Cyclisme/France

08 septembre 2020 07:42; Act: 08.09.2020 09:54 Print

Cette caricature de Marion Rousse choque

Le dessinateur Espé et le chroniqueur Antoine Vayer ont été virés de «L’Humanité», pour avoir réalisé et justifié un dessin bien pire que sexiste.

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Il y a des jours comme ça, où on se demande ce qui passe par la tête de certaines personnes... Dimanche, le journal L’Humanité a publié une caricature de Marion Rousse, consultante sur les directs de France TV lors du Tour de France et accessoirement amie de Julian Alaphilippe, chouchou des Français. On la voit très dénudée, telle une danseuse du Crazy Horse, tenter d’obtenir des informations de son bon ami.

«Désabusée! L’«Humanité» porte de plus en plus mal son nom. Il faut n’avoir aucun respect des femmes, de la femme, pour rabaisser à ce niveau six ans de consulting sportif à la télévision», a tweeté l’ancienne championne cycliste, qui a sans doute le défaut d’être jolie, après avoir pris connaissance de la publication. «Odieux. Bofitude. Bas de gamme. Pitoyable. Les mots me manquent», a quant à lui gazouillé Patrick Chêne, l’ancien journaliste sportif de France Télévisions.

«Désabusée»

Le dessin a forcément fait un tollé dès qu’il a été publié, au grand dam du... codirecteur de cette même publication, Sébastien Crépel, qui n’a pas compris non plus comment une telle chose a pu passer la rampe dans ses propres colonnes: «Nous partageons totalement l’indignation devant ce dessin. Nous l’avons rapidement dépublié. Il est contraire aux valeurs de l'Humanité, qui promeut la dignité des êtres humains et le combat féministe. Nous prions Marion Rousse de nous excuser de ce manque de vigilance».

Résultat, tant le dessinateur Espé, dont c’était la première collaboration avec ce titre, que le chroniqueur pour l’Huma Antoine Vayer (un ancien médecin de Festina, qui l’a défendu sur les réseaux sociaux) ont été licenciés. Ce dernier, très populaire dans le milieu de la petite reine pour ses positions qu’on peut qualifier d’extrêmes dans le domaine du dopage, a lui aussi été prié de quitter le titre. Il a également supprimé son compte Twitter dans la foulée.

«Je suis vraiment désolé, désolé, désolé. Le journal a fait ses excuses, le dessin a été dépublié et j'arrête de travailler pour l'Humanité. Mon but n'était absolument pas de blesser, je n'ai pas pensé à mal, c'est juste de la caricature. J'ai voulu évoquer la porosité entre médias et sport et j'ai voulu m'inspirer des dessins de Tex Avery», a indiqué de son côté, à l'AFP, le dessinateur, dont c'était la première collaboration pour le journal. «Je me suis planté. Quand un dessin n'est pas compris c'est une erreur, mais je n'aurais pas pensé que ça prenne de telles proportions», a poursuivi le dessinateur de BD.

(L'essentiel/Sport-Center)