Sur un home-trainer

08 décembre 2020 14:20; Act: 08.12.2020 15:22 Print

Le cyclisme virtuel a droit à ses premiers Mondiaux

Propulsé sur le devant de la scène par la pandémie de Covid et le confinement, le cyclisme virtuel va avoir droit, mercredi, à ses premiers championnats du monde.

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Chacun chez soi, depuis leur salon ou leur garage, 132 cyclistes du monde entier se sont donné rendez-vous sur «Watopia«, le nom du monde virtuel où ils y feront avancer leur avatar en pédalant - pour de vrai - sur un home-trainer connecté à un écran. «Ce sera le premier événement de ce genre et je crois qu'il marquera l'orientation future de la discipline», veut croire Eric Min, PDG et cofondateur de Zwift, l'application en vogue créée en 2014 qui organise l'événement conjointement avec l'Union cycliste internationale.

Sur la ligne de départ, Jordan Sarrou, sacré champion du monde de VTT cross-country en octobre dernier, représentera la France aux côtés de Marie Le Net, venue elle de la piste. «Lors des Mondiaux de VTT, on nous a demandé si ça nous intéressait de faire les championnats du monde», raconte-t-il. «Au premier abord, j'étais pas trop pour, j'étais concentré sur les Mondiaux, et puis finalement je me suis dit que ça pouvait être sympa, parce que c'est une première, c'est historique».

«C'est hyper ludique»

Mercredi, il sera en selle au domicile de son entraîneur du côté de Besançon pour essayer de décrocher le premier maillot arc-en-ciel de la discipline. «La saison s'est terminée fin octobre, j'ai observé un peu de repos pour me régénérer et j'ai repris l'entraînement il y a trois semaines», explique-t-il.

«Faire une heure de course sur Zwift, ça permet de faire des efforts un peu différemment de d'habitude et de se remettre dans le bain de la compétition». «C'est un autre moyen de se faire mal sur un vélo!», poursuit-il. «C'est hyper ludique et le temps passe beaucoup plus vite. Je trouve que c'est un super outil, dans l'air du temps. Pendant le confinement, j'en ai fait pas mal».

Une course de 50 km au profil vallonné

Déjà pratiqué à l'entraînement par les pros depuis des années, le cyclisme virtuel, également appelé ecycling ou cyclisme esport, a justement connu une ruée de pratiquant au moment du confinement, lorsque les courses virtuelles se sont substituées aux événements réels.

À défaut de pouvoir se dérouler sur route, le Tour de Suisse avait ainsi migré vers le online au mois d'avril, avec Julian Alaphilippe, Vincenzo Nibali ou Romain Bardet parmi les participants, tandis que Greg Van Avermaet était lui devenu le premier vainqueur du Tour des Flandres virtuel. Même le Tour de France, qui avait dû être reporté à septembre, s'était converti au virtuel en juillet.

Mercredi, les coureurs s'affronteront sur une course de 50 km au profil vallonné avec une arrivée au sommet.

«Un effort très violent

Les courses virtuelles, «ce n'est pas tout à fait les mêmes sensations que les courses réelles mais c'est un effort très violent», explique Jordan Sarrou, qui a déjà reconnu le circuit à l'entraînement. «Il y a une tactique à avoir, des coups de pédale un peu différent, une stratégie à mettre en place pour faire les efforts au bon moment», ajoute-t-il. Car grâce à Zwift, les difficultés du parcours, pentes et pourcentages, sont fidèlement reproduits dans les pédales.

Pour cette première édition des Mondiaux, vingt fédérations nationales ont joué le jeu. Parmi les coureurs sélectionnés, venus de différentes disciplines du vélo (piste, route, VTT...), on retrouve quelques têtes connues du peloton parmi lesquelles le Belge Thomas De Gendt, le Colombien Rigoberto Uran ou la Néerlandaise Anna van der Breggen. Au départ, figure également une athlète paralympique, la Britannique Sarah Storey. Aucun Luxembourgeois ne sera au départ.

(L'essentiel/AFP)