En Thaïlande

23 décembre 2019 19:13; Act: 24.12.2019 08:26 Print

Triste sort pour les «éléphants à touristes»

L'exploitation des pachydermes à des fins commerciales met au jour des pratiques pas très éthiques.

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Les camps pour éléphants de Thaïlande, boycottés par des tours opérateurs occidentaux, se métamorphosent par dizaines en «sanctuaires» ou «refuges». Mais ces appellations qui vendent éthique et respect de l'animal dissimulent un juteux business où le dressage reste souvent brutal.

À Ban Ta Klang (est), où sont dressés la plupart des pachydermes qui finissent dans ces «centres de sauvetage», on «brise» toujours leur esprit pour les soumettre au mahout, le dompteur, et les forcer à interagir avec les visiteurs. Dès deux ans, l'éléphanteau, encore dépendant de sa mère, est séparé d'elle. Attaché, parfois privé de nourriture, il est souvent frappé à l'aide de bâtons ou d'un crochet en métal jusqu'à ce qu'il obéisse aux ordres.

«Ils font partie de notre famille»

«Nous ne les élevons pas pour les blesser (...) S'ils ne sont pas têtus, nous ne leur faisons rien», assure à l'AFP le mahout Charin, demandant à une jeune éléphante de se dresser sur ses pattes arrières, un ballon dans la trompe.

Pour 350 dollars par mois, il entraîne les pachydermes, selon les desiderata de leurs propriétaires, à peindre, faire du foot, de la musique... «J'ai toujours vécu avec eux. Ils font partie de notre famille», relève le dompteur, dont le grand-père et le père exerçaient le même métier.

80 000 dollars la bête

Depuis l'interdiction il y a 30 ans de leur exploitation dans l'industrie forestière, éléphants et mahouts au chômage se sont reconvertis dans le tourisme de masse. Une fois dressés, les animaux sont vendus entre 50 et 80 000 dollars, un investissement colossal à rentabiliser.

La tâche est aisée pour les parcs d'attractions, comme celui de Mae Taeng près de Chiang Mai (nord), qui accueille jusqu'à 5 000 visiteurs par jour avec des retombées financières considérables.Une patte en l'air, le pinceau dans la trompe, Suda enchaîne cinq peintures sous les encouragements des visiteurs qui ont acquitté un ticket d'entrée de 50 dollars. Ses toiles, aux allures d'estampes japonaises, sont vendues jusqu'à 150 dollars avant le clou de la visite, la balade à dos d'éléphants.

Mal nourris

Ces promenades, boycottées par de plus en plus de touristes occidentaux, ne sont plus proposées par de nombreux refuges et sanctuaires. Mais la plupart offrent une activité aussi contestée: une baignade avec l'animal. «Cette attraction est fortement déconseillée. Stressante notamment quand il doit interagir avec des jeunes surexcités, elle peut engendrer des blessures pour les touristes», relève Jan Schmidt-Burbach de la World Animal Protection.

Nourrir, brosser, soigner: l'objectif est de placer le visiteur au plus près du pachyderme, afin qu'il en ait pour son argent. Mais, une fois reparti, il ne voit pas l'envers du décor: dans certains «refuges», les éléphants sont entravés de longues heures par des chaînes d'à peine trois mètres, obligés de dormir sur du béton, et mal nourris.

Observer sans toucher

Sur les quelque 220 parcs à éléphants recensés dans le pays, même si beaucoup promettent un tourisme plus éthique, «seuls une dizaine assurent des conditions de vie véritablement satisfaisantes», d'après la World Animal Protection.

C'est le cas de ChangChill, une petite structure près de Chiang Mai, au milieu de rizières en terrasse. En quelques mois, elle a révolutionné son fonctionnement pour assurer un bien-être optimal à l'animal. Ici, on l'observe en respectant une distance de 15 mètres. «On ne les force pas à faire ce qu'ils ne feraient pas instinctivement», explique le directeur Supakorn Thanaseth. Résultat, ils «sont moins malades, plus calmes». Les risques d'accident du fait du stress de l'animal «ont beaucoup diminué» même si les mahouts conservent un crochet pour les cas d'urgence.

Un rapport d'associations de défense des animaux, rendu l'année dernière au gouvernement et préconisant un contrôle plus strict des éléphants en captivité, «reste toujours sans réponse», déplore l'activiste Sovaida Salwala, qui a participé à l'élaboration du document. Une fois «domestiqué», l'animal reste considéré comme du simple bétail d'après la loi thaïlandaise, à l'inverse des éléphants sauvages, protégés.

(L'essentiel/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • wheelgeek57 le 23.12.2019 19:31 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Honteux ! Que font les associations de défense des animaux ?

  • Sam1952 le 23.12.2019 20:57 Report dénoncer ce commentaire

    Et quand on pense que ,les touristes vantent la Thaïlande !!!! Ne peuvent ils pas regarder l’autre face de la médaille !!!

  • NoComent le 23.12.2019 23:33 Report dénoncer ce commentaire

    "S'ils ne sont pas têtus nous ne leur faisons rien" ...vous connaissez beaucoup d'elephants qui, d'instinct, savent se mettre sur leurs pattes arrière en tenant un ballon ? Non, cela ne fait pas partie de leur patrimoine génétique, leur apprentissage se fait à coups de bâtons selon qu'ils soient plus ou moins doués ou volontaires, c'est ça la réalité

Les derniers commentaires

  • flores le 25.12.2019 20:55 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Cela fait des années que cela existe et rien ne change malheureusement pour les pachydermes toujours des histoires de fric derrière l’être humain est et sera toujours d’une cruauté pauvre monde

  • AH74 le 24.12.2019 20:51 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Honteux!!! Dans quel monde on vit!! Répugnant !!

  • écolo le 24.12.2019 20:42 Report dénoncer ce commentaire

    Les éléphants, les ours , les tigres... les cochons, les vaches, les poulets... Au Luxembourg nous maltraitons aussi nos animaux. Combien de vaches sans cornes ne voient plus la couleur le l'herbe au GDL? Comment peut on faire la promotions du lait luxembourgeois, alors que les vaches du pays sont nourries avec du soja du maïs et de l’ensilage et dorment sur du béton. Comment peut on acheter de la viande de porc qui a été engraissé sur des caillebotis sans voir le soleil, alors que dans les pays voisins on trouve des cochons qui vivent encore en plein air.

  • honte le 24.12.2019 10:33 Report dénoncer ce commentaire

    malheureusement les gens ne veulent pas comprendre et surtout les touristes. il est tellement mieux de les voir en liberté que de les voir faire des pitreries.

    • Honte aussi le 24.12.2019 20:46 Report dénoncer ce commentaire

      Au touristes et au consommateurs qui mangent de la viande ou du lait Luxembourgeois, car les conditions de nos animaux de fermes sont aussi déplorables. Quel peut être la qualité d'un lait produit sur une exploitation qui regroupe plus de 1000 vaches?

  • 1reiz3 le 24.12.2019 10:21 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    depuis des années rien de nouveau. Svp quand vous faites du tourisme ne participez pas aux business des éléphants