Justice française

12 juin 2012 14:55; Act: 12.06.2012 15:38 Print

Orelsan relaxé pour sa chanson «Sale pute»

Le rappeur français, poursuivi devant le tribunal correctionnel de Paris pour «provocation au crime» après la polémique suscitée par son clip vidéo «Sale pute» en 2009, a été relaxé mardi.

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Lors du procès, le 7 mai dernier, le chanteur, âgé de 29 ans, avait défendu la liberté de création. La polémique lui avait valu d'être déprogrammé de plusieurs scènes et festivals en 2009. Poursuivi par le mouvement féministe «Ni putes ni soumises», il avait affirmé que son clip était une «fiction». Son avocat, Me Simon Tahar, s'est réjoui de cette décision qui consacre «la liberté d'expression» et «la liberté de création». Orelsan, de son vrai nom Aurélien Cotentin, a été «boycotté, bâillonné», a-t-il déclaré à l'Associated Press. Ce jugement «va lui permettre de retrouver toute la confiance, et cette conscience de n'avoir jamais voulu porter le moins du monde atteinte aux droits des femmes», a-t-il ajouté.

L'artiste avait mis la vidéo en ligne en 2006 avant de la retirer en 2008. Elle avait refait son apparition sur deux sites Internet en février 2009, à l'initiative de deux jeunes qui ont depuis été relaxés par le tribunal pour enfants dans cette affaire. Les images du clip, qui avait été diffusé à l'audience, montrent un jeune homme trompé qui boit et menace son ancienne petite amie de sévices en tous genres, notamment de «l'avorter à l'Opinel», le tout entrecoupé de «Je t'aimais et tu m'as trompé».

«Aucune provocation»

Pour l'artiste, son titre ne contient «aucune provocation» et «aucune incitation» à agresser les femmes. «J'ai fait cette chanson comme j'aurais fait n'importe quelle autre chanson», «pour montrer à quel point, avec la jalousie, on peut devenir un espèce de monstre», avait-il expliqué à la barre.

Pour le mouvement «Ni putes, ni soumises», cette chanson était «vraiment un appel à la haine». Son avocate, Me Samia Meghouche, avait rappelé qu'une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son compagnon. L'association avait demandé l'interdiction de diffuser cette chanson et 30 000 euros de dommages et intérêts. Évoquant «la triple peine» subie par son client, Me Tahar a souligné qu'Orelsan avait toujours assumé son clip. «Mais il s'est lui-même censuré, ce qui est véritablement une vraie souffrance».

(L'essentiel Online/AP)