Aux États-Unis

14 mai 2014 11:54; Act: 14.05.2014 13:02 Print

Ces businessmen du hip-​​hop qui gagnent gros

P. Diddy, Dr Dre, 50 Cent... Ils sont rappeurs mais sont également à la tête d'un petit empire et d'une grosse fortune personnelle.

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Pour leur cérémonie de fin d'année, les étudiants de la Howard University de Washington ont eu droit aux conseils d'un entrepreneur pas comme les autres: Sean Combs, alias P. Diddy, porte-étendard des businessmen du hip-hop américain. Face à une marée de toges bleues, le magnat du rap américain, élevé au rang de docteur honoraire de l'université, a livré samedi la recette de son succès. «J'ai décidé de perpétuer l'esprit d'entreprise de mon père mais de manière honnête», a-t-il soufflé. La précision n'est pas inutile: son géniteur a été tué lors d'une vente de drogue qui a mal tourné. À la tête d'un petit empire et d'une fortune personnelle de 700 millions de dollars, P. Diddy règne sur cette caste de rappeurs-entrepreneurs passés des ghettos aux colonnes du Wall Street Journal et qui s'approchent aujourd'hui d'un cap symbolique.

Parrain du rap "West Coast" et découvreur d'Eminem, Dr Dre pourrait bientôt devenir le «premier milliardaire du hip-hop» si la vente à Apple de son entreprise de casques audio, Beats, se concrétise. «Ce serait une étape importante. On parle d'un accord avec ce qui est, sous certains aspects, la plus grande entreprise au monde», affirme Dan Charnas, auteur de l'ouvrage «The Big Payback. The History of the Business of Hip-Hop». «Mais ce serait aussi une suite logique», après de longues années passées à frapper aux portes du capitalisme américain, ajoute-t-il.

Le rock mieux compris que le hip-hop?

L'accord conclu il y a près de 30 ans entre le mythique label Def Jam et la multinationale Columbia a ouvert la voie mais n'a pas immédiatement levé les réticences de l'establishment face à cette culture urbaine et afro-américaine. Il a fallu attendre la moitié des années 2000 pour voir les papes du hip-hop signer de juteux partenariats transformant leur image sulfureuse en argument commercial. «Pourquoi l'industrie grand public a-t-elle compris le rock si facilement alors que le hip-hop a dû attendre, pour cela, de décrocher des accords de plusieurs milliards de dollars?», déclare Steve Stoute, ancien responsable de label et président-fondateur de l'entreprise de marketing Translation.

Signe du changement d'époque, le magazine Forbes consacre désormais un classement spécifique à la fortune des artistes hip-hop, qui n'est plus strictement liée à la musique. Le plus riche d'entre eux, P. Diddy, a certes fondé son label (Bad Boy Records) mais il a également monté une ligne de vêtements (Sean John), signé un partenariat avec la vodka Ciroc et lancé une chaîne musicale, Revolt TV, avec le soutien de l'opérateur américain Comcast.

«Construire notre propre buzz»

Après le succès de son album «Get Rich or Die Tryin'"» ("Devenir riche ou mourir en essayant"), le rappeur 50 Cent a, lui, fait fortune en prenant des parts dans les boissons Vitaminwater dont la maison mère Glacéau a ensuite été rachetée par Coca-Cola en 2007 pour 4,1 milliards de dollars. Homme d'affaires avisé, Jay-Z a lui aussi construit un empire (ligne de vêtements, parts dans une équipe de basket NBA...) mais rappelle qu'avoir l'esprit d'entreprise était davantage une nécessité qu'un choix pour les artistes hip-hop. «Nous sommes allés voir tous les labels et ils nous ont tous fermé la porte au nez (...). On a donc commencé à vendre nos propres CD, à construire notre propre buzz et les majors sont alors revenues», racontait-il en mars 2013, assis au côté de Warren Buffett, un des parrains du capitalisme américain.

Plongée en pleine crise, l'industrie du disque n'était en réalité plus en position de snober un mouvement en plein essor commercial. «La meilleure chose qui soit arrivée au hip-hop c'est que des adolescents aient affiché des posters de ces artistes dans leur chambre, aient voulu s'habiller comme eux et chanter leurs chansons. Cela a forcé tout le monde à se pencher sur le phénomène», ajoute M. Stoute, qui a notamment produit Eminem. Devenu un poids lourd, le business du hip-hop a toutefois remisé les revendications contestataires des pionniers comme Public Enemy au profit d'une imagerie bling bling. «Cela fait longtemps que les artistes se sont accommodés de la dimension commerciale. En Amérique, le hip-hop n'a pas de dimension politique», tranche Dan Charnas.

(L'essentiel/AFP)

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Les commentaires les plus populaires

  • darkkador le 14.05.2014 12:57 Report dénoncer ce commentaire

    les révoltés d'hier sont les businessman d'aujourd'hui

  • sylvie le 14.05.2014 22:02 Report dénoncer ce commentaire

    révoltés de luxe, savez vous ce qu'est la révolte? je ne pense pas

Les derniers commentaires

  • sylvie le 14.05.2014 22:02 Report dénoncer ce commentaire

    révoltés de luxe, savez vous ce qu'est la révolte? je ne pense pas

  • darkkador le 14.05.2014 12:57 Report dénoncer ce commentaire

    les révoltés d'hier sont les businessman d'aujourd'hui

    • papy le 14.05.2014 19:17 Report dénoncer ce commentaire

      les manipulés d'hier sont les businessmen d'aujourd'hui...à bon entendeur

    • nathalie vallet le 08.06.2014 17:16 Report dénoncer ce commentaire

      Quand on voit toutes les écoles de danses hiphop à Paris on voit bien déjà que nombreux ont compris qu'il y avait de l'argent à gagner dans cette danse.