En France

09 avril 2021 15:00; Act: 09.04.2021 15:13 Print

Plainte contre quatre sociétés de prêt-​​à-​​porter

Des ONG et une rescapée ouïghoure ont lancé une procédure de plainte. Elles accusent les multinationales de tirer profit du travail forcé.

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La société Inditex, propriétaire de Zara, fait partie des entreprises accusées. (photo: AFP/Greg Baker)

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Dans un communiqué, les ONG et une rescapée ouïghoure ont annoncé avoir déposé une plainte en France contre quatre multinationales de l’industrie textile. Elles accusent les entreprises de tirer profit du travail forcé imposé à la minorité musulmane des Ouïghours en Chine.

Les sociétés Inditex (propriétaire de la marque Zara), Uniqlo, SMCP (Sandro, Maje, ...) et le chausseur de sport Skechers sont accusés de «recel de travail forcé et de crimes contre l’humanité» dans cette plainte, déposée par l’association anticorruption Sherpa, le collectif Ethique sur l’étiquette, l’Institut ouïghour d’Europe» (IODE) et une femme ouïghoure ayant été internée dans la province du Xinjiang (nord-ouest de la Chine).

«Complices des graves crimes»

Sur la base d’un rapport publié en mars 2020 par l’ONG australienne ASPI (Australian Strategic Policy Institute) sur le recours au travail forcé de la minorité ouïghoure, les plaignants demandent à la justice française d’enquêter sur ces entreprises qui «continueraient d’y sous-traiter une partie de leur production ou de commercialiser des biens utilisant du coton produit dans la région, se rendant complices des graves crimes qui y sont perpétrés», résume le communiqué.

La région du Xinjiang représente près d’un cinquième de la production mondiale de coton et fournit de nombreux géants de l’habillement.

Les associations estiment vraisemblable la commercialisation, par ces quatre sociétés, de vêtements ou de chaussures fabriqués en totalité, ou pour partie, dans des usines où des Ouïghours sont soumis au travail forcé. Elles estiment aussi qu’elles ne justifient pas d’efforts suffisants pour s’assurer que leurs sous-traitants ne sont pas impliqués dans les persécutions de cette minorité. Cette plainte, déposée à Paris par l’avocat William Bourdon, «est la première d’une série qui se déploiera dans les prochains mois, dans d’autres pays européens», poursuit le communiqué.

(L'essentiel/afp)