Grèce

03 août 2021 16:23; Act: 03.08.2021 17:13 Print

Nouveau féminicide en Grèce, le pays sous le choc

Une femme de 43 ans a été abattue par son mari de huit coups de pistolet sur son lieu de travail. Vendredi, une femme de 31 ans a été poignardée à mort, aussi par son mari.

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Les associations féministes dénoncent une augmentation des violences conjugales (photo du 8 mars 2021). (photo: AFP)

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Une femme de 43 ans a été abattue à coups de pistolet mardi par son mari, dans la taverne où elle travaillait à Larissa (centre), quatre jours après un féminicide perpétré près d’Athènes. Ce nouveau féminicide a provoqué un choc dans le pays d’environ 10,6 millions d’habitants, qui compte sept féminicides depuis le début de l’année. Armé d’un pistolet, le mari, 54 ans, est entré dans la taverne et a tiré huit fois sur sa femme, qui a été tuée sur le coup, selon des médias locaux. Il a été aussitôt arrêté, selon l’Agence de presse grecque, Ana.

Vendredi dernier, une femme de 31 ans a été poignardée et tuée à Dafni près d’Athènes, par son mari de 40 ans, qui s’est livré ensuite à la police. Les voisins de la victime avaient dénoncé auprès de la police les violentes disputes. Depuis le début de l’année, sept féminicides ont été enregistrés en Grèce, un phénomène qui montre la hausse de la violence domestique dans le pays, peu accoutumé aux dénonciations de ces incidents. La violence domestique a enregistré une hausse de 4% en 2020 par rapport à 2019. Lors du premier confinement, les appels vers la ligne téléphonique mise en place pour soutenir les femmes victimes de violence (15’900) ont augmenté de 230%. En Grèce, le «féminicide» n’existe pas dans le code pénal.

Phénomène en hausse

«Les féminicides sont la partie émergée de l’iceberg de la violence domestique», a indiqué à la radio Skaï, Maria Stratigaki, professeure de politique sociale à l’Université Panteion d’Athènes, spécialiste de l’égalité des genres. L’opposition de gauche Syriza a demandé la démission de Maria Syrengela, secrétaire générale à l’égalité des sexes, qui a déclaré mardi que ces féminicides ne signifiaient pas une hausse du phénomène et que «la Grèce se trouvait dans une meilleure situation que le Mexique ou le Venezuela où le nombre des féminicides est beaucoup plus important».

«Les féminicides existaient depuis des années, il y a une hausse en raison du confinement», a indiqué Maria Syrengela soulignant que «les femmes ont récemment commencé à dénoncer la violence domestique». «Il s’agit du septième féminicide en sept mois, mais le gouvernement et la police continuent de ne prendre aucune mesure et de ne pas comprendre que la violence conjugale est en augmentation, surtout après des mois de confinement», a dénoncé mardi Syriza.

(L'essentiel/AFP)