Football

13 septembre 2021 21:50; Act: 14.09.2021 12:48 Print

Personne pour boycotter la Coupe du monde du Qatar

Joueurs et fédérations s’indignent de la tenue de la Coupe du monde de football au Qatar en 2022. Beaucoup promettent des sanctions, mais aucun réel boycott de la compétition n’a été prononcé.

storybild

La banderole de l’équipe de Norvège, qui proteste contre le traitement inhumain des travailleurs migrants, durant un match face aux Pays-Bas en septembre. (photo: AFP)

Sur ce sujet
Une faute?

Jouer au Qatar semble poser problème, mais pas au point de refuser de jouer la Coupe du monde. Seule la Norvège a intenté une action concrète en soumettant au vote de la fédération le boycott de la compétition. L’assemblée extraordinaire a voté en juin contre le fait de faire l’impasse sur la compétition, à 368 voix contre 121. Le reste du monde semble avoir accepté l’idée de disputer des rencontres au Qatar, malgré les graves accusations sur le sort des travailleurs sur place.

«Boycotter, c’est la voie de la facilité»

Roberto Martínez, entraîneur de l’équipe de Belgique, estime qu’il est inutile de boycotter la compétition. Si les équipes se retirent, elles ramènent avec elles l’attention que les personnes et médias avaient sur l’organisation de l’événement.

«Le message est clair: ne tournez pas le dos. Boycotter est la voie de la facilité», a-t-il lancé au mois de mars. Son équipe affrontait l’Islande, dans une période où chaque sélection luttait contre la violation des droits humains en portant des T-shirts engagés ainsi qu’une banderole. Le message est clair, mais ne manque-t-il pas de force? «Nous devons tous participer et faire de cette Coupe du monde une réussite. Ensuite alors, nous pourrons nous assurer que le changement soit présent», a affirmé le sélectionneur de la Belgique.

«Pas une solution»

Tim Sparv est arrivé à la même conclusion. Le capitaine de l’équipe de Finlande a longuement réfléchi à la question. Il s’est surtout renseigné auprès de différentes entités, et a pu échanger avec des personnes travaillant au Qatar. Le Finlandais raconte son questionnement interne dans «The Player’s Tribune».

«Je ne pense pas que le boycott soit actuellement une solution. Cela n’apporterait aucun changement positif aux travailleurs sur place, voire le contraire», estime-t-il. Il aimerait que toute cette visibilité se transforme en utilité pour les droits humains.

Le capitaine finlandais ne blâme pas les joueurs pour leur manque de prise de position. «Je ne m’attends pas à ce que beaucoup de jeunes joueurs prennent la parole. C’est difficile pour un jeune de 17 ans de sortir de l’école et de jouer devant 50’000 personnes. On les lance dans la cage aux lions et on espère les voir survivre, ce qui est fou. Beaucoup d’entre eux on assez à faire», lâche-t-il, en ajoutant que certains joueurs préféreront toujours se concentrer sur le football. Le joueur néerlandais Georginio Wijnaldum a de son côté affirmé: «Ce n’est pas nous qui avons choisi de jouer au Qatar.»

La responsabilité de qui?

À mesure que l’échéance se rapproche, chacun essaie de trouver les responsables. Matthias Fett, professeur d’économie à l’Université de Hambourg, a analysé trois scénarios possibles.

Dans le premier scénario, les pays scandinaves lancent le mouvement et décident de se retirer de la compétition. Au vu de l’issue du vote en Norvège, il est déjà peu probable que cela puisse réellement arriver. D’autant plus que les bénéfices financiers sont plus élevés en participant à une Coupe du monde qu’en y renonçant.

Second scénario: l’UEFA elle-même boycotte la compétition. Il ne s’agirait plus d’une fédération isolée, mais bien d’un mastodonte contre un autre. Là encore, les probabilités sont extrêmement faibles pour différentes raisons. Le professeur évoque notamment la place de Nasser Al-Khelaifi, membre du comité exécutif de l’UEFA mais aussi président du Paris Saint-Germain et du groupe beIN Sports.

Troisième scénario: les États-Unis boycottent la compétition. «Pour ce scénario, la situation des Ouïghours en Chine joue un rôle. Pékin est l’hôte des Jeux olympiques d’hiver 2022 et est sous les projecteurs pour la violation des droits humains des minorités ouïghours.

Il y a actuellement des discussions aux États-Unis sur le boycott de ces JO d’hiver, similaires au boycott des JO de Moscou en 1980. En conséquence rationnelle, l’équipe des États-Unis devrait aussi boycotter le Qatar plus tard dans l’année», écrit le professeur. Il évoque ensuite les sponsors américains qui insufflent 500 à 600 millions de dollars pendant la Coupe du monde.

