En Belgique

10 décembre 2019 12:19; Act: 10.12.2019 12:21 Print

Sans gouvernement depuis un an, les Belges relativisent

Faire cohabiter un nord néerlandophone ancré à droite et un sud francophone qui vote à gauche relève du casse-tête.

storybild

C'est le 18 décembre 2018 que le Premier ministre Charles Michel, a annoncé la démission de son gouvernement. (photo: AFP/Gints Ivuskans)

Sur ce sujet
Une faute?

Faire cohabiter un nord néerlandophone ancré à droite et un sud francophone qui vote à gauche relève du casse-tête: la Belgique vit depuis un an sans gouvernement. Dans une certaine indifférence.

«Rien d'anormal», «on est habitués», «on ne voit pas de différence»: ce matin-là les passants interrogés dans le quartier européen de Bruxelles relativisent la supposée crise traversée par l'Etat fédéral belge depuis décembre 2018.

Une femme comme Premier ministre

Ils se disent commerçants, travailleurs indépendants du spectacle, nés Belges ou d'origine étrangère, peu politisés, et plutôt philosophes. «C'est la belgitude», sourit Odile, costumière dans la capitale. «Avec ou sans gouvernement, la paix sociale est là, respect!», lâche Reda, un Belgo-Marocain en recherche d'emploi, qui préfère aussi taire son nom.

C'est le 18 décembre 2018 que le Premier ministre en exercice depuis 2014, le libéral francophone Charles Michel, a annoncé la démission de son gouvernement. Une conséquence du départ du premier parti de Flandre, les nationalistes de la N-VA, en désaccord sur la question migratoire. Résultat: un attelage tripartite de centre-droit s'est retrouvé à gérer les affaires courantes, privé de majorité au Parlement. Il est dirigé par une femme, Sophie Wilmès, la première au poste de Premier ministre.

«C'est embêtant, on perd du temps»

Les élections législatives du 26 mai ont compliqué la donne avec la nette progression des «anti-establishment» (extrême droite au nord, extrême gauche au sud), au détriment des partis traditionnels, tous affaiblis. Et vu les difficultés que rencontrent les différents responsables chargés par le roi d'accorder les points de vue, le pays va passer un second Noël sans nouvelle coalition aux manettes. Cela signifie l'impossibilité pour l'exécutif de faire voter un budget annuel, alors que le déficit public attendu autour de 11 milliards d'euros en 2020 écarte la Belgique des clous européens.

La gestion à court terme, «c'est embêtant, on perd du temps», a admis récemment dans Le Soir le patron de la Défense belge, le général Marc Compernol, empêché d'investir et de recruter faute de cadre légal. Tout le monde se demande combien de temps le «court-termisme» va durer. Voire même si les aspirations divergentes des Flamands et des Wallons ne signifient pas la fin prochaine de l'Etat fédéral.

Un retour aux urnes?

Sur le total de 541 jours, poursuit le politologue flamand Dave Sinardet «on a passé 485 jours» sur cette sixième réforme de l'Etat, octroyant davantage de compétences aux régions et communautés linguistiques.

Pourquoi alors le blocage actuel? Parce que la percée des écologistes et des extrêmes aux dernières législatives a accentué le morcellement du paysage et sacrément compliqué la constitution des coalitions autrefois «évidentes», selon ce politologue, «une tendance qu'on observe ailleurs en Europe».

Aujourd'hui en Belgique seul le Parti socialiste dirigé par Paul Magnette, première formation côté francophone, apparaît incontournable dans une future coalition. Reste à savoir -c'est la question lancinante depuis six mois- si le PS acceptera de composer avec la N-VA de Bart De Wever, son pire adversaire. Ou si la droite flamande sera prête à laisser les nationalistes dans l'opposition pour s'engager dans une coalition «arc-en-ciel» autour des familles libérales, socialistes et écologistes. Troisième scénario possible en cas d'impasse: un retour aux urnes début 2020.

(L'essentiel/afp)

Vous venez de publier un commentaire sur notre site et nous vous en remercions. Les messages sont vérifiés avant publication. Afin de s’assurer de la publication de votre message, vous devez cependant respecter certains points.

«Mon commentaire n’a pas été publié, pourquoi?»

