Ski en France

16 février 2020 13:44; Act: 17.02.2020 12:16 Print

L’entraîneur «se vantait d'un droit de cuissage»

L'ancienne skieuse française Claudine Emonet, âgée de 58 ans, accuse son entraîneur d'avoir abusé d'elle et de ses coéquipières, il y a quarante ans.

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Claudine Emonet s'est libérée d'un fardeau qu'elle trimballe depuis 40 ans. (photo: Facebook)

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Les agressions sexuelles dans le sport sont un fléau dont on ne mesure pas encore l'ampleur réelle. Depuis que la patineuse Sarah Abitbol a brisé le silence, fin janvier, les témoignages accablants se succèdent et laissent sans voix. Dimanche, c'est l'ex-skieuse Claudine Emonet, 58 ans, qui a rassemblé son courage pour évoquer ce qu'elle a vécu à la fin des années 70. Un témoignage révoltant partagé sur sa page Facebook et avec Le Parisien et Ski Chrono, pour «se libérer d'un fardeau que je me trimbale depuis près de 40 ans. (...) J'y pense depuis très longtemps, mais les sentiments de honte et de culpabilité sont si tenaces. Alors on vit avec, on essaie d'enfouir ces odieux souvenirs, mais régulièrement ils refont surface».

L'ancienne descendeuse – deux podiums de Coupe du monde – raconte qu'elle a été agressée sexuellement par son entraîneur, comme plusieurs de ses coéquipières de l'équipe de France, certaines mineures. Elle explique à Ski Chrono que l'homme – qu'elle ne veut pas nommer car les faits sont prescrits – se vantait «en plaisantant », d'avoir un «droit de cuissage», et se comportait en «gourou manipulateur», «brimant et maltraitant psychologiquement quand ses assauts étaient repoussés». Il parvenait à ses fins en «organisant les déplacements, et emmenant sa victime seule dans son véhicule. C'est ainsi que les agressions commençaient. Même en utilisant différents stratagèmes pour repousser les attouchements, la sidération, l'emprise, fait qu'on les subit, l'esprit d'un côté, le corps de l'autre... Ni consentantes, ni amoureuses de cet individu, que personne ne s'y méprenne!».

L'ex-championne réfute tout courage dans sa démarche, mais explique parler «pour libérer la parole des autres. Le ski n'est pas épargné et il n'y a pas de raison qu'il le soit. Peut-être que le monde du ski a peur d'être éclaboussé. Mais c'est un fléau, il faut le combattre. Il faut que cela serve pour les autres».

(L'essentiel)