Football/Crash

05 janvier 2017 11:13; Act: 05.01.2017 11:23 Print

«Je suis certain qu'ils sont morts heureux»

Rafael Henzel est le seul journaliste survivant du crash de l'avion qui emmenait l'équipe de Chapecoense. Il a évoqué pour «L’Équipe» les dernières minutes avant le crash.

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L'avion de l'équipe de Chapecoense s'est écrasé à la fin du mois de novembre dernier en Colombie, alors que la formation brésilienne de Chapecoense se déplaçait pour la finale de la Copa Sudamericana contre l'Atletico Nacional de Medellin. Ce qui devait être le plus grand moment de l'histoire du club... 71 personnes avaient trouvé la mort dans l'accident et seulement 6 personnes présentes à bord ont survécu au crash.

Parmi elles, Rafael Henzel (43 ans), journaliste pour la Radio Oeste Capital. Il s'est confié, jeudi matin, dans les colonnes du quotidien français L’Équipe. «On était tous heureux de participer à un tel rendez-vous. Le bonheur était dans l'air, dans les conversations, les regards… On était heureux jusqu'au bout. Ceux qui sont morts n'ont rien senti», a assuré l'homme qui garde depuis de larges cicatrices sur le visage «comme un trophée».

«Personne n'a réalisé»

Pendant le vol, c'est la panne sèche. La faute à un plan de vol trop ambitieux. «Le choc était tellement inattendu que personne n'a souffert. il y a eu une certaine inquiétude quand les lumières se sont éteintes, mais je suis certain que la plupart sont morts heureux. Personne n'a réalisé ce qui allait se passer, il n'y a pas eu de message d'alerte de la part du pilote, les masques à oxygène ne sont pas tombés, on a été pris par surprise», a assuré Henzel.

«On a tous mis nos ceintures de sécurité et j'imagine que le pilote devait être plus concentré à parler à la tour de contrôle qu'aux passagers ou à l'équipage, a-t-il encore raconté. Après, la lumière et les moteurs se sont éteints. Je pensais que ça n'allait pas durer. À aucun moment on n'imaginait que l'avion allait taper, il planait, il était stable et tout d'un coup, il y a un choc terrible. on n'a rien vu venir.»

Depuis, l'heure est à la reconstruction, du côté de Chapecoense. La formation décimée a renoué mardi soir avec la compétition en Coupe du Brésil. Faute de combattants, elle a dû aligner son équipe espoirs et a été battue sur le score de 2-0 par Nova Iguacu. Dans un futur proche, l'équipe dirigée dorénavant par son directeur sportif Rui Costa envisage d'engager une vingtaine de nouveaux éléments. Le nouveau championnat débute à la fin du mois de janvier.

(L'essentiel/rca)