Uma Thurman

23 septembre 2021 09:47; Act: 23.09.2021 10:53 Print

Pour soutenir les Texanes, elle confie avoir avorté

Dans un geste rare, l'actrice américaine révèle avoir avorté dans sa jeunesse, exposant son «secret le plus sombre» en soutien aux femmes du Texas interdites d'IVG.

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De nombreuses Texanes sont descendues dans la rue. En vain. (photo: AFP/Jordan Vonderhaar)

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À 51 ans, la star de Pulp Fiction et Kill Bill a osé briser ce tabou, toujours très fort aux États-Unis, dans une tribune poignante publiée mercredi par le quotidien Washington Post. Elle explique avoir suivi «avec une profonde tristesse et un sentiment proche de l'horreur» l'entrée en vigueur de la loi texane qui, depuis le 1er septembre, interdit quasi tous les avortements dans ce vaste État conservateur.

Face à ce texte «radical» qui ne prévoit pas d'exception en cas d'inceste ou de viol, la comédienne a décidé de partager pour la première fois publiquement son expérience «dans «l'espoir de détourner les flammes de la controverse des femmes vulnérables affectées par cette loi».

Uma Thurman, qui a commencé une carrière de mannequin dès ses 15 ans, explique qu'avant ses 20 ans, elle est tombée enceinte d'un homme plus âgé, alors qu'elle se trouvait en Europe, loin de sa famille. «Je voulais garder le bébé, mais comment?» Dans une conversation «terrible» avec ses parents, ce «fantasme enfantin de maternité» s'est dissipé, raconte-t-elle. La relation n'était «pas viable», «ma carrière commençait tout juste, je n'avais pas les moyens de payer un foyer stable, même pour moi. Nous avons décidé en famille que je ne pouvais pas poursuivre ma grossesse».

«Je pensais mériter cette douleur...»

Avec l'aide d'une amie, elle s'est rendue à Cologne, en Allemagne, pour avorter. «Ça faisait terriblement mal, mais je ne me suis pas plainte, je portais une telle honte que je pensais mériter cette douleur...». «L'avortement de mon adolescence a été le choix le plus difficile de ma vie, il m'a causé une peine profonde à l'époque et m'attriste encore aujourd'hui», poursuit-elle. Mais «je n'ai aucun regret»: «Il m'a ouvert le chemin pour une vie pleine de joie et d'amour. Choisir d'interrompre cette grossesse m'a permis de grandir et de devenir la mère que je voulais être», écrit la comédienne, qui a eu ensuite trois enfants.

Aujourd'hui, elle a «le cœur brisé» face à la loi texane, «un outil de discrimination contre les femmes défavorisées» puisque les plus riches pourront voyager hors de l'État pour obtenir une interruption de grossesse. Le texte «dresse les citoyens les uns contre les autres», regrette-t-elle encore.

«Je n'ai rien à gagner de ces aveux et peut-être beaucoup à perdre»

La loi texane, qui fait l'objet de plusieurs recours en justice, comporte en effet un dispositif inédit: il ne revient pas aux autorités de faire respecter la mesure, mais «exclusivement» aux citoyens, encouragés à porter plainte contre les organisations ou les personnes qui aident les femmes à avorter.

«Je n'ai rien à gagner de ces aveux et peut-être beaucoup à perdre», souligne Uma Thurman, dans sa tribune. Près de 50 ans après l'arrêt emblématique de la Cour Suprême «Roe v. Wade», qui a reconnu le droit des femmes à avorter, près de 40% de la population pense toujours que les avortements devraient être illégaux dans la plupart des cas, selon l'institut Pew. Les militants antiavortement sont très présents sur le terrain et les réseaux sociaux, et les acteurs du planning familial dénoncent régulièrement les pressions exercées sur leurs médecins ou sur les femmes qui consultent leur clinique.

«Merci Uma Thurman»

Dans ce contexte, le texte d'Uma Thurman a suscité des réactions aux antipodes. «Merci Uma Thurman de partager votre histoire», a tweeté l'association féministe National Women's Law Center. Elle «se félicite d'avoir tué un bébé», critique le site d'informations des opposants à l'avortement LifeNews.

Avant elle, d'autres stars américaines, comme Madonna ou Nicki Minaj, ont osé briser le tabou. Dans un recueil, l'actrice Whoopi Goldberg a livré le témoignage le plus poignant, racontant qu'à 14 ans, elle a utilisé un cintre pour mettre un terme à une grossesse non désirée.

