Familles des disparus

21 mars 2014 15:12; Act: 21.03.2014 16:35 Print

«Vous avez perdu énormément de temps»

Des proches de Chinois disparus à bord du Boeing de Malaysia Airlines ont laissé éclater leur colère, vendredi, en rencontrant des représentants des autorités malaisiennes.

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La réunion, dans un hôtel de la capitale chinoise, a débuté dans une ambiance tendue, avec des membres des familles exigeant haut et fort que les officiels malaisiens se lèvent pour se présenter. Il ont exprimé leur colère en rencontrant pour la première fois à Pékin des représentants des autorités malaisiennes, à qui ils ont reproché d'avoir perdu du temps. «Nous voulions vous voir dans les premières 24 ou 48 heures, ce qui aurait allégé nos souffrances de ces 13 derniers jours», a lancé un proche de passager manquant, la voix déraillant sous le coup de l'émotion. Des huées ont accompagné les prises de parole du groupe de responsables politiques et militaires envoyé par Kuala Lumpur.

Dans cet hôtel de Pékin, où séjournent les familles des disparus et où sont organisées des rencontres régulières avec des responsables de la Malaysia Airlines, les aléas de l'enquête, les démentis et les espoirs déçus ont durablement entamé la confiance. Très irritées et souvent à bout de nerfs, les personnes rassemblées sont pour beaucoup convaincues qu'on leur cache des choses depuis le départ. «L'avion a fait demi-tour, mais vous l'avez nié et, à cause de cela, vous avez perdu énormément de temps», a accusé une d'elles.

Un complot?

Au sein de l'assemblée, presque deux semaines après la disparition de l'avion de ligne, certains restent persuadés que celle-ci s'explique par un "complot" fomenté par la Malaisie. Il y avait 153 Chinois à bord du Boeing 777 de la Malaysia Airlines quand il s'est volatilisé le 8 mars des écrans radars civils, une heure après son décollage de Kuala Lumpur. «Peu importe les raisons (de la disparition de l'appareil), serait-il possible que le gouvernement malaisien oublie sa haine et ses propres intérêts et qu'il laisse nos bien aimés rentrer chez eux?», a interrogé une mère en pleurs, suscitant des applaudissements de soutien.

Cet hôtel Lido, situé non loin de l'aéroport de Pékin, où ne sont jamais arrivés les passagers, avait déjà été le théâtre ces derniers jours d'éruptions de colère et d'échanges houleux. L'Australie a relancé jeudi les recherches en annonçant avoir détecté de possibles morceaux du Boeing flottant dans le sud de l'océan Indien, à environ 2 500 km au sud-ouest de la ville de Perth. Vendredi, en fin de journée, Canberra n'était pas en mesure de confirmer si ces "objets" repérés par satellite étaient bien des débris de l'appareil.

(L'essentiel/AFP)