Affaire de cœur en France

09 janvier 2017 22:26; Act: 09.01.2017 22:33 Print

Le jour où Hollande s'est procuré la Une de «Closer»

Dans son nouveau livre, un ancien conseiller du président français revient sur le moment où le chef de l'État a lu le fameux article révélant sa liaison avec Julie Gayet.

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Le 9 janvier 2014, le magazine Closer publiait un scoop retentissant sur la vie privée de François Hollande. Casque de scooter vissé sur la tête, le président français avait été pris en photo tandis qu'il se rendait discrètement au domicile de Julie Gayet, alors qu'il était en couple avec Valérie Trierweiler. Ces révélations fracassantes avaient provoqué la rupture entre le chef de l'État et la journaliste. Cette dernière s'était ensuite épanchée sur cet épisode peu glorieux dans son livre intitulé «Merci pour ce moment», devenu un best-seller.

Ancien conseiller de François Hollande, Aquilino Morelle décrit dans son nouvel ouvrage «L'Abdication» le fameux jour où le président a pris connaissance de la Une du magazine people. «Le Journal du Dimanche» en publie quelques extraits. Le 6 janvier 2014, «un journaliste important» a averti Aquilino Morelle que «Closer» allait sortir cette information. Une fois mis au courant, François Hollande a poursuivi sa journée de travail comme si de rien n'était: «Il donnait parfaitement le change, en dépit de la rumeur qui enflait; il se préparait intérieurement à ce «choc» qui ne serait pas que rhétorique cette fois. Le «choc» des photos», écrit l'ancien conseiller du chef de l'État.

Trois jours plus tard, le 9 janvier, le magazine sortait. Aquilino Morelle raconte qu'à la suite d'un coup de fil au ministère de l'Intérieur, un préfet de police s'est «débrouillé» pour en apporter un exemplaire à l'Élysée. Une vingtaine de minutes plus tard, le conseiller du président lui a remis le journal en mains propres. Ce qui a marqué Aquilino Morelle, c'est le calme dont a fait preuve François Hollande à ce moment-là:

«Il (...) l'examina avec une sorte de soulagement, l'ouvrit, le parcourut, le commenta avec un détachement qui me laissa pantois. (...) Le spécialiste de la presse décortiquait avec précision le travail de ceux qui l'avaient piégé», écrit-il. L'ancien proche du président ajoute: «Le coup était rude; il l'encaissa presque sans sourciller, étonnamment calme, reculant son fauteuil vers la cheminée pour nous lancer un regard un peu triste (...) La tristesse de son regard était insondable, celle d'un homme seul et conscient du gâchis qu'il avait causé comme de l'épreuve qui l'attendait».

(L'essentiel/joc)