Réaction chinoise

16 décembre 2019 13:10; Act: 16.12.2019 14:22 Print

Özil «trompé par de fausses informations»

Les autorités chinoises ont répondu lundi, aux propos du footballeur allemand Mesut Özil, qui avait dénoncé, vendredi, la répression à l'encontre d'une minorité musulmane.

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Les propos d'Özil ont eu des conséquences économiques, puisque le match d'Arsenal a été déprogrammé par la télévision chinoise. (photo: AFP/Ben Stansall)

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La Chine a accusé lundi Mesut Özil d'avoir été «trompé par des fausses informations» et l'a encouragé à visiter le Xinjiang, après des commentaires polémiques du footballeur allemand d'Arsenal sur cette région, où Pékin est soupçonné d'avoir interné un million de musulmans. Le numéro 10 des Gunners avait violemment condamné, vendredi, sur les réseaux sociaux, la politique chinoise de sécurité maximale au Xinjiang, engagée en réponse à des attentats meurtriers commis contre des civils.

Dès samedi, Arsenal avait pris ses distances par rapport aux «opinions personnelles» de son joueur sur le traitement des musulmans de l'ethnie ouïghoure. Une position qui n'a pas empêché la chaîne publique chinoise CCTV de déprogrammer dimanche la diffusion du match entre l'équipe londonienne et Manchester City. L'affaire pourrait avoir des répercussions pour Arsenal sur le marché chinois, à l'image de ce qui était arrivé à la NBA, en octobre, après un tweet du manager général des Houston Rockets, en soutien aux manifestants pro-démocratie à Hong Kong.

«Des corans sont brûlés»

Les Ouïghours constituent l'une des 56 ethnies recensées en Chine. Principalement musulmans, parlant pour la plupart une langue apparentée au turc, ils constituent un peu moins de la moitié des 25 millions de personnes vivant au Xinjiang. La Chine a été frappée à de nombreuses reprises par des attentats commis par des militants ouïghours, notamment en 2014, lors d'attaques à l'arme blanche en gare de Kunming (31 morts) et à l'explosif contre un marché d'Urumqi (39 morts).

«Des Corans sont brûlés... des mosquées détruites... les écoles islamiques interdites... des intellectuels religieux tués les uns après les autres... Des frères envoyés par la force dans des camps», s'était indigné Mesut Özil, vendredi, dans un message diffusé en turc sur Twitter et Instagram. L'Allemand d'origine turque avait également affirmé que «les femmes sont forcées d'épouser des hommes chinois». «Les musulmans restent silencieux. On n'entend pas leur voix», avait ajouté le joueur d'Arsenal, dans son message, où figure à l'arrière-plan le drapeau de ce que les séparatistes ouïghours appellent le «Turkestan oriental».

(L'essentiel/afp)