États-Unis

14 avril 2019 10:07; Act: 15.04.2019 10:52 Print

Le fisc américain guette le bébé d'Harry et Meghan

Le futur rejeton royal aura la double nationalité anglo-américaine. Il devra donc montrer patte blanche au fisc de son pays d'origine, les USA.

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À partir de sa naissance, les comptes en banque du bébé royal devront être déclarés aux États-Unis aussi.

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Aucun doute sur le fait que le bébé royal d'Harry et de Meghan naîtra avec une cuillère d'argent dans la bouche. Mais le fisc américain voudra en prime en connaître la valeur. La raison de cet intérêt des services fiscaux des États-Unis pour ce bébé tient à sa double nationalité, britannique par son père Harry, et américaine par sa mère, la duchesse de Sussex.

«Lorsqu'un des deux parents d'un enfant est américain et qu'il a résidé aux États-Unis pendant cinq ans dont au moins deux après 14 ans, alors le bébé est américain», rappelle David Treitel, fondateur de l'American Tax Returns, une société de conseil pour les expatriés américains au Royaume-Uni. «C'est le cas de Meghan», ajoute-t-il, précisant qu'il s'agit d'une première dans la famille royale. La nationalité américaine est toutefois assortie de conditions particulièrement restrictives: comme tout bon citoyen américain qui naît, grandit et meurt n'importe où sur le globe, ce bébé devra chaque année montrer patte blanche au fisc de son pays d'origine.

À partir de sa naissance, les comptes en banque du bébé alimentés en argent frais par des parents soucieux de son avenir devront être déclarés. Tout comme les revenus qu'il pourrait générer si ses parents décidaient par exemple de lui faire suivre les traces de sa mère, ancienne actrice, en faisant de lui un bébé star du petit ou grand écran.

«Américains accidentels»

Au-delà de l'intimité de ce bébé bien né, «le fisc américain va obtenir beaucoup d'informations sur la richesse du couple» à travers ces déclarations et celles de sa mère, résume David Treitel. Car, l'IRS, le service des impôts des États-Unis, exige aussi que les cadeaux de valeur offerts par des non-Américains à cet enfant - qui ne manquera pas d'être gâté - soient également déclarés. «Imaginez que la reine offre au bébé un beau livre d'art de la collection royale. Il devra alors être déclaré au fisc s'il dépasse une valeur de 100 000 dollars», rappelle David Treitel.

En revanche, les cadeaux glanés lors de la coûteuse «baby-shower», la fête entre une future maman et ses amies, organisée récemment par Meghan à New York, n'auront sans doute pas à être déclarés par la femme d'Harry s'ils ont été offerts par des compatriotes, selon lui. Si le bébé et sa mère devront s'acquitter de déclarations qui seront sans doute chronophages pour leurs comptables, il n'est pas dit qu'ils paieront beaucoup d'impôts: ceux-ci «peuvent souvent être compensés par les impôts à payer en Grande-Bretagne», commente Laura Saunders, spécialiste des questions fiscales au Wall Street Journal.

Au-delà de la famille royale, la volonté des autorités américaines de contrôler ses administrés expatriés a parfois des conséquences plus graves, touchant des individus qui n'ont a priori aucun lien avec les États-Unis si ce n'est le fait d'y avoir respiré leurs premières bouffées d'oxygène. C'est le cas des «Américains accidentels», plusieurs milliers de personnes en France, et d'autres aussi au Luxembourg, qui ont acquis automatiquement la nationalité américaine parce qu'elles sont nées aux États-Unis, mais qui ont souvent quitté le pays très jeunes et n'y ont plus aucune attache.

Amendes

Depuis l'adoption en 2010 du Foreign Account Tax Compliance Act (FATCA), qui substitue le critère de la nationalité à celui du domicile fiscal, ces citoyens se voient obligés de déclarer leurs revenus aux États-Unis, et le cas échéant d'y payer des impôts. Or une grande partie, et pas seulement des Français, ont parfois quitté les États-Unis très tôt. L'Association des Américains accidentels (AAA) qui les regroupe a appelé en fin d'année dernière le président américain Donald Trump à «trouver une solution».

Leur situation est particulièrement problématique car en cas de refus de se plier aux obligations fiscales américaines, leurs établissements bancaires s'exposent à des sanctions, ce qui pousse ces banques à leur refuser l'accès à des services financiers tels que l'ouverture de comptes bancaires ou la souscription d'une hypothèque. À une échelle moins dramatique, la famille royale britannique ne peut pas non plus se soustraire à ces obligations puisqu'une déclaration non conforme à la réalité est également assortie de risques d'amendes. Une solution existe tout de même pour éviter les maux de tête aux comptables du couple: que Meghan renonce à sa nationalité américaine. Mais si elle-même échapperait ainsi aux contraintes fiscales, le bébé serait, lui, toujours soumis au devoir de déclaration jusqu'à sa majorité.

(L'essentiel/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Mc Karon le 14.04.2019 19:03 Report dénoncer ce commentaire

    Je pense qu'il est impossible de renoncer à la nationalité américaine, FATCA est un racket et les européens ont accepté le doigt sur la couture. Aujourd'hui beaucoup de banques refusent carrément les clients US, outre les risques en cas d'erreur, il y a la gestion administrative...

  • Pourquoi pas ? le 14.04.2019 11:22 Report dénoncer ce commentaire

    Elle pourrait encore renoncé à sa nationalité américaine ?

  • ladeux le 14.04.2019 12:06 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    suffit donc de renier la nationalité américaine

Les derniers commentaires

  • Mc Karon le 14.04.2019 19:03 Report dénoncer ce commentaire

    Je pense qu'il est impossible de renoncer à la nationalité américaine, FATCA est un racket et les européens ont accepté le doigt sur la couture. Aujourd'hui beaucoup de banques refusent carrément les clients US, outre les risques en cas d'erreur, il y a la gestion administrative...

  • Joséphine le 14.04.2019 18:56 Report dénoncer ce commentaire

    Pas encore né qu'il ou elle est déjà à l'oeil du fisc. L'argent et toujours l'argent....

  • Le Suisse le 14.04.2019 13:53 Report dénoncer ce commentaire

    Cala va s'arranger, on n'en doute point....

  • ladeux le 14.04.2019 12:06 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    suffit donc de renier la nationalité américaine

  • Pourquoi pas ? le 14.04.2019 11:22 Report dénoncer ce commentaire

    Elle pourrait encore renoncé à sa nationalité américaine ?