Football

01 novembre 2018 22:34; Act: 02.11.2018 10:50 Print

La vie de van der Meyde, entre sexe, coke et alcool

Le journal britannique «Mirror» revient cette semaine sur la carrière rocambolesque de l'ancien ailier néerlandais, aujourd'hui âgé de 39 ans.

storybild

Andy van der Meyde a bien changé depuis sa retraite de joueur.

Sur ce sujet
Une faute?

Andy van der Meyde a tout connu, ou presque. L'un des nombreux supertalents sortis du centre de formation de l'Ajax Amsterdam au tournant de ce siècle, évoluait à 22 ans aux côtés de Zlatan Ibrahimovic, Rafael van der Vaart ou Wesley Sneijder, l'attaquant avait été repéré et recruté par l'Inter Milan en 2003. Mais dès son premier jour à l'entraînement dans la cité lombarde, l'entraîneur d'alors, Hector Cuper, lui avait lancé: «Mais qui est-tu, p..ain?». Pas de quoi partir sur les meilleures bases. «VDM», dont les initiales étaient sans doute prémonitoires, n'avait d'ailleurs jamais réussi à faire son trou à Milan, malgré des débuts en fanfare avec une volée exceptionnelle sur le terrain d'Arsenal en Champions League en septembre 2003, ponctuée d'une célébration du «sniper» devenue culte. Les exploits du petit prodige s'étaient plus ou moins arrêtés là. À la suite du licenciement de coach Cuper, un mois plus tard, le temps de jeu de van der Meyde n'avait fait que s'amenuiser sous les ordres d'Alberto Zaccheroni, puis de Roberto Mancini. Dans le livre à paraître «The next next big thing», qui évoque les parcours de nombreux joueurs demeurés «éternels espoirs», Andy van der Meyde se souvient avoir dès lors cessé de prendre le football au sérieux, d'avoir «pris du poids à cause de toutes ces pâtes» et d'avoir «rencontré des filles et fait des trucs stupides».

Des pratiques que le joueur à ensuite menées à un tout autre niveau après avoir été transféré en 2005 à Everton, club de Liverpool. Lui avait espéré partir à l'AS Monaco, où on lui promettait «beaucoup d'argent et un magnifique appartement sur la Riviera», mais avait dû se contenter de la «pluvieuse Angleterre». Sa compagne d'alors, Diana Grifhorst, possédait une impressionnante collection d'animaux, avec notamment onze chevaux, des zèbres et un chameau. Le club monégasque étant dans l'impossibilité de lui procurer une maison avec un immense jardin, le transfert avait capoté. David Moyes, manager d'Everton à l'époque, avait alors mis la main sur van der Meyde, alors âgé de 25 ans. Sa femme, ses deux filles et les animaux avaient suivi peu après, en compagnie d'une autre famille rencontrée en Italie. Le mari embauché comme cuisinier, l'épouse comme fille au pair. Blessé au moment de son arrivée à Liverpool, l'attaquant avait eu l'occasion d'y découvrir la vie nocturne. Pour fêter le 16e anniversaire du fils de son ami cuisinier, Andy van der Meyde avait opté pour une virée dans un club de striptease. «Me soûler au milieu d'un club de strip au milieu de Liverpool n'était pas très malin. Mais j'avais une grande envie de femmes nues», avait-il expliqué dans sa biographie, quelques années plus tard. C'est justement dans ce club que le Néerlandais s'était épris d'une stripteaseuse. «Après avoir eu des rapports sexuels avec elle une fois, j'étais accro. Je suis tombé amoureux et une liaison a commencé». Soupçonnant une aventure, l'épouse du joueur avait engagé un détective privé pour espionner son mari. Un mouchard avait été placé sur son véhicule et van der Meyde avait été pris la main dans le sac. Diana et leurs filles étaient alors reparties pour l'Italie.

«J'ai vomi du sang, c'était effrayant»

La vie du jeune talent allait toutefois se compliquer encore bien plus, avec la naissance d'une fille issue de sa liaison avec Lisa, la stripteaseuse. L'enfant était née avec d'importants problèmes à l'estomac et avait dû être hospitalisée pour garantir sa survie. La situation avait eu pour conséquence de compliquer sa relation avec Lisa autant que ses rapports de travail avec son club et coach Moyes. «Un club de Londres voulait me prendre en prêt et Moyes voulait m'y envoyer. Mais le meilleur hôpital de l'enfance est à Liverpool et ma fille y était. J'ai dit que je voulais rester là. Le coach m'a répondu: «Il y a toujours quelque chose avec ta gamine. Toujours des problèmes», se souvient le joueur. De quoi lui couper l'envie de s'impliquer sérieusement sur le terrain avec les Toffees. Et lui donner celle de boire. Beaucoup. Un soir, il s'était carrément réveillé à l'hôpital après que quelqu'un avait versé du poison dans son verre. «J'ai vomi du sang, c'était effrayant. Je me suis évanoui. Ils ont dit que quelqu'un avait vraisemblablement empoisonné ma bière. J'avais dû aller voir David Moyes, qui m'avait mis une amende de 30 000 livres (34 200 euros environ), parce que la règle à Everton est qu'on n'a pas le droit d'être vu dans un bar dans les deux jours précédant un match».

Et puis vint un cambriolage. Plusieurs voitures et des montres de luxe avaient été volées, ainsi que le chien de l'ailier, dans l'espoir d'en tirer une rançon de 5 000 livres. «Quand ces événements se succèdent, les gens vont automatiquement penser que je suis une personne en difficulté. Mais ce n'est pas le cas, je suis juste un gars normal», s'était-il défendu à l'époque. Pour tenir, Andy van der Meyde s'était mis à voler des somnifères au médecin de l'équipe. Durant plus de deux ans. «Très vite, je ne pouvais plus m'endormir sans. J'étais accro». Après quatre ans passés au service d'Everton, équipe dont il n'avait porté le maillot qu'une vingtaine de fois seulement, l'aventure s'était arrêtée en 2009. Mais le joueur, à défaut de trouver un nouveau club, avait passé une année supplémentaire à tuer le temps à Liverpool. «Je n'ai jamais pris des drogues quand je jouais à Everton». Une donne qui avait changé durant cette année d'errance, à toucher le fond et la cocaïne. «Je vivais là avec un ami et nous ne faisions que sortir et nous droguer. Les vendredis et samedis on sortait faire des bêtises. On ne voyait pas la réalité et j'espérais retrouver ma relation avec mon ex-copine». Dans un rare moment de lucidité, le joueur avait fini par téléphoner à son agent pour lui dire: «Je vais mourir ici». Un appel salutaire, qui avait débouché sur une entente à court terme, de retour au pays en 2010 avec le PSV Eindhoven, où il n'avait toutefois jamais disputé un match en compétition. Après l'annonce de sa retraite l'année suivante, à l'âge de 31 ans, il avait encore disputé une poignée de matches avec l'équipe amateur néerlandaise du WKE, dans sa recherche d'une vie plus rangée. Aujourd'hui, l'homme est à nouveau sobre et «clean», s'est marié en 2014 à Melisa Schaufeli et présente sa propre série sur sa chaîne YouTube, dans laquelle il invite des footballeurs à bord de sa voiture. La route a été longue et chaotique, mais «VDM» a fini par remonter à la surface.

(L'essentiel/Duf)