Témoignage émouvant

10 septembre 2021 10:21; Act: 10.09.2021 11:04 Print

«Paumée», Joana Balavoine s'est droguée à 16 ans

La fille du chanteur décédé en 1986, raconte ses années d'errance dans une bande dessinée, «Les Lions endormis».

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Joana Balavoine n'a jamais connu son père, décédé quelques mois avant sa naissance. (photo: AFP/Joel Saget)

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«La première fois, j'avais 16 ans, j'avais pris un petit boulot d'été en restauration et on m'a proposé de la drogue, cocaïne et ecstasy», a confié Joana Balavoine à Konbibni. «Et une fois le bac en poche, j'ai hérité, je me suis retrouvée complètement paumée, je ne savais pas qui j'étais et je me suis doucement laissé glisser dedans».

Elle porte un nom qui parle à beaucoup, mais on ne la connaît pas. Celle qui n'a pas connu son père, tué dans un accident d'hélicoptère, cinq mois avant sa naissance, n'a rien voulu cacher. Et elle prend le risque de raconter, en livrant les détails les plus intimes, sa bataille contre la drogue. C'est en bande dessinée, dans «Les Lions endormis» (Bamboo Editions, sorti le 1er septembre), avec Sylvie Gaillard au scénario et Fanny Montgermont au dessin. Le trait est doux, les couleurs pastels, mais l'histoire très dure: celle du cercle infernal de la dépendance à la cocaïne qu'a connue la jeune femme, aujourd'hui âgée de 35 ans.

«Je me drogue, Sophie. Mon corps est rempli de drogue», avoue la protagoniste. L'incapacité à vivre un quotidien structuré, les dégâts sur la santé et l'image de soi, les crises d'angoisse... «On s'est dit que ce serait intéressant de raconter le côté laid de la drogue, en y mêlant une histoire sincère, mon intimité», dit la chanteuse, à l'AFP. «Comme j'ai eu la chance de m'en sortir, c'est devenu, je ne dirais pas une nécessité, mais un devoir, de témoigner. De donner d'un peu d'espoir».

Le parcours de cette «fille de» n'est pas celui de tout le monde. L'argent venu des disques de son père et les portes qui s'ouvrent grâce à son patronyme feront que les lecteurs ne se reconnaîtront pas forcément. Mais dans la difficulté à trouver sa juste place, l'instabilité sentimentale et les bonnes et les mauvaises surprises qu'on peut avoir avec ses proches, ils peuvent apercevoir une part d'eux-mêmes.

L'introspection, pour elle, a signifié faire la paix avec l'absence d'un père... omniprésent dans sa vie, tant les gens qu'elle rencontre parlent de lui. «On entend tellement de choses. J'ai fini par ne plus écouter». Daniel Balavoine n'apparaît que de manière très fugace dans «Les Lions endormis».

Selon sa fille, «c'est très très particulier de se trouver, de pouvoir grandir, sans avoir sa présence. Et en même temps il est là, et en même temps il faut le partager avec tout le monde», explique la fille de l'interprète de «Sauver l'amour». «À différentes périodes, j'ai écouté différentes chansons. Et je crois que ce qu'il y a de plus fort, ce qui me touche en permanence, c'est: "Aimer est plus fort que d'être aimé". Aimer faire quelque chose, aimer quelqu'un, aimer son travail».

Joana Balavoine travaille aujourd'hui à sa carrière de chanteuse, en duo avec une autre interprète, Seemone. «Libre», dit-elle, après des années d'enfermement dans la toxicomanie.

(mc/L'essentiel/AFP)