Biathlon

27 octobre 2020 14:30; Act: 27.10.2020 16:51 Print

Fourcade pourrait récupérer un 6e titre olympique

Le biathlète russe Evgeny Ustyugov - vainqueur de la mass start aux JO de Vancouver, devant le Français Martin Fourcade - a de nouveau été suspendu pour dopage.

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Le Français (à gauche) avait fini 2e de la mass start aux JO de 2010. (photo: AFP/Franck Fife)

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Le biathlète Martin Fourcade, retraité depuis mars, était déjà le sportif français le plus titré aux Jeux olympiques. Avec la nouvelle condamnation pour dopage du Russe Evgeny Ustyugov, il devrait encore embellir son palmarès d'une 6e médaille d'or. Evgeny Ustyugov a en effet été condamné par la chambre antidopage du Tribunal arbitral du sport (TAS) suite à l'analyse de son passeport biologique, comme l'a annoncé mardi, la Fédération internationale de biathlon (IBU), qui a annulé tous ses résultats obtenus entre 2010 et 2014.

Le Russe a 21 jours pour faire appel. Un dernier obstacle avant un potentiel nouveau titre olympique pour Martin Fourcade. Cette 6e médaille qui se rapproche, aurait pu être la première: à 22 ans, Martin Fourcade s'était révélé au grand public en terminant deuxième de la mass start des Jeux de Vancouver en 2010 derrière Ustyugov, alors qu'il n'était monté sur aucun podium de Coupe du monde en individuel jusque-là.

Cette course agit comme un déclic et marque la naissance d'un champion charismatique qui domine ensuite le biathlon mondial de 2012 à 2018 et accumule les records. Il remporte ainsi six autres médailles olympiques dont cinq en or (individuel et poursuite en 2014, poursuite, mass start et relais mixte en 2018) qui font de lui le Français le plus titré aux Jeux, certes dans un sport qui offre à chaque olympiade plusieurs opportunités de titre.

Martin Fourcade a également remporté sept fois le classement général de la Coupe du monde, un record, et 28 médailles mondiales dont 13 titres, avant de prendre sa retraite en mars dernier.

«Un système savamment organisé»

Ironie de l'histoire, c'est avec le dossier d'un concurrent russe qu'il devrait récupérer ce nouveau titre, lui qui s'est démarqué dans sa carrière par des prises de position «cash» contre le biathlon russe, reconnu pour avoir fait partie d'un système de dopage institutionnalisé. C'est justement sur la base des analyses des données du laboratoire de Moscou, au cœur du système de dopage institutionnel ayant régné en Russie entre 2011 et 2015, que Ustyugov a été condamné une première fois en février pour dopage à l'oxandrolone (un stéroïde), lui faisant déjà perdre une médaille d'or obtenue en relais aux Jeux de Sotchi en 2014.

Cette fois il est reproché au Russe l'utilisation «d'une substance ou d'une méthode prohibée» sur la foi de l'analyse de son passeport biologique entre 2010 et 2014. «M. Ustyugov a bénéficié d'une protection et d'une aide pour améliorer artificiellement ses performances grâce au dopage et pour éviter d'être découvert, ce qu'il n'aurait pas pu réussir autrement qu'avec un système savamment organisé», note également l'IBU, dans son communiqué, mardi.

«Ridicule»

Tous les résultats d'Evgeni Ustyugov (35 ans), à la retraite depuis 2014, sont annulés entre janvier 2010 et la fin de la saison 2013/2014. Il doit ainsi perdre deux médailles acquises aux Jeux de Vancouver en 2010 (l'or dans la mass start et le bronze dans le relais) et deux aux Mondiaux de Khanty-Mansiysk en Russie en 2011 (argent dans la mass start et dans le relais).

Alexeï Panitch, avocat du biathlète cité par l'agence TASS, mardi, juge la décision «tout simplement ridicule». «La chambre antidopage du TAS n'a aucune compétence pour examiner cette affaire car Evgeny n'a jamais accepté l'existence des compétences de cette institution», estime-t-il.

Il reproche notamment au TAS de l'avoir condamné alors qu'au moment des faits (2010), la prescription pour les cas de dopage était fixée par l'IBU à huit ans et n'a été portée à 10 ans qu'en 2019: «Autrement dit, l'arbitre estime que le délai de prescription peut être augmenté à l'infini rétroactivement. (…) Cette décision contient de nombreuses violations des normes juridiques». Cette affaire est la première menée à terme par l'Unité d'intégrité du biathlon, organisme indépendant créé en 2019 pour traiter notamment des affaires de dopage.

(L'essentiel/AFP)