États-Unis

28 septembre 2021 07:20; Act: 28.09.2021 11:57 Print

Premier opéra par un compositeur noir à New York

Une œuvre composée par un musicien noir a été jouée lundi soir pour la première fois au célèbre Metropolitan Opera de New York, qui rouvrait après un an et demi.

storybild

L’ultime répétition avant la grande réouverture. (photo: AFP)

Sur ce sujet
Une faute?

Après un an et demi de rideau baissé à cause du coronavirus, le Metropolitan Opera de New York a retrouvé le public lundi soir pour une première historique qui a retenti jusqu’à Harlem: une œuvre composée par un musicien noir, le trompettiste Terence Blanchard.

En 138 ans d’existence et malgré de grands compositeurs afro-américains comme William Grant Still, la prestigieuse institution n’avait jamais mis à l’affiche l’un de leurs opéras, contrairement à d’autres scènes des États-Unis. C’est chose faite depuis lundi, avec «Fire shut up in my bones», une œuvre contemporaine et flamboyante, aux accents jazz et blues, de Terence Blanchard, trompettiste renommé et célèbre pour avoir composé les bandes originales de nombreux films de Spike Lee.

Le livret, écrit par la cinéaste américaine Kasi Lemmons, est inspiré des mémoires de Charles Blow, un chroniqueur du New York Times qui raconte son passage à l’âge adulte en tant que garçon noir dans le sud des États-Unis, aux prises avec le racisme et le traumatisme d’une agression sexuelle perpétrée par un cousin durant son enfance. Et pour l’occasion, l’œuvre, jouée, chantée et dansée dans l’antre habituel du Met Opera, au Lincoln Center, a aussi été diffusée sur un écran géant, dans un amphithéâtre en plein air du Marcus Garvey Park à Harlem, où l’entrée était gratuite.

Au bout de trois heures de représentation, conclues par des applaudissements nourris, Lara Rabkin, une créatrice âgée de 48 ans, en avait les larmes aux yeux. «C’était très puissant. C’est important qu’on parle plus des hommes exprimant leurs émotions, notamment les hommes noirs dans notre communauté, car il n’y a pas souvent de place pour parler de leurs traumatismes, de leurs blessures, et pour se soutenir plutôt que de renvoyer une image de dureté», a-t-elle expliqué, très émue.

«Il y a longtemps»

Bien avant le spectacle, à l’ombre des arbres du parc, près de la 125e rue à Harlem, une longue file d’attente s’était formée pour montrer sa carte de vaccination puis s’asseoir sur les bancs, dans l’amphithéâtre de 1700 places vite rempli. Avant que le baryton Will Liverman ne chante les premières notes, l’orchestre, dirigé par Yannick Nézet-Séguin, avait fait retentir l’hymne américain, applaudi par la foule debout.

Fin 2019, le Metropolitan Opera avait annoncé mettre à son programme l’opéra de Terence Blanchard, déjà joué à Saint-Louis, sans préciser quelle place prendrait cette œuvre dans sa saison. Un an et demi plus tard, et après l’affaire George Floyd, «Fire shut up in my bones» est à l’affiche de la réouverture post-Covid, un symbole encore plus important. Cela «dépasse ma personne» avait confié à l’AFP le musicien de 59 ans né en Louisiane, récompensé six fois aux Grammy Awards et nommé aux Oscars, y voyant un signe qui «en dit plus long sur ce qu’il se passe dans notre pays et dans le monde de l’art».

Plus de 3000 salariés

Mais pour Linda Talton, une consultante en éducation de 54 ans qui habite le quartier d’Harlem, «cela aurait dû arriver il y a bien plus longtemps». «C’est une honte qu’il ne soit que le premier. Nous sommes en 2021. Nous devrions avoir honte, en tant que pays», ajoute cette femme, cheveux courts teints en blond, qui se dit quand même «très heureuse». «Terence Blanchard est incroyable, c’est une légende, c’est très beau qu’il honore cet espace», dit-elle. Pendant la pandémie, le Met, premier employeur des États-Unis dans le domaine du spectacle vivant avec plus de 3000 salariés, a aussi dû faire face à de longues négociations sociales, sur fond de baisses de salaires, pour pouvoir reprendre.

Un accord a finalement été trouvé à la fin du mois d’août: il prévoit des réductions de salaire pour les musiciens, la direction s’engageant à en rétablir une partie quand les recettes de billetterie atteindront 90% du niveau d’avant la pandémie.

(L'essentiel/AFP)

Vous venez de publier un commentaire sur notre site et nous vous en remercions. Les messages sont vérifiés avant publication. Afin de s’assurer de la publication de votre message, vous devez cependant respecter certains points.

«Mon commentaire n’a pas été publié, pourquoi?»

Notre équipe doit traiter plusieurs milliers de commentaires chaque jour. Il peut y avoir un certain délai entre le moment où vous l’envoyez et le moment où notre équipe le valide. Si votre message n’a pas été publié après plus de 72h d’attente, il peut avoir été jugé inapproprié. L’essentiel se réserve le droit de ne pas publier un message sans préavis ni justification. A l’inverse, vous pouvez nous contacter pour supprimer un message que vous avez envoyé.

«Comment s’assurer de la validation de mon message?»

Votre message doit respecter la législation en vigueur et ne pas contenir d’incitation à la haine ou de discrimination, d’insultes, de messages racistes ou haineux, homophobes ou stigmatisants. Vous devez aussi respecter le droit d’auteur et le copyright. Les commentaires doivent être rédigés en français, luxembourgeois, allemand ou anglais, et d’une façon compréhensible par tous. Les messages avec des abus de ponctuation, majuscules ou langages SMS sont interdits. Les messages hors-sujet avec l’article seront également supprimés.

Je ne suis pas d’accord avec votre modération, que dois-je faire?

Dans votre commentaire, toute référence à une décision de modération ou question à l’équipe sera supprimée. De plus, les commentateurs doivent respecter les autres internautes tout comme les journalistes de la rédaction. Tout message agressif ou attaque personnelle envers un membre de la communauté sera donc supprimé. Si malgré tout, vous estimez que votre commentaire a été injustement supprimé, vous pouvez nous contacter sur Facebook ou par mail sur feedback@lessentiel.lu Enfin, si vous estimez qu’un message publié est contraire à cette charte, utilisez le bouton d’alerte associé au message litigieux.

«Ai-je le droit de faire de la promotion pour mes activités ou mes croyances?»

Les liens commerciaux et messages publicitaires seront supprimés des commentaires. L’équipe de modération ne tolérera aucun message de prosélytisme, que ce soit pour un parti politique, une religion ou une croyance. Enfin, ne communiquez pas d’informations personnelles dans vos pseudos ou messages (numéro de téléphone, nom de famille, email etc).

L'espace commentaires a été désactivé
L'espace commentaires des articles de plus de 48 heures a été désactivé en raison du très grand nombre de commentaires que nous devons valider sur des sujets plus récents. Merci de votre compréhension.

Les commentaires les plus populaires

  • Mike le 29.09.2021 07:30 Report dénoncer ce commentaire

    Pure appropriation culturale

  • Issou le 28.09.2021 12:47 Report dénoncer ce commentaire

    Je vois pas beaucoup de diversité dans son casting.

Les derniers commentaires

  • Mike le 29.09.2021 07:30 Report dénoncer ce commentaire

    Pure appropriation culturale

  • Issou le 28.09.2021 12:47 Report dénoncer ce commentaire

    Je vois pas beaucoup de diversité dans son casting.