En Russie

08 août 2019 12:45; Act: 08.08.2019 13:09 Print

Poutine à la tête de la Russie depuis 20 ans

Nommé le 9 août 1999 Premier ministre par Boris Eltsine, le président russe a installé depuis un pouvoir sans partage.

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Va-t-il un jour quitter le pouvoir? (photo: AFP/Alexei Druzhinin)

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Quand Vladimir Poutine est nommé Premier ministre, beaucoup pensent que le peu connu patron des services de renseignements compte poursuivre les réformes démocratiques des années post-soviétiques, tout en restaurant l'ordre. Vingt ans plus tard, il a installé un pouvoir sans partage et semble déterminé à le conserver.

Ces dernières semaines, le refus des autorités de laisser l'opposition se présenter aux municipales de plusieurs grandes villes, Moscou en tête, et la ferme répression policière et judiciaire du mouvement de protestation qui a suivi laissent peu de doutes.

Ancien agent secret

Après avoir minutieusement marginalisé toutes les voix critiques, l'ancien agent du KGB de 66 ans, populaire pour avoir restauré la place de son pays sur la scène internationale et ramené un semblant de stabilité, ne compte pas laisser émerger d'opposition. Quand bien même la Constitution ne lui permet pas de se représenter à un nouveau mandat en 2024.

Boris Eltsine annonce le 9 août 1999 qu'il nomme le directeur du FSB, l'héritier du KGB soviétique, à la tête du gouvernement. Les commentateurs voient en lui un représentant des services de sécurité capable de mettre fin à instabilité politique et aux troubles dans le Caucase. Mais aussi un efficace homme d'État ayant entamé sa carrière auprès du très libéral maire de Saint-Pétersbourg, Anatoli Sobtchak et choisi par le clan Eltsine pour maintenir la Russie sur la voie de l'économie de marché. Affaibli, le président d'alors, qui démissionnera le 31 décembre suivant au profit de son dauphin, explique à la télévision que Vladimir Poutine sera à même de «consolider la société» et «garantir la continuation des réformes».

Pouvoir «sans limite»

«Au tout début de son règne, la Russie, toujours pauvre et criminalisée, restait pour autant un pays libre et démocratique», relève le journaliste de la télévision publique Nikolaï Svanidzé, qui se souvient d'un Poutine «agréable partenaire de conversation», «naturel» et «doté d'un sens de l'humour» lors de ses premières années au Kremlin.

«Après 20 ans d'un pouvoir sans limite, entouré de flagorneurs, ce qui est inévitable dans notre régime relativement autoritaire, il a certainement changé, et pas dans le bon sens», ajoute-t-il, interrogé par l'AFP. À ses débuts, le Premier ministre Poutine se montre relativement tolérant et disposé à de bonnes relations avec les Occidentaux. Il cultive cependant l'image d'un dur et lance la deuxième guerre de Tchétchénie, socle de sa popularité qui lui permettra d'être élu président en 2000 avec 53% des voix.

Changement

Grâce à une manne pétrolière abondante, sa première décennie au pouvoir est marquée par une remontée du niveau de vie des Russes et un retour de l'État affaibli après la chute de l'URSS -- avec une reprise en main des médias contrôlés par d'ambitieux oligarques. «Le Poutine d'aujourd'hui n'est pas celui de 1999-2000: de libéral, il est devenu conservateur», estime le politologue Konstantin Kalatchev. Selon l'expert, «cette évolution a été déclenchée par sa déception envers les Occidentaux».

Un tournant a eu lieu en 2004 avec la «Révolution orange» qui aboutit à l'élection en Ukraine d'un président pro-occidental et que le Kremlin considère comme une ingérence occidentale dans son pré carré. En 2007, M. Poutine prononce à Munich un dur réquisitoire contre les États-Unis, resté dans les mémoires.

Un départ?

Depuis, les crises se multiplient: guerre en Géorgie en 2008, intervention occidentale en Libye en 2011 vécue comme une trahison par Moscou qui soutient désormais Bachar el-Assad en Syrie, crise ukrainienne de 2014 avec l'annexion de la Crimée puis le lancement d'un conflit dans l'Est entre forces de Kiev et séparatistes prorusses. «Le conflit avec l'Occident a transformé Poutine en réactionnaire», juge l'éditorialiste politique de la radio Business FM Georgui Bovt.

Sur le plan intérieur, cela se traduit par la défense des valeurs traditionnelles conservatrices prônées par l'Église orthodoxe, en opposition avec une forme de «décadence» occidentale, et un recul permanent des libertés publiques au nom de l'ordre et de la stabilité.

L'échéance de la fin de mandat laisse la classe politique russe s'interroger sur ses intentions. La question se pose d'autant plus que la popularité de Vladimir Poutine, stratosphérique après l'annexion de la Crimée, chute depuis l'annonce il y a un an d'une impopulaire réforme des retraites, difficile à accepter pour une population aux revenus très faibles et en baisse continue depuis cinq ans.

(L'essentiel/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • coucou le 08.08.2019 22:36 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    La Russie est un immense pays certainement difficile à gouverner. Mais éliminer (tuer ou emprisonner) simplement les quelques opposants qui osent se montrer, ce n'est pas la bonne méthode pour moi. Apparemment il y en a chez nous que ça ne gênerait pas (pour les autres, mais pas pour soi, bien sûr ).

  • Moipascomprendre le 08.08.2019 21:39 Report dénoncer ce commentaire

    Je me demande bien ce que tous ses pros font ici. Vu le paradis qu ils décrivent. Quelqu un peut m expliquer je dois rater un truc.

  • Vladthecrad le 08.08.2019 16:24 Report dénoncer ce commentaire

    Hélas loin d'être un gran homme comme Gorbatchev. C'est juste un dictateur aimé par les russes à l'étranger. Mais une grande majorité des russes en russie le détestent. Suffit de voir le nombre de manifestations malgré ce ne soit pas un état de droit.

Les derniers commentaires

  • Christian le 09.08.2019 07:43 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Les clowns passent Poutine reste! D’une main de fer il tient toute une nation! Un exemple!

  • franco le 09.08.2019 01:41 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Poutine un vrai président russe qui travaille pour les intérêts de la Russie. C'est sur que cela doit en gêner certains.

  • jang de blannen le 09.08.2019 00:30 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Nos démocraties en Europe occidentale sont loin d’être parfaites, mais tout de même bien meilleures pour les citoyens lambdas que la Russie de Poutine qui ne favorise qu’un cercle restreint d’oligarques fidèles au Kremlin

  • Whatever you want le 08.08.2019 23:44 Report dénoncer ce commentaire

    Bizarrement quand junker étais premier ministre pendant des années on le traite pas de dictateur pourquoi Putin le serai alors s'il est voté par son peuple ???? je rends toutes les années en Russie et croyez moi ou non 90% des russes l'adore. Après des manifestations sans autorisation tout comme au Luxembourg sont interdit

  • coucou le 08.08.2019 22:36 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    La Russie est un immense pays certainement difficile à gouverner. Mais éliminer (tuer ou emprisonner) simplement les quelques opposants qui osent se montrer, ce n'est pas la bonne méthode pour moi. Apparemment il y en a chez nous que ça ne gênerait pas (pour les autres, mais pas pour soi, bien sûr ).