d'une chose qui m'agaçait déjà il y a 30 ans. En plus je ne serais plus seule à ramasser le plastique sur ces belles plages sous les regards amusées

  • Le Russe le 16.09.2019 15:49 Report dénoncer ce commentaire

    Le plastic tue les animaux, il nous tue aussi des maladies que les microplastiques provoquent alors cette petite a raison de prendre exemple sur Greta dans son combat ! Bonne chance et bon courage à elle dans son pays !!!