Match de football

17 octobre 2019 08:02; Act: 17.10.2019 09:29 Print

«C'était comme la guerre» entre les deux Corées

Les footballeurs sud-coréens ignoraient que leur choc, mardi, face aux Nord-Coréens, serait si agressif. «Rentrer sans être blessé est un exploit», confie Son Heung-min.

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Les footballeurs sud-coréens ignoraient totalement que leur choc historique face aux Nord-Coréens, dans un stade vide de Pyongyang, serait à ce point agressif. «C'était comme la guerre», a résumé un de leur dirigeant. Le match comptant pour les qualifications de la Coupe du Monde 2022 s'est soldé par un nul (0-0) mardi, devant une poignée de spectateurs, dont le président de la FIFA, Gianni Infantino. Il s'agissait de la première rencontre en compétition entre les sélections masculines des deux pays encore techniquement en guerre. Mais elle n'a pas été retransmise en direct et aucun journaliste étranger n'était accrédité.

Au-delà de la chronique sportive, l'ambiance de ce derby de la péninsule pose des interrogations réelles sur les perspectives de la coopération sportive intercoréenne, qui joua un rôle-clé dans la détente observée en 2018. Jusqu'à la dernière minute, les Sud-Coréens ignoraient que le match se jouerait à huis clos dans le stade Kim Il-sung. «Nous nous attendions à voir 50 000 Nord-Coréens arriver à l'ouverture des grilles, mais personne n'est venu», a confié le vice-président de la fédération sud-coréenne (KFA) Choi Young-il à son retour, jeudi matin, à l'aéroport d'Incheon. «Les grilles ne se sont jamais ouvertes. J'étais vraiment surpris, comme les joueurs et le sélectionneur».

«Il y avait beaucoup de sales insultes»

Le dirigeant a dit avoir confié son désarroi quant à cette absence de spectateurs à un homologue de la fédération nord-coréenne qui lui a répondu: «Peut-être qu'ils ne voulaient pas voir ça». Capitaine des Guerriers Taeguk, comme est surnommée la sélection sud-coréenne, la star de Tottenham, Son Heung-min, a été sidéré par l'agressivité de l'adversaire. «Le match était très agressif, et rentrer sans être blessé est un exploit», a déclaré l'ailier. «Les Nord-Coréens étaient vraiment à cran. Il y avait beaucoup de sales insultes». M. Choi, lui, ne se rappelle pas avoir déjà vu un tel niveau d'agressivité sur une pelouse: «C'était comme la guerre».

Force est de reconnaître que le contexte diplomatique est plombé depuis plusieurs mois sur la péninsule. Pyongyang a multiplié les essais de missiles pour protester notamment contre des manœuvres entre la Corée du Sud et les États-Unis. Le Nord, qui a claqué la porte des négociations avec Washington sur le nucléaire, écarte en outre toute relance du dialogue intercoréen. On est donc loin des effusions de 2018, quand le président sud-coréen Moon Jae-in avait profité des Jeux olympiques de Pyeongchang pour briser la glace et rencontrer trois fois le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un. Les deux hommes avaient même lancé un projet de candidature commune à l'organisation des JO de 2032, qui semble désormais très hypothétique.

(L'essentiel/afp)