Sampras/Djokovic

11 novembre 2020 14:04; Act: 11.11.2020 15:01 Print

«Six ans de suite n°1, je ne sais pas comment tu as fait»

À l’occasion du 50e anniversaire du Masters, l’ATP a réuni Pete Sampras et Novak Djokovic pour une discussion au sommet. «Donne-moi ton retour, Novak», a imploré l’Américain.

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Novak Djokovic et Pete Sampras ont été réunis devant la caméra en compagnie de Tim Henman pour fêter les 50 ans du Masters. (photo: YouTube ATP Tour)

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C’est triste un Masters sans public. Mais c’est un Masters quand même et celui qui débute dimanche, marque un anniversaire qui compte: le 50e rendez-vous des Maîtres. Pour fêter ce jubilé, l’ATP a confié à Tim Henman le soin d’organiser quelques interviews avec les plus grandes figures de ce demi-siècle. Or, la première capsule a logiquement réuni le duo Pete Sampras - Novak Djokovic, cinq titres chacun mais surtout six saisons terminées à la place de n°1 mondial. Sampras de 1993 à 1998, Djokovic, de 2011 à 2012, de 2014 à 2015, en 2018 et 2020.

«Félicitations Novak pour cette sixième année terminée n°1 mondial. C’est tellement difficile de rester au top. Un maximum de respect pour cette performance», félicite l’Américain, lequel ne semble jamais très touché à l’idée de partager ou de céder ses records. Novak Djokovic admet alors «l’implication totale, les efforts d’organisation énorme sur le court et dans ta vie en général», que cela suppose.

«Je comprends parfaitement Pete lorsqu’il dit avoir mal dormi, mal mangé, vécu avec des maux d’estomac ou en tensions avec ceux qui l’entouraient. Avec le stress, l’excitation, cette espèce de tornade permanente, il arrive même d’être détestable avec soi-même. Bref, Pete, tenir six ans de suite tout en haut, je ne sais pas comment tu as fait».

«Vidé émotionnellement»

À vrai dire, Pete Sampras ne sait peut-être pas lui-même comment il a tenu le coup. Surtout lors de ce fameux automne 1998 où il enchaîna sept tournois en sept semaines sur sol européen (Bâle, Vienne, Lyon, Stuttgart, Bercy, Stockholm et le Masters à Hanovre). Un supplice pour lui.

«J’avais une petite chance de battre le record, de devenir le premier à finir six saisons de suite n°1 mondial. Alors quand j’ai gagné à Vienne, je me suis dit: s’il faut enchaîner encore quelques semaines, accroche-toi. Je n’y ai pris aucun plaisir mais j’ai réussi et ce fut un immense soulagement. Par contre, je crois que je l’ai payé par la suite, probablement durant une ou deux saisons. Cette séquence m’a complètement vidé émotionnellement. Mais quand je regarde en arrière, ces six années de suite terminées au sommet sont sans doute mon plus grand exploit».

«Donne-moi ton retour, Novak»

Et dans un registre plus léger, les deux champions ont également choisi ce qu’ils emprunteraient à l’autre pour compléter leur panoplie. «Donne-moi ton retour, Novak. Tu aurais été le joueur de la génération actuelle contre lequel j’aurais eu le plus de peine, explique «Pistol Pete». À cause de ta qualité de retour et ta vitesse de déplacement».

«D’accord, lui répond «Nole». Mais alors je prends ton enchaînement service-volée». Et le n°1 mondial de sélectionner enfin son meilleur souvenir au Masters. «Ma finale 2012 remportée contre Roger (Federer) en deux sets serrés et intenses. Surtout que je tire un passing de revers en extension sur la balle de match». Pete Sampras, lui, désignera sans surprise «le chef-d’œuvre de Hanovre». Cette finale 1996 remportée en cinq manches face à Boris Becker dans ce qui reste encore aujourd’hui le meilleur match en indoor de l’histoire du tennis.

(L'essentiel/Mathieu Aeschmann)