Téléréalité

21 septembre 2012 17:13; Act: 21.09.2012 17:50 Print

Le père de Lily Allen va se droguer à la TV

Six personnalités britanniques ont accepté de prendre de l’ecstasy et d’être filmées pour voir leurs réactions. L’émission fait polémique.

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Lily Allen avec son père, le jour de son mariage.(Photo: WENN/Wenn.com)

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Channel 4 frappe un grand coup! La chaîne britannique va diffuser, le 26 septembre, une émission à cheval entre expérience scientifique et téléréalité intitulée «Drugs Live: The Ecstasy Trial». Le concept: six «célébrités» vont absorber 83 milligrammes de MDMA et un placebo sous la surveillance du Professeur David Nutt et du Dr. Robin Carhart-Harris.

Une IRM et des tests cognitifs analyseront les réactions de leur cerveau et de leur corps en se concentrant sur l'empathie, la confiance et la mémoire. Le but de cette expérience est de tester les vertus thérapeutiques de l’ecstasy, notamment pour soigner des dépressions. Cela ne se déroulera pas dans une boîte de nuit mais dans les laboratoires médicaux de l’Imperial College à Londres. Parmi les cobayes se trouve Evan Harris, un ancien député britannique. Mais aussi l’écrivain Lionel Shriver ou l’acteur Keith Allen, père de la chanteuse Lilly Allen.

Un concept qui divise

Même si le but de l’émission est louable, les réactions sont plutôt négatives en Angleterre. Des voix s’élèvent pour dénoncer la banalisation de l’usage d’une drogue comme l’ecstasy. «Sans vouloir passer pour un vieux con, ça va totalement à l'encontre de la déontologie et de l'éthique, s’indigne l'addictologue Laurent Karila, sur le site du Huffington Post. Que l'on fasse cette expérience oui, c'est intéressant. Mais à huis-clos, pas devant les caméras de télévision. Je suis d'accord avec eux sur le fond de l'expérience, mais l'ecstasy reste une drogue addictive, ce qu'ils font est extrêmement dangereux».

«Notre but n'est pas de faire du sensationnalisme, rétorque Val Curran, professeur qui a supervisé l’étude avec David Nutt. Ce qui nous intéresse c'est le MDMA, et son potentiel thérapeutique». Mais les Anglais restent choqués par ce choix puisque l’ecstasy est responsable de la mort de plus de 200 personnes dans leur pays.

(L'essentiel Online / Fabrice Aubert)