Procès de l’acteur Saïd Bogota

15 septembre 2021 21:55; Act: 16.09.2021 13:55 Print

«Maintenant qu'il a vu ma tête, il faut le terminer»

Jugé pour tentative d’assassinat sur le compagnon d’une ex, l’acteur Saïd Bogota a pour la première fois reconnu les faits.

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Saïd Bogota a pour la première fois reconnu avoir voulu tuer sous le coup de la colère. (photo: DR/Twitter)

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«Je suis un miraculé»: Paul*, retrouvé en «état de choc complet», «un trou énorme dans la tête», du sang «dégoulinant sur le visage», a détaillé son calvaire devant les assises à Evry, où le principal accusé, Saïd Bogota, a reconnu avoir voulu le tuer.

«En état de souffrance extrême»

S’il avait avoué avoir commis des violences contre Paul, Saïd Bogota a pour la première fois reconnu avoir voulu le tuer sous le coup de la colère, alors qu’il s’enfuyait.

La veille, le principal accusé a admis «ne plus arriver à (se) regarder dans un miroir. Je me trouve laid – un monstre – pour ce que j’ai fait».

Les témoins, policiers, médecin et surtout la victime sont revenus sur ces heures de décembre 2018.

En plein après-midi, une habitante médusée du village de Saint-Chéron (Essonne), prend en charge un jeune homme de 17 ans «en état de souffrance extrême», rapporte un policier rapidement arrivé sur les lieux.

Paul a réussi a échapper à des hommes, dont le commanditaire présumé, l’acteur Saïd Bogota, jugés depuis lundi pour avoir commandité et participé à son enlèvement, sa séquestration et sa tentative d’assassinat, en raison d’une jalousie amoureuse.

À la barre, une autre policière dit avoir été «choquée» en voyant cet adolescent, «recroquevillé sur lui-même, (...) (qui) perd(ait) vraiment beaucoup de sang. J’ai (eu) peur qu’il décède».

Sur place, le médecin du SAMU constate un «énorme trou dans la tête», des brûlures au niveau du corps et des voies respiratoires, des doigts nécrosés. Le pronostic vital étant engagé, il plonge la victime en coma artificiel.

«C’était inhumain»

Courtois, la voix calme mais vrillant parfois sous l’émotion, Paul déroule le fil de l’histoire, debout à la barre, à quelques mètres des accusés

À une soirée, il rencontre Marion*, qui lui assure «qu’elle n’est plus en couple». «La relation se passait bien et en aucun cas, je n’ai appris l’existence de Monsieur (Bogota)", ancien compagnon de Marion, déclare Paul.

Quelques semaines plus tard, l’apprenti mécanicien est enlevé près de son lieu de travail. Parmi ses kidnappeurs, il reconnaît Saïd Bogota.

Le captif reçoit «claques et gifles» dans la voiture et témoigne de l’état d’ivresse du comédien: «Je n’ai jamais été aussi bourré qu’il l’était, c’était choquant».

Les deux hommes l’emmènent dans une cave, rejoints par un troisième, et «(l') aspergent de bombe lacrymogène, beaucoup, beaucoup».

Lorsqu’il découvre un message équivoque de Marion sur le téléphone de Paul, Saïd Bogota «est devenu fou». Il revient avec une bouteille d’acide chlorhydrique. Paul reçoit alors du produit toxique au visage et en ingère. «Je n’arrivais plus à respirer, j’étais aveugle», panique le jeune homme.

Une voisine s’étonnant du bruit, il est transporté dans un champ où il reçoit deux tirs de flashball à la tête et perd temporairement connaissance.

«Il a vu ma tête, il faut le terminer»

«Je ne savais pas qu’un humain...» Paul ne peut pas terminer sa phrase, mais se souvient que Saïd Bogota «le regardait dans les yeux» et qu’il l’avait frappé avec rage à la tête avec une clé à molette, une vingtaine de coups selon lui.

Avant d’être aspergé d’essence puis incendié, l’adolescent entend Saïd Bogota s’énerver: «Maintenant qu’il a vu ma tête, il faut le terminer».

Parvenant à ôter ses vêtements enflammés, Paul court «de toutes ses forces» et se réfugie auprès d’une riveraine, à qui il demande «de rester près de (lui), de (lui) tenir la main».

Venu le voir à l’hôpital, un ami «a reculé tellement c’était inhumain», se remémore-t-il en pleurant.

Aujourd’hui, le jeune homme conserve des séquelles physiques et psychologiques importantes.

«J’espère que la justice arrivera à mettre la peine maximum parce que c’était un meurtre. Si cette dame (la voisine) n’avait pas été là, je serais mort».

(L'essentiel/AFPE)

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Les commentaires les plus populaires

  • Peaky Blinders le 15.09.2021 23:37 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    inhumain, triste monde

  • Marco le 15.09.2021 22:33 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bogota risque peu. La France étant clémente avec les criminels

  • SheiT le 16.09.2021 06:53 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Les films Taxi ne réussissent pas à certains acteurs

Les derniers commentaires

  • Pas d'excuses le 17.09.2021 09:47 Report dénoncer ce commentaire

    Mimi Mathy a dû aussi en prendre plein la gueule et pourtant elle n'a pas tenté d'assassiner quelqu'un !

  • MikeD le 16.09.2021 09:28 Report dénoncer ce commentaire

    La réalité a dépassé la fiction... Vont-ils en faire un film ?

  • SheiT le 16.09.2021 06:53 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Les films Taxi ne réussissent pas à certains acteurs

  • Natou Natou le 16.09.2021 01:23 Report dénoncer ce commentaire

    Quelle tristesse, autant de souffrance de haine de colère. L'Etre Humain est cruel...

  • justice de guignole le 15.09.2021 23:40 Report dénoncer ce commentaire

    comme d'habitude le coupable recevras 20 ou 25 ans ET avec remise de peine il sortira dans 8/10 ans ,,lamentable cette justice Française ET après on se plaints qu'on arrive pas a freiner la délinquance il aurait fais ça a mon fils il serais déjà mort en ce moment

    • Manu le 16.09.2021 10:51 Report dénoncer ce commentaire

      Je suis d'accord, et j'irai mêm jusqu'à ré-ouvrir Cayenne...

    • TopsyKrett le 16.09.2021 11:01 Report dénoncer ce commentaire

      même pas! 2ans avec sursis et 500.- € dommages et intérêt