Football

19 novembre 2020 12:26; Act: 19.11.2020 12:33 Print

Bientôt un congé maternité pour les footballeuses

Un an après le succès du Mondial féminin de football, la FIFA entend mieux protéger les joueuses enceintes et imposer un congé maternité à ses 211 pays membres.

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Amy Rodriguez est une des rares footballeuses à avoir repris sa carrière une fois devenue mère. (photo: AFP/Alex Goodlett)

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«Nous voulons voir plus de femmes jouer au football, et en même temps avoir une famille», a expliqué à plusieurs journalistes, Sarai Bareman, responsable du football féminin, au sein de l'instance mondiale, jeudi, lors d'une conférence téléphonique.

Alors que la plupart des footballeurs de l'élite cumulent sans difficulté haut niveau et enfants, une carrière féminine reste souvent synonyme de renoncement ou report de la maternité, à l'exception de quelques pays pionniers dont les États-Unis. La FIFA a donc annoncé qu'elle proposerait lors de son Conseil de décembre, une série de mesures applicables à partir de 2021, à ses 211 fédérations membres, qui offrent pour l'heure des garanties très inégales selon le droit et les pratiques locales.

«Réintégrer les joueuses et leur fournir un soutien médical»

Les clubs engagés au niveau international - donc placés sous la juridiction de l'instance de Zurich - devront proposer un congé maternité «d'au moins quatorze semaines, dont huit après la naissance», rémunéré «au minimum les deux tiers du salaire contractuel» de la joueuse. Pendant cette période, ils pourront recruter un joker médical - concrètement, une joueuse enregistrée en dehors de la période normale du marché des transferts - quitte à l'intégrer durablement si les deux parties le souhaitent.

Il leur sera interdit de «soumettre la validité des contrats au fait que la joueuse soit enceinte ou le devienne»: en cas de licenciement pour ce motif, le club sera sanctionné non seulement financièrement mais aussi «sportivement». Enfin, après le congé maternité, les clubs devront «réintégrer les joueuses et leur fournir un soutien médical et physique approprié», a précisé Emilio Garcia, le directeur juridique de la FIFA.

«J'ai dû me refaire une santé de A à Z»

La joueuse pourra notamment «allaiter son bébé et/ou tirer son lait» dans des «locaux adaptés» fournis par son employeur, d'après le futur règlement de l'instance. Ce retour dans l'effectif s'annonce crucial en pratique, tant le football féminin a gagné en intensité physique à mesure qu'il se professionnalisait, comme le révélait une analyse du Mondial 2019 publiée par la FIFA en juillet dernier.

Or, le risque d'impacts contraint les joueuses à délaisser tôt dans leur grossesse l'entraînement classique, même quand elles poursuivent une préparation physique, et plusieurs d'entre elles ont décrit la difficulté de retrouver leur meilleur niveau. «J'ai dû me refaire une santé de A à Z. Mes muscles avaient littéralement fondu et puis j'avais pris une quinzaine de kilos», racontait l'an dernier la double championne olympique américaine Amy Rodriguez, mère de deux garçons, au site Fifa.com.

L'attaquante des Utah Royals, protégée par son contrat, figure parmi les rares footballeuses de l'élite à poursuivre leur carrière une fois devenues mères, comme ses compatriotes Sydney Leroux ou Alex Morgan, qui vise les JO de Tokyo, après avoir accouché d'une petite fille en mai dernier.

Une assurance maternité dans le cyclisme

En France, les exemples en sport collectif sont plutôt venus du handball, avec l'arrière internationale Camille Ayglon-Saurina puis la gardienne Laura Glauser, devenue championne d'Europe avec les Bleues, huit mois après avoir donné naissance à sa fille.

Le développement du haut niveau féminin et les aspirations à l'égalité professionnelle poussent peu à peu les instances sportives à s'emparer de la question, comme l'avait fait l'Union cycliste internationale (UCI) début 2019. Pour les cyclistes sur route - une discipline fortement dominée par les hommes - l'UCI avait imposé à compter de 2020 une assurance maternité, ainsi qu'un salaire minimum qui sera aligné à partir de 2023, sur celui des équipes masculines.

Reste la question de l'attitude des sponsors, sur laquelle les instances n'ont pas de prise: en mai 2019, la reine du sprint, Allyson Felix, avait vivement critiqué la baisse de ses primes imposée par Nike après sa grossesse dans une tribune au New York Times, poussant l'équipementier à amender ses règles.

(L'essentiel/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Jingsa le 19.11.2020 17:49 Report dénoncer ce commentaire

    Cette mesure s’appliquera t’elle aux hommes ? Il ne faudrait pas faire discrimination.

  • Jean-Pierre le 19.11.2020 13:07 Report dénoncer ce commentaire

    Je n'ai jamais entendu parler de cette mesure dans les autres disciplines du sport professionnel. Non pas que je la réfute et que je sois machiste, non mais amoureux du sport et les efforts que l'on fait en tant qu'amateur sont à 1000 lieux des semi-pro, alors pour les professionnels/elles c'est une autre planète de parler d'avoir un enfant.

  • Électeur éclairé le 20.11.2020 08:55 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Et ensuite, en plus, elle demanderont l'égalité des salaires ?

Les derniers commentaires

  • Électeur éclairé le 20.11.2020 08:55 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Et ensuite, en plus, elle demanderont l'égalité des salaires ?

  • Jingsa le 19.11.2020 17:49 Report dénoncer ce commentaire

    Cette mesure s’appliquera t’elle aux hommes ? Il ne faudrait pas faire discrimination.

  • Jean-Pierre le 19.11.2020 13:07 Report dénoncer ce commentaire

    Je n'ai jamais entendu parler de cette mesure dans les autres disciplines du sport professionnel. Non pas que je la réfute et que je sois machiste, non mais amoureux du sport et les efforts que l'on fait en tant qu'amateur sont à 1000 lieux des semi-pro, alors pour les professionnels/elles c'est une autre planète de parler d'avoir un enfant.