Élodie Frégé

30 septembre 2016 09:46; Act: 30.09.2016 10:10 Print

«J'étais une ado très mal dans sa peau»

Élodie Frégé assume son image sexy et glamour. Pour elle, c'est une belle revanche sur le passé...

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Élodie Frégé n'est «pas une fille gentille», affirme-t-elle. (photo: AFP/Lionel Bonaventure)

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Le rôle que vous avez tenu dans le jury de «Nouvelle Star» vous manque-t-il?

C'est sûr que ça va me manquer, mais je ne l'ai fait que durant deux ans. Ce n'est pas comme pour André Manoukian qui était le doyen de l'émission. C'était très agréable de le faire deux ans. Je ne pense pas que je l'aurais fait plus longtemps. Peut-être que si ce genre d'émission revient sur une autre chaîne, pourquoi pas y retourner. Il est vrai que ça remet à nouveau de la lumière sur nous en tant qu'artistes, on peut parler de nos projets en même temps qu'on parle de l'émission. C'est un bénéfice pour tout le monde. C'est vraiment chouette à faire. On découvre de nouvelles villes. Avec les équipes de la production on s'entendait bien.

Pourquoi avoir posé nue dans Lui? Vouliez-vous un peu casser votre image?

Non, je n'ai jamais voulu casser mon image. Je ne suis pas «une fille gentille». Pour moi, cette expression n'est pas un compliment. Je pense que je suis bien plus rock'n'roll que ce que les gens imaginent. Les responsables de Lui le savent et c'est pour ça qu'ils ont fait appel à moi pour paraître en couverture. Pour moi, ça me semble beaucoup plus naturel de l'avoir fait que pour le public, j'imagine. Parce que je me connais. Je sais quelle femme je suis, je sais quelle vie je mène. C'est marrant, parce qu'une grande partie de mon public s'imagine que je suis très sage. Je le suis dans certains domaines. Je suis quelqu'un de droit et d'honnête, mais je suis aussi bien déjantée! Je n'ai donc aucun regret d'avoir fait ces photos.

Avant ce shooting, je me suis préparée physiquement avec un coach, parce que comme beaucoup de femmes, je ne me sens pas forcément à l'aise avec mon corps. Cela vient de la danse classique que j'ai pratiquée. Cela m'a beaucoup heurtée à l'adolescence. J'ai toujours des névroses liées à l'acceptation de mon enveloppe corporelle. Donc, tout a été un challenge pour moi : la scène, danser, être photographiée, être filmée. Je me demandais comment bouger mon corps dans l'espace. Personne ne s'en doute, parce que les gens s'imaginent que je suis très à l'aise avec tout ça. Mais non, c'est beaucoup de travail dans ma tête et aussi physiquement. Je n'aurai jamais le corps d'un mannequin, mais ce n'est pas grave, j'ai plein d'autres qualités (rire) !

Vous souhaitez désormais entretenir une image sexy ?

J'ai eu une mère très féminine. Elle portait souvent des robes, des talons, des body, des ceintures qui marquaient la taille. J'ai aussi toujours aimé des actrices très féminines comme Rita Hayworth. J'aime tout ce qui est glamour, mais avec du chien, des personnalités très fortes. Je ne sais pas si je suis comme ça, mais cela m'a inspiré pour la femme que je suis devenue, parce que j'ai été une adolescente très mal dans sa peau. En fait, je ne suis pas du tout à l'aise en jeans, avec un débardeur. Dans ce genre de look, je me sens comme l'ado complexée que j'étais. J'ai donc dû changer de style.

Pourquoi avez-vous voulu devenir chanteuse?

Je chante depuis que je suis toute petite. J'ai aussi dansé et appris à jouer de la guitare. On était tous musiciens dans la famille. Malgré tout, je ne me voyais pas devenir chanteuse professionnelle. Plus petite, j'ai voulu être dessinatrice de BD, mais il aurait fallu que je travaille plus. J'ai aussi pensé à devenir animatrice-radio. Ça restait très pudique, c'étaient des métiers où l'on ne me voyait pas. Un soir, j'ai chanté à la fin d'un spectacle de danse et c'est là qu'on m'a dit qu'il fallait que je continue dans la chanson. Je me suis rendu compte que j'aimais chanter sur scène, même si j'avais un trac énorme et que je me demandais tout le temps ce que je fichais là. Finalement, j'y ai pris goût, surtout après avoir sorti mon deuxième album écrit par Benjamin Biolay, «Le jeu des sept erreurs». Pour la sortie du premier album, je ne voulais pas faire de tournée, j'étais pétrifiée. J'étais mal à l'aise avec la scène.

Quels sont vos projets au niveau de la musique?

Je suis en train de travailler sur mon cinquième album. J'ai commencé à écrire et à composer. Cet album est en rapport avec la femme que je suis devenue maintenant: tous les chocs qui ont fait celle que je suis. Des chocs liés à des rencontres avec d'autres êtres humains, des amours, des amitiés… Je pense que ce disque sera assez authentique, très proche de moi. Je suis d'habitude quelqu'un de très pudique dans ma façon d'écrire, je dissimule énormément de choses sous la poésie et la métaphore. Là, il y a eu un petit changement dans mon écriture. C'est un peu plus brut de décoffrage.

Avez-vous peur que tout s'arrête un jour?

Je me demande si je ne suis pas plus optimiste que je ne l'imaginais, parce que ce n'est pas le truc qui me fait le plus peur. Ce qui m'effraie le plus dans la vie, c'est de ne pas être aimée, de ne plus rien ressentir. Je bloque sur des choses totalement basiques. Donc, si un jour ma carrière doit s'arrêter, ça s'arrêtera. Je continuerai quand même de chanter, d'écrire et de composer. J'ai d'autres passions, mais ma passion principale, c'est l'autre. Bien sûr, je serais triste de ne plus faire de concerts, mais je n'y pense pas tous les jours. Au pire, je deviendrais coach sportive! (rires)

(L'essentiel/Ludovic Jaccard)