Au Chili

05 avril 2020 19:31; Act: 06.04.2020 18:37 Print

Sécheresse historique en pleine pandémie de Covid

Le centre du pays est frappé par une sécheresse sans précédent. Elle rend près de 1,5 million de personnes plus vulnérables face au coronavirus.

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Le centre du Chili est frappé de plein fouet par une sécheresse sans précédent qui assèche les rivières, vide les réservoirs des barrages et rend les habitants plus vulnérables face à l'épidémie de coronavirus. «Aujourd'hui, il y a plus de 400 000 familles, soit près de 1,5 million de personnes, dont la consommation quotidienne de 50 litres d'eau est fournie par des camions-citernes», explique à l'AFP Rodrigo Mundaca, porte-parole du Mouvement pour la défense de l'accès à l'eau, la terre et pour la protection de l'environnement (Modatima).

«Vivre sans eau, c'est terrible», se désole Dilma Castillo, qui habite avec ses enfants dans les montagnes, près d'El Melon, ville de 22 000 habitants située non loin de Valparaiso (centre). «Le pire, c'est qu'il n'y a aucune prise de conscience. Cela m'angoisse beaucoup car vivre dans ces conditions, c'est humiliant», dit-elle.

Les communautés fragilisées

Dans la région métropolitaine de Santiago et à Valparaiso, les précipitations de l'année 2019 ont été inférieures de 80% au plus bas historique, et de 90% dans la région de Coquimbo (nord). Des camions-citernes parcourent quotidiennement les routes et chemins de terre pour approvisionner les habitations où l'eau est conservée dans des bidons.

«Dans une situation de pandémie comme aujourd'hui, cela montre une fois de plus que lorsqu'il existe un modèle d'appropriation privée de l'eau (...), cela ne garantit pas le droit humain à l'eau et rend les communautés encore plus fragiles», dénonce Rodrigo Mundaca.

«Sans eau, un savon ne sert à rien»

La législation chilienne prévoit que l'eau est un bien public, mais la quasi-totalité des droits d'exploitation appartiennent à des privés. Une situation dénoncée par les manifestants depuis le début de la crise sociale en octobre 2019, qui critiquent un système socioéconomique où le secteur privé prévaut dans les domaines tels que la santé, l'éducation, les retraites et la gestion de l'eau.

Le directeur de Greenpeace-Chili, Matias Asun, a demandé récemment au gouvernement du président conservateur Sebastian Piñera de «s'assurer qu'il n'y avait pas de citoyen de seconde zone qui n'aurait pas accès aux services de base pour se protéger du Covid-19». «Un savon dans les mains, ça ne sert à rien si on n'a pas suffisamment d'eau pour se laver», a-t-il souligné, alors que le Chili a enregistré plus de 3 700 cas déclarés de coronavirus, dont 22 décès, selon les dernières statistiques officielles.

Solutions

Une centaine d'habitants d'El Melon ont occupé récemment un des puits gérés par l'entreprise minière Anglo American, une des multinationales qui exploite le cuivre du Chili, premier pays producteur au monde. Les habitants, qui ont été délogés à plusieurs reprises par la police, réclament que l'eau de ce puits soit destinée à l'approvisionnement en eau potable de la zone et non à l'activité minière, explique Fabian Villarroel, 26 ans, un des porte-parole du mouvement.

Dans un communiqué transmis à l'AFP, Anglo American assure chercher «des solutions permettant aux habitants de la zone d'avoir un accès permanent à l'eau potable».

«L'eau s'achète, se vend, se loue»

Selon Rodrigo Mundaca, le code de l'eau élaboré en 1981, en pleine dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990), «sépare la propriété de l'eau de celle de la terre. Il y a des propriétaires qui n'ont pas la propriété de l'eau et vice-versa, ce qui a donné naissance au marché (des droits) de l'eau», explique-t-il. Dans le pays, «l'eau s'achète, se vend, se loue», rappelle-t-il.

Le directeur général des Eaux chiliennes, Oscar Cristi, assure que les droits de l'eau sont distribués à des gestionnaires privés, mais restent cependant aux mains de l'État qui a le pouvoir de réguler la quantité d'eau puisée. Mais cela n'est pour l'heure jamais arrivé, et, le cas échéant, l'État doit alors indemniser les détenteurs des droits de leurs pertes financières au prix du marché, rappellent plusieurs experts.

«Le problème, c'est la façon dont sont distribués ces droits, et quelles conditions sont imposées» pour leur gestion, souligne Andrei Jouravlev, ancien membre de Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes (Cepalc) et spécialiste de ces questions.

(L'essentiel/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • L'eau liquide le 05.04.2020 21:34 Report dénoncer ce commentaire

    L'eau, on est tellement habitué que cela paraît insignifiant. On joue avec, on la gaspille. On râle même quand il pleut tout le temps. Pourtant... je ne développe pas, vous savez déjà de quoi il s'agit.

  • Mapuche le 05.04.2020 19:45 Report dénoncer ce commentaire

    Donc le virus va s arrêter avec l été?!?

  • Said Odraude le 05.04.2020 20:52 Report dénoncer ce commentaire

    L'actuel Président du Chili est capable de tout sécher!

Les derniers commentaires

  • Upsss le 06.04.2020 07:00 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Ha, des nouvelles du monde? Je croyais qu'il avait arrêté de tourner !

  • Léon le 05.04.2020 22:08 Report dénoncer ce commentaire

    La volonté de Dieu

    • Lolita le 06.04.2020 09:12 Report dénoncer ce commentaire

      Et qu on t il fait pour mériter cela ? Exploitation de la terre, pollution, refus d aide des gens dans le besoin. Cela ressemble plus à ce que nous avons et ce que nous faisons ici. Alors je ne comprend pas votre raisonnement.

  • L'eau liquide le 05.04.2020 21:34 Report dénoncer ce commentaire

    L'eau, on est tellement habitué que cela paraît insignifiant. On joue avec, on la gaspille. On râle même quand il pleut tout le temps. Pourtant... je ne développe pas, vous savez déjà de quoi il s'agit.

  • Said Odraude le 05.04.2020 20:52 Report dénoncer ce commentaire

    L'actuel Président du Chili est capable de tout sécher!

  • Pangolin le 05.04.2020 20:42 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    C'est ça qui est évident que pendant Covid, le réchauffage ne vas pas s'arrêter !