Football

20 juillet 2019 12:45; Act: 20.07.2019 12:50 Print

Les Algériens savourent leur victoire avec émotion

Titrés vendredi au terme de la finale de la Coupe d'Afrique des Nations, en Egypte, les Fennecs et leurs supporters ont célébré comme il se doit, un peu partout dans le monde.

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«One, two, three, viva l'Algérie». Le célèbre slogan a résonné dans le stade international du Caire, blanc et vert de supporters en liesse des Fennecs, qui ont remporté vendredi leur deuxième Coupe d'Afrique des Nations face au Sénégal (1-0). Des groupes de jeunes et des familles venus pour la plupart du pays spécialement pour la finale face au Sénégal ont fait flotter le drapeau au vent en chantant à la gloire de leur équipe.

«On a ramené la coupe à la maison», se réjouit Aziz, arrivé dans la capitale égyptienne quelque jours plus tôt avec sa femme et ses deux enfants qui l'accompagnent. «On est venus exprès au Caire pour cette finale. C'est une joie exceptionnelle», lance-t-il. Abebsia sort du stade en larmes, qu'il tente d'éponger avec le drapeau qui recouvre ses épaules. «Il y avait trop d'émotion. J'ai 28 ans, je n'ai jamais vu l'équipe nationale remporter quelque chose», lâche finalement le jeune ingénieur, après avoir retrouvé son calme. La dernière victoire continentale des Fennecs remontait à 1990.

«Rester dans l'histoire»

«Ça va rester dans l'histoire. On est venus en Égypte, on l'a prise. La dernière fois qu'on est venus, ils nous ont frappés», se déclare Abebsia. Les Égyptiens et les Algériens entretiennent une relation d'inimitié notoire dans le football depuis d'anciennes rencontres tendues pour des qualifications en Coupe du monde. Cette rivalité avait dégénéré en affrontements violents en 2009 lors des qualificatifs pour le Mondial 2010.

Durant la finale de vendredi, le public égyptien était partagé entre les supporters des Fennecs et les soutiens des Lions de la Terranga. Mais Abebsia veut garder le positif: une «joie» pour les Algériens, englués dans une crise politique au pays. «Ce qui se passe à Alger, ça a aidé l'équipe nationale. Ça leur a donné de la force en plus. Je les remercie parce que le peuple traverse une période vraiment difficile et ils nous ont donné beaucoup d'espoir et de joie», lance-t-il.

Depuis février, l'Algérie connaît un mouvement populaire qui a eu raison du président Abdelaziz Bouteflika après 20 ans au pouvoir. Mais le pays reste dans l'impasse, alors que les manifestants continuent de réclamer le départ de tous les représentants du régime.

Le rôle des supporters

«Le public algérien a été l'un des joueurs de cette équipe», souligne Hamza, qui continue de célébrer la victoire dans les gradins plusieurs minutes après la fin du match. «Ils ont été à la hauteur de cette responsabilité», estime le jeune homme, venu en Égypte avec ses amis deux semaines auparavant. Ce peuple déterminé et mobilisé, c'est, selon un spectateur égyptien admiratif, le «secret» des Algériens dans cette CAN 2019, dont ils ont rapidement été considérés comme les grands favoris.

Les supporters égyptiens subissent de nombreuses restrictions sécuritaires depuis des heurts meurtriers en marge de matchs du championnat local. Les supporters des Verts ont été particulièrement présents dans cette compétition, marqués par des stades généralement presque vides, en particulier dans les matchs où ne jouaient pas les Pharaons. L'Égypte a été éliminée dès les huitièmes de finale.

Le cœur de Mostafa, né au Caire d'un père égyptien et d'une mère algérienne, a balancé au début de la compétition. Drapeau blanc et vert autour du coup, le jeune homme de 21 ans exprime sa «joie», dans un mélange des dialectes des deux pays. «Un frère a gagné sur le sol d'un frère. C'est l'image qu'on devrait tous garder», espère-t-il. «Les Égyptiens sont nos frères, on avait une mauvaise idée sur eux mais finalement c'est un peuple très accueillant», confirme Marwa, qui espère voir les Verts réitérer l'exploit du Caire et collectionner «plus de titres inch’Allah».

(L'essentiel/afp)