Maillot de fortune

30 janvier 2016 16:21; Act: 30.01.2016 16:36 Print

Le petit fan de Lionel Messi est en fait afghan

Le supporter de l’Argentin qui portait fièrement un maillot de son idole fabriqué avec un sac en plastique est en fait un petit Afghan de cinq ans.

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La photo a fait le tour du web et attendri des milliers d’internautes: on y voit un petit garçon, de dos, arborant fièrement un maillot de foot de Lionel Messi, bricolé avec un sac-poubelle. De nombreux journalistes s’était mis à la recherche du petit garçon. Mal aiguillé par de fausses informations, la télévision kurde affirmait l’avoir retrouvé en Irak.

Le petit garçon s’appelle en fait Murtaza, a 5 ans et vit dans une région infestée de talibans, en Afghanistan. C’est son grand frère de 15 ans, Homayoun, qui lui a confectionné ce maillot de fortune. «Notre voisin avait jeté des sacs en plastique pour faire les courses et Murtaza les a récupérés pour que je lui fasse un maillot de Messi», raconte l’adolescent à l'AFP. Son «maillot» aux rayures verticales blanches et bleues, les couleurs de l'équipe argentine de football, Murtaza «l'aime tellement» qu'il le porte tous les jours pour taquiner le ballon dans son village reculé, situé entre Kaboul et Kandahar, la grande ville du sud afghan.

Messi «est au courant» et veut «faire un geste»

«J'adore Messi, il joue tellement bien», jubile Murtaza que l'AFP a joint par téléphone. Et le petit garçon l'assure fièrement: «Je veux être comme Messi quand je serai grand!» Sur le devant du «maillot», Homayoun a inscrit au feutre «Messi» et le «10» fétiche du joueur du FC Barcelone et de l'équipe nationale d'Argentine. «Je ne suis qu'un pauvre fermier. Je n'ai pas de quoi offrir un maillot de Messi à Murtaza», raconte Mohammad Aref Ahmadi, son père. «Je veux que mon fils soit un bon joueur de football et qu'il devienne le Messi afghan», ajoute-t-il.

Las, les Ahmadi vivent dans le district de Jaghuri, où les rebelles talibans sont fermement implantés et ils font partie de la minorité hazara, dont les traits distinctement centre-asiatiques et l'appartenance à l'islam chiite leur confèrent depuis toujours le statut de parias dans une société afghane largement sunnite. «Je joue au football avec les autres enfants, mais nous n'avons pas de terrain dans le village et le seul ballon que nous avons est crevé», regrette Murtaza. Sa famille n'a pas non plus la télévision, alors pour voir jouer son idole, le sportif en herbe est obligé d'aller chez les voisins.

Le père de Lionel Messi, Jorge, a assuré que son fils était «au courant» que l'un de ses fans les plus assidus vit en Afghanistan. La star argentine souhaite «faire un geste» pour Murtaza, mais «c'est très compliqué», en raison des distances et de l'instabilité en Afghanistan, a regretté Jorge Messi.

(MC/L'essentiel/AFP)