En Afghanistan

07 août 2020 11:25; Act: 07.08.2020 13:59 Print

Pompeo veut libérer des prisonniers talibans

Le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, fait pression sur les Afghans afin de faire avancer le processus de paix.

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Une assemblée des anciens doit décider du sort d’environ 400 détenus talibans accusés de crimes graves dont le gouvernement afghan a jusqu’ici refusé la libération. (photo: AFP)

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Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a appelé un conseil d’anciens prévu vendredi en Afghanistan à libérer des centaines de prisonniers talibans dont certains sont accusés de crimes graves, afin de faire avancer le processus de paix.

«Nous reconnaissons que la libération de ces prisonniers est impopulaire», a déclaré Mike Pompeo dans un communiqué, quelques heures avant le début d’une loya jirga, une assemblée traditionnelle d’anciens à laquelle doivent participer environ 3200 dignitaires à Kaboul. «Mais cet acte difficile mènera à un résultat important, attendu depuis longtemps par les Afghans et les amis de l’Afghanistan: la réduction des violences et des discussions directes conduisant à un accord de paix et à la fin de la guerre», a-t-il ajouté.

Alors que Kaboul a relâché près de 5000 prisonniers talibans, les autorités afghanes ont jusqu'ici refusé de libérer les derniers 400 captifs réclamés par les insurgés. Parmi eux, selon la liste officielle, consultée par l'AFP, se trouvent de nombreux hommes reconnus coupables de crimes graves, avec plus de 150 condamnés à mort.

Le document contient aussi un groupe de 44 captifs «indésirables», une sorte de liste noire remplie de profils jugés problématiques par les autorités américaines et afghanes, mais aussi d'autres pays. Cinq d'entre eux, par exemple, ont joué un rôle dans l'attaque en 2018 de l'hôtel Intercontinental à Kaboul, lors de laquelle 40 personnes avaient péri, dont 14 étrangers. On trouve également parmi eux un insurgé impliqué dans un attentat au camion piégé près de l'ambassade allemande en mai 2017, ou encore un ancien soldat afghan qui avait retourné son arme contre des soldats français en 2012, tuant cinq d'entre eux et en blessant 13 autres.

Le président afghan Ashraf Ghani a placé le sort de ces captifs entre les mains d'une loya jirga, grande assemblée de hauts dignitaires afghans. Environ 3200 représentants doivent y participer vendredi, selon le porte-parole de la loya jirga, Jahanzaib Sharifi. L'échange de prisonniers prévoit la libération par les autorités afghanes de 5000 insurgés et celle par les talibans de 1000 membres des forces de sécurité. Les talibans, qui disent avoir fait leur part, refusent de débuter les pourparlers de paix tant que les 5000 captifs dont ils ont demandé la libération n'auront pas été relâchés.

(L'essentiel/afp)