Selon Bonucci

03 avril 2019 15:55; Act: 03.04.2019 21:09 Print

Les cris racistes, «c'est aussi la faute de Kean»

Des propos du joueur de la Juventus, Leonardo Bonucci, après les cris racistes subis par ses coéquipiers Moise Kean, Alex Sandro et Blaise Matuidi, ont suscité la polémique.

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Les joueurs de la Juventus, Blaise Matuidi et Moise Kean, ont été visés mardi soir par des cris racistes imitant le singe lors d'un match à Cagliari. Et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'ils n'ont pas pu compter sur la solidarité de certains de leurs coéquipiers. La réaction de Leonardo Bonucci, notamment, a créé la polémique. «Kean sait que quand il marque, il devrait fêter ça avec ses équipiers. Il sait qu'il aurait pu faire quelque chose de différent», a estimé Bonucci. «Il y a eu des cris racistes après le but. Blaise les a entendus et était en colère. Je pense que la faute est partagée à 50-50. Moise n'aurait pas dû faire ça et le virage n'aurait pas dû réagir comme ça», a-t-il ajouté.

Après le but du 2-0 inscrit par Kean, ces cris de singes ont redoublé d'intensité. Selon les images de la télévision italienne Sky, Kean a fêté son but immobile et bras écartés devant un virage du stade de Cagliari. Il a ensuite été encadré par ses équipiers et ramené vers le centre du terrain. Dans le même temps, on a pu voir Blaise Matuidi, très énervé, discuter avec son entraîneur Massimiliano Allegri, et faire de grands gestes vers le même virage. Il a ensuite discuté quelques instants avec l'arbitre. Le match a été interrompu brièvement et le speaker du stade a diffusé un message invitant les spectateurs à cesser ces cris.

Mais, après le match, le coach de Cagliari en a remis une couche pour justifier le comportement des supporters. Rolando Maran a ainsi jugé que la célébration du jeune attaquant - immobile, silencieux et bras écartés devant une tribune - était «peut-être un peu exagérée» et avait «créé des tensions». Son président Tommaso Giulini a lui estimé que Kean «avait fait une erreur». «Il a 19 ans, ça se comprend», a-t-il ajouté, disant avoir «surtout entendu des sifflets».

«Il faut de sévères punitions»

De son côté, l'agent Mino Raiola a pris mercredi la défense de Blaise Matuidi et Moise Kean, deux joueurs de la Juventus Turin visés mardi soir par des cris racistes lors d'un match à Cagliari, et a appelé les instances italiennes au «courage» et à la sévérité. «Je suis aux côtés de Blaise et de Kean. Le racisme est pour moi synonyme d'ignorance. Personne ne peut et ne devrait le justifier», a déclaré Raiola, dans un message transmis à l'AFP. «Je suis fier de mes garçons et je serai avec eux jusqu'au bout», a ajouté l'agent, qui gère les intérêts de très nombreux footballeurs de haut niveau, parmi lesquels Matuidi et Kean, mais aussi Zlatan Ibrahimovic ou Mario Balotelli.

«Il faut du courage et il faut de sévères punitions pour qui agit de façon raciste et pour qui justifie le racisme, quelle qu'en soit la manière. Il faut être unis contre le racisme. On ne peut pas être italien et raciste en même temps», a ajouté Raiola, qui a la double nationalité italo-néerlandaise.

Des joueurs comme Raheem Sterling ou l'international italien Mario Balotelli ont dénoncé sur les réseaux sociaux la réaction de Bonucci. «Dis à Bonucci que sa chance, c'est que je n'ai pas été là. Au lieu de te défendre, qu'est-ce qu'il fait lui? Bah, je suis choqué, je te jure», écrit «Super Mario», sur le compte Instagram de Moise Kean. Mais rien du côté de la fédération ou de la Ligue italienne, ni de la part du club de Cagliari ou de la Juventus.

(L'essentiel/afp)