Frédérique Bel

10 avril 2014 12:19; Act: 10.04.2014 16:33 Print

«Au départ, la nature ne m'avait pas du tout gâtée»

Si Frédérique Bel a autant d’humour, c'est parce qu'enfant, elle ne pouvait pas tout miser sur son physique.

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Difficile d’imaginer l'actrice de 39 ans avec des lunettes et les dents en avant. Pourtant, la jeune femme, bientôt à l’affiche de «Qu'est-ce qu’on a fait au Bon Dieu?», «revient de loin».

Était-ce parce que vous en aviez assez des blagues sur les blondes que vous êtes devenue brune?

Non, je l'ai fait pour un film, dans lequel je joue la sœur jumelle de Virginie Hocq, qui est brune. J'ai bien sûr été victime de clichés. Beaucoup de gens croyaient que j'étais le personnage que j'incarnais dans «La minute blonde» sur Canal+ (NDLR: Dorothy Doll, naïve et sans cervelle). J'ai beaucoup joué sur le statut de la femme-objet pour le dénoncer. Pour moi, la féminité est un pouvoir qui ne s'oppose pas au féminisme, bien au contraire.

Comment utilisez-vous ce pouvoir?

Je ne m'en rends pas vraiment compte. Je fais en sorte d'être jolie pour moi, mais je ne suis pas une intrigante ou une séductrice. J'utilise mon intellect. Je suis une cérébrale.

Réfléchiriez-vous différemment si vous n'étiez pas une belle femme?

Au départ, la nature ne m'avait pas du tout gâtée! Je reviens de loin. J'ai compris qu'il fallait que je développe autre chose que le physique. J'ai commencé par l'humour et l'intellect, et j'ai rattrapé le reste en cours de route.

C'était important pour vous d'être jolie?

Vous savez, dans mon lycée on m'appelait la moche, parce que mon nom est Bel. Ou bien «PouBel». Je suis comme le vilain petit canard devenu un beau cygne. Je sais que la beauté est périssable. Je redeviendrai laide.

L'an prochain, vous aurez 40 ans. Ça vous inquiète?

Pas du tout! Je trouve que je m’en sors plutôt bien pour 39 ans. Je suis contente de mon parcours.

Vos parents dans le film sont très catholiques, quelle place occupe la religion dans votre vie?

Je suis baptisée catholique, mais je ne pratique pas. Je suis bouddhiste et j'ai une grande spiritualité. Je fais de la voyance, je tire les cartes et je comprends qu'il y a une forme de déterminisme dans notre vie. Il faut faire avec, ça s'appelle le destin. J'écris un livre sur la voyance en ce moment.

Avez-vous tiré les cartes aux autres acteur sur le tournage?

Oui, tout à fait. En plus c'est un passe-temps inouï quand on attend sur un tournage. J'avais même prédit, quand je tournais dans «Les Seigneurs», qu'Omar Sy allait avoir un César huit mois plus tard.

D'autres choses que vous aviez prédites?

Là je prédis que le film va dépasser les 4 millions (elle rit). Je peux même vous prédire qu'il y aura peut-être un numéro 2.

(L'essentiel/ Julienne Farine)