ROCK-A-FIELD 2012

24 juin 2012 14:56; Act: 25.06.2012 13:34 Print

Une édition qui restera dans les mémoires…

ROESER - Certains festivaliers ont baissé les bras et abandonné le site du festival. Les autres, courageux, sont restés, malgré le mauvais temps et l'annulation du concert de Justice.

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La pluie en a découragé plus d'un qui, sans doute déçu de ne pas pouvoir voir Justice, sont rentrés chez eux. Le groupe français devait être le clou du spectacle de ce festival mais il ne jouera finalement pas ce dimanche soir. Étant arrivé en retard, il ne pourra pas installer sa scène. Pour le remplacer, Triggerfinger, passé à 12h50 a rejoué un deuxième set complètement différent à 16h40 sur la petite scène, tandis que le concert de Dropkick Murphys a été décalé à 23h50.

La journée avait pourtant bien commencé. Il ne fallait pas compter sur les incertitudes météorologiques pour calmer les ardeurs de Porn Queen. Lançant les hostilités, soniques bien entendu, à midi, le groupe luxo-brésilien faisait en effet toujours preuve d'autant d'énergie, comme on a pu le constater récemment, à l'occasion de la fête de la musique à Dudelange ou en première partie de Slash. Leurs riffs rock heavy ne laissaient pas de répits aux festivaliers encore endormis, donnant le temps de cette seconde journée.

Clueso, Lostprophets et Mutiny On The Bounty font oublier la pluie

D'autant que les Belges de Triggerfinger réchauffaient l'atmosphère, à l'image du batteur se hissant pour haranguer la foule. Le stoner rock mâtiné de blues du trio, avec son bassiste gigantesque et son chanteur toujours aussi classieux, était des plus inspirés. Les premières gouttes de pluie coïncidaient avec l'arrivée de Clueso sur scène. Le chanteur allemand naviguait entre pop, dub, reggae et quelques notes d'électro, ajoutant un brin de mélancolie à la grisaille avec ses ballades («Cello», «Chicago»).

Le site se remplissait petit à petit, et les Gallois de Lostprophets envoyaient ses mélodies accrocheuses, entre pop punk et rébellion bon enfant. Puis l'orage musical se déchainait. Un tonnerre de roulements, des éclairs de guitares et une basse foudroyante: la recette du post-rock des Luxembourgeois de Mutiny On The Bounty, taille patron sur la scène principale, visiblement heureux d'être là et ne lésinant pas sur les déflagrations sonores.

Comme des airs de Woodstock au Luxembourg

L'annulation du concert de Justice laissait un créneau libre, donnant l'occasion à Triggerfinger de démontrer toute l'étendue de son talent et de son endurance, avec un deuxième set spécial, au cours duquel le chanteur Ruben Block s'en donnait à cœur joie, communiant sous la pluie avec le public. Le déluge qui s'était installé n'avait pas non plus refroidi Biffy Clyro. Le trio écossais, toujours aussi fougueux, envoyait ses missiles noisy-pop, dont «Many Of Horror» sans sourciller. Le batteur, fidèle à la tradition du groupe, officiait quant à lui torse-nu.

La pluie prenait possession du site, mais la plupart des festivaliers s'en amusait. Rejouant en quelque sorte Woodstock, dansant dans la boue sur les hits pop des bondissants Two Door Cinema Club. Le trio irlandais en profitait d'ailleurs pour lancer quelques nouveaux titres. Sur la grande scène, Mumford&Sons, dont le concert était attendu, se présentait dans une nouvelle composition. Du fait de la blessure à la main du chanteur, le groupe était renforcé de plusieurs autres musiciens, dont un batteur luxembourgeois. Avec son folk épique, le groupe de Marcus Mumford réchauffait un peu les cœurs et les corps transis par l'humidité.

Et les festivaliers pouvaient compter sur Billy Talent pour mettre le feu. Les Canadiens balançaient sans pitié leur punk-rock aussi costaud que mélodieux. Le chanteur du groupe sollicitait et encourageait le public à tout va. Enfin, une souris masquée, débarquant elle aussi du Canada apparaissait sur la grande scène, haut perchée sur son podium. Deadmau5 transformait ainsi le site en dancefloor, avec une techno efficace renforcée par les visuels. En fin de soirée, les plus courageux pourront reprendre en chœur les refrains des punks celtiques de Dropkick Murphys.

Cédric Botzung

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