Leur nombre reste bien loin des signataires du «Manifeste des 343», publié en France en 1971, dans lequel 343 femmes, dont Simone de Beauvoir ou Catherine Deneuve, reconnaissaient avoir avorté clandestinement. Le texte avait contribué au basculement de l'opinion publique et à l'adoption d'une loi légalisant l'avortement.

(L'essentiel/AFP)

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Les commentaires les plus populaires

  • Foetus de 6 mois? le 23.09.2021 14:31 Report dénoncer ce commentaire

    En 2021, utiliser l'avortement vu la quantité de contraceptif existant, j'ai pas de mot. Quant à ceux qui parle d'avortement en cas de viol, j'ai envie de dire que c'est un peu particulier, cela représente combien des avortements? Pour info : plus de 600000 avortements par an aux USA, aucune stats sur les causes (notamment en cas de viols car très rare et on pourait traiter au cas par cas dans cette situation). Depuis la légalisation ce sont 46000000 avortements aux USA. Faudrait donc songer à discuter sérieusement du sujet, sans passion et dans la réalité.

  • Vladimir Vladimirovitch P. d'URSS/Russie le 23.09.2021 10:30 Report dénoncer ce commentaire

    Quand c'est bizarre, certains croient toujours que femmes vont avorter par plaisir mais n'est pas vrai !!!

  • michel23 le 23.09.2021 11:04 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    La honte pour cet état rétrograde qui punit les femmes victimes de viol, d’inceste ou de violences conjugales. Je ne mettrai jamais un pied chez eux et j’essaierai d’éviter d’acheter un produit texan.

Les derniers commentaires

  • Foetus de 6 mois? le 23.09.2021 14:31 Report dénoncer ce commentaire

    En 2021, utiliser l'avortement vu la quantité de contraceptif existant, j'ai pas de mot. Quant à ceux qui parle d'avortement en cas de viol, j'ai envie de dire que c'est un peu particulier, cela représente combien des avortements? Pour info : plus de 600000 avortements par an aux USA, aucune stats sur les causes (notamment en cas de viols car très rare et on pourait traiter au cas par cas dans cette situation). Depuis la légalisation ce sont 46000000 avortements aux USA. Faudrait donc songer à discuter sérieusement du sujet, sans passion et dans la réalité.

    • chiffres? le 23.09.2021 16:12 Report dénoncer ce commentaire

      faut revoir un peu vos chiffres hein.. 46 millions d'avortements aux USA. par an?! pour info, on ne peut recenser les avortements qu'à partir du moment où ils sont exécutés de manière légale.. les femmes ont avorté de tout temps. le problème est que ce n'était pas recensé. et le nombre de femmes en mourant non plus. et concernant les viols ou incestes, si les avortements sont traités comme les cas de viols ou d'incestes au tribunal, on n'est pas sortis de l'auberge. et là pareil. c'est recensé à partir du moment où c'est déclaré. ce qui est rarement le cas.

    • @Chiffres le 23.09.2021 21:21 Report dénoncer ce commentaire

      Faut relire le commentaire correctement, je cite "Depuis la légalisation ce sont 46000000 avortements aux USA. " Donc depuis presque 50 ans (1973), pas par an... Quant au reste, que dire, c'est confus et surtout ni sourcé ni vérifiable donc.

  • michel23 le 23.09.2021 11:04 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    La honte pour cet état rétrograde qui punit les femmes victimes de viol, d’inceste ou de violences conjugales. Je ne mettrai jamais un pied chez eux et j’essaierai d’éviter d’acheter un produit texan.

    • Katia le 23.09.2021 13:08 Report dénoncer ce commentaire

      Aujourd'hui les femmes ont tout pour ne pas devenir enceinte mais veulent toujours tuer des enfants innocents ce qui est très triste en 2021.

    • Moi Me le 23.09.2021 13:44 Report dénoncer ce commentaire

      Vous me faites vomir... De tels propos en 2021 c'est ça qui est triste ! Doit-on demander à un violeur une pause de 2 minutes pour lui mettre un préservatif avant l'acte ??? Est-il préférable de mettre un enfant non désiré qui sera peut être abandonné, maltraité ?

    • Non au fake news le 24.09.2021 14:07 Report dénoncer ce commentaire

      @Moi Me On parle des avortements APRES 6 mois. Les cas exceptionnels ne sont pas concerné ici, la loi texane permet l'IVG.

  • bachibousouks le 23.09.2021 10:59 Report dénoncer ce commentaire

    Bientôt la burka au texas ! Les talibans applaudissent...

  • Vladimir Vladimirovitch P. d'URSS/Russie le 23.09.2021 10:30 Report dénoncer ce commentaire

    Quand c'est bizarre, certains croient toujours que femmes vont avorter par plaisir mais n'est pas vrai !!!