Notre équipe doit traiter plusieurs milliers de commentaires chaque jour. Il peut y avoir un certain délai entre le moment où vous l’envoyez et le moment où notre équipe le valide. Si votre message n’a pas été publié après plus de 72h d’attente, il peut avoir été jugé inapproprié. L’essentiel se réserve le droit de ne pas publier un message sans préavis ni justification. A l’inverse, vous pouvez nous contacter pour supprimer un message que vous avez envoyé.

«Comment s’assurer de la validation de mon message?»

Votre message doit respecter la législation en vigueur et ne pas contenir d’incitation à la haine ou de discrimination, d’insultes, de messages racistes ou haineux, homophobes ou stigmatisants. Vous devez aussi respecter le droit d’auteur et le copyright. Les commentaires doivent être rédigés en français, luxembourgeois, allemand ou anglais, et d’une façon compréhensible par tous. Les messages avec des abus de ponctuation, majuscules ou langages SMS sont interdits. Les messages hors-sujet avec l’article seront également supprimés.

Je ne suis pas d’accord avec votre modération, que dois-je faire?

Dans votre commentaire, toute référence à une décision de modération ou question à l’équipe sera supprimée. De plus, les commentateurs doivent respecter les autres internautes tout comme les journalistes de la rédaction. Tout message agressif ou attaque personnelle envers un membre de la communauté sera donc supprimé. Si malgré tout, vous estimez que votre commentaire a été injustement supprimé, vous pouvez nous contacter sur Facebook ou par mail sur feedback@lessentiel.lu Enfin, si vous estimez qu’un message publié est contraire à cette charte, utilisez le bouton d’alerte associé au message litigieux.

«Ai-je le droit de faire de la promotion pour mes activités ou mes croyances?»

Les liens commerciaux et messages publicitaires seront supprimés des commentaires. L’équipe de modération ne tolérera aucun message de prosélytisme, que ce soit pour un parti politique, une religion ou une croyance. Enfin, ne communiquez pas d’informations personnelles dans vos pseudos ou messages (numéro de téléphone, nom de famille, email etc).

L'espace commentaires a été désactivé
L'espace commentaires des articles de plus de 48 heures a été désactivé en raison du très grand nombre de commentaires que nous devons valider sur des sujets plus récents. Merci de votre compréhension.

Les commentaires les plus populaires

  • Roboberta Menchu le 10.12.2019 14:09 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Oui mais sans gouvernement ce n'est pas vrai, la Belgique n'est pas à la dérive. Il y a toujours le gouvernement sortant et laisser penser que c'est l'anarchie en Belgique n'est pas correct donc.

  • Le Belge, une fois le 10.12.2019 14:58 Report dénoncer ce commentaire

    En Belgique cela marche mieux sans gouvernement qu'avec un gouvernement...

  • Un belge de prov. lux. qui bosse au GDL le 10.12.2019 13:33 Report dénoncer ce commentaire

    Franchement, je suis belge et culturellement fier de l'être! Et politiquement? Diviser pour mieux régner, telle a été la devise depuis qq décennies et on en paie les pots cassés aujourd’hui! Qui sont les responsables? Ils ne sont plus là aujourd’hui et ne rendront jamais compte des erreurs passées et ceux d’aujourd’hui sont incapables de combler les fossés creusés entre les 2 régions. Des solutions? Il n'y en a pas, ou plus, devrais-je dire. Les gouvernements arc-en-ciel font du sur place et se succèdent et quand je passe d'une région à une autre j'ai juste l’impression de changer de pays...

Les derniers commentaires

  • Un russe de prov. lux. qui bosse au GDL le 10.12.2019 18:01 Report dénoncer ce commentaire

    Moi je suis un russe de prov. lux. qui bosse au GDL mais je suis bien d'accord avec le belge de prov. lux. qui bosse au GDL car on a le même avis !!!

  • livingMan le 10.12.2019 16:49 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Exactement. Il serait plus juste de dire sans accord d’un nouveau gouvernement. Car c’est toujours l’ancien qui gère les affaires prioritaires. La Belgique n’est absolument pas à la dérive.

  • cerise le 10.12.2019 15:08 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Mais non ce n est pas grave ca va mieux sans signe la Belge

  • Le Belge, une fois le 10.12.2019 14:58 Report dénoncer ce commentaire

    En Belgique cela marche mieux sans gouvernement qu'avec un gouvernement...

  • Margharita Pourri le 10.12.2019 14:33 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Même chez nous en Russie, les gens se demandent : il se passe quoi vraiment en Belgique ? On est très inquiet pour eux.