Arbitre de Rugby

24 août 2018 10:58; Act: 24.08.2018 11:13 Print

Victime d'insultes, Owens a failli renoncer

L'arbitre vedette gallois était proche de la sortie après avoir été victime d'insultes homophobes en 2014. Une lettre de la fédération l'en a finalement dissuadé.

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Nigel Owens est une star des terrains de rugby. Arbitre respecté, il vole souvent la vedette aux joueurs sur le terrain, grâce à ses propos lapidaires et son autorité naturelle. Mais sa carrière ne s'est pas toujours déroulée dans la lumière. Le Gallois de 47 ans, dégoûté, avait envie que tout s'arrête après un match international disputé en novembre 2014, à Twickenham, entre l'Angleterre et la Nouvelle-Zélande. L'officiel avait été la cible d'insultes homophobes, lui qui avait décidé de rendre publique son homosexualité.

«Ce que nous ne savons pas, c'est si c'étaient de véritables supporters de rugby ou juste des gens venus assister à ce match», a indiqué Owens, dans une vidéo promotionnelle en amont de la Pride de la ville de Cardiff (de vendredi à dimanche), dont il est le parrain. «Ce qui était difficile, c'était les gens qui en parlaient avec le monde entier qui savait que je suis gay, a ajouté l'arbitre. Encore maintenant, après tout ce que j'ai traversé, il y a des moments où ça me plombe et où j'ai peur».

Applaudi en d'autres occasions

Après avoir pensé à tout plaquer, Nigel Owens a cependant reçu une lettre qui a tout changé. Bill Beaumont, patron de la fédération anglaise, la Rugby Football Union. Dans sa missive, le président rappelait à l'arbitre gallois à quel point il était le bienvenu à Twickenham, en insistant sur le fait qu'il déplorait le comportement des spectateurs qui l'avaient insulté. «Je me sentais simplement triste que quelqu'un puisse tomber aussi bas et j'ai décidé que j'écrirais une lettre personnelle à Nigel, pour lui montrer que je m'en souciais et que la fédération aussi», s'est rappelé Beaumont, dans la vidéo.

«C'était vraiment touchant, s'est souvenu Owens. J'ai lu la lettre avec une petite larme à l’œil. Ça m'a donné l'impression que cela signifiait vraiment quelque chose pour lui». Moins d'un an plus tard, le Gallois dirigeait dans le même stade anglais la finale de la Coupe du monde 2015, entre les All Blacks et la Nouvelle-Zélande. Quelques mois plus tôt, il avait aussi dirigé le match du Tournoi des VI Nations entre l'Angleterre et la France. Les supporters lui avaient réservé une ovation. «Je me souviens être descendu du car et d'avoir marché à travers cette foule. Quand ils ont commencé à applaudir, c'était un sentiment incroyable».

(L'essentiel/duf)