Progrès annoncés et non visibles

Tant du côté du gouvernement que de la FIFA, les progrès sont mis en avant. L’organe de communication du pays dit avoir amélioré les standards de santé et de sûreté pour les travailleurs. Les inspecteurs du travail ont davantage de pouvoir et les entreprises qui violent la loi ont des sanctions plus lourdes.

Le président de la FIFA, Gianni Infantino, a affirmé en mai qu’il restait du travail à faire, mais que «nous devons reconnaître les progrès significatifs réalisés en très peu de temps».

Amnesty International, de son côté, avait adressé une lettre à l’intention du président de la FIFA. L’organisation réclame davantage de mesures pour s’assurer du respect des droits humains. Le média britannique «The Guardian» avait réalisé une enquête sur la question des travailleurs du Qatar. Au total, le journal anglais a recensé 6500 morts provenant d’Inde, du Pakistan, du Népal, du Bangladesh et du Sri Lanka.

(L'essentiel/Rebecca Garcia)

Vous venez de publier un commentaire sur notre site et nous vous en remercions. Les messages sont vérifiés avant publication. Afin de s’assurer de la publication de votre message, vous devez cependant respecter certains points.

«Mon commentaire n’a pas été publié, pourquoi?»

Notre équipe doit traiter plusieurs milliers de commentaires chaque jour. Il peut y avoir un certain délai entre le moment où vous l’envoyez et le moment où notre équipe le valide. Si votre message n’a pas été publié après plus de 72h d’attente, il peut avoir été jugé inapproprié. L’essentiel se réserve le droit de ne pas publier un message sans préavis ni justification. A l’inverse, vous pouvez nous contacter pour supprimer un message que vous avez envoyé.

«Comment s’assurer de la validation de mon message?»

Votre message doit respecter la législation en vigueur et ne pas contenir d’incitation à la haine ou de discrimination, d’insultes, de messages racistes ou haineux, homophobes ou stigmatisants. Vous devez aussi respecter le droit d’auteur et le copyright. Les commentaires doivent être rédigés en français, luxembourgeois, allemand ou anglais, et d’une façon compréhensible par tous. Les messages avec des abus de ponctuation, majuscules ou langages SMS sont interdits. Les messages hors-sujet avec l’article seront également supprimés.

Je ne suis pas d’accord avec votre modération, que dois-je faire?

Dans votre commentaire, toute référence à une décision de modération ou question à l’équipe sera supprimée. De plus, les commentateurs doivent respecter les autres internautes tout comme les journalistes de la rédaction. Tout message agressif ou attaque personnelle envers un membre de la communauté sera donc supprimé. Si malgré tout, vous estimez que votre commentaire a été injustement supprimé, vous pouvez nous contacter sur Facebook ou par mail sur feedback@lessentiel.lu Enfin, si vous estimez qu’un message publié est contraire à cette charte, utilisez le bouton d’alerte associé au message litigieux.

«Ai-je le droit de faire de la promotion pour mes activités ou mes croyances?»

Les liens commerciaux et messages publicitaires seront supprimés des commentaires. L’équipe de modération ne tolérera aucun message de prosélytisme, que ce soit pour un parti politique, une religion ou une croyance. Enfin, ne communiquez pas d’informations personnelles dans vos pseudos ou messages (numéro de téléphone, nom de famille, email etc).

L'espace commentaires a été désactivé
L'espace commentaires des articles de plus de 48 heures a été désactivé en raison du très grand nombre de commentaires que nous devons valider sur des sujets plus récents. Merci de votre compréhension.

Les commentaires les plus populaires

  • Tristounet le 13.09.2021 22:43 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Boycotter, ça ferait surtout perdre beaucoup d’argent aux fédérations, donc on préfère fermer les yeux. Il n’y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir, c’est bien connu !!!

  • Patrick le 14.09.2021 11:00 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Argent, fric, et cupidité...

  • Le Catalan le 14.09.2021 07:53 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    il ne se passera rien, beaucoup trop d'argent en jeu...

Les derniers commentaires

  • Tatajojo le 14.09.2021 22:18 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Cette fois-ci, ils vont se mettre a genou, pas pour protester mais pour saluer l‘émir du Qatar, les hypocrites!

  • GGG le 14.09.2021 17:31 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Boycott pour moi.. et sans palabres…

  • @Tiphus le 14.09.2021 14:17 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Jalousie, quand tu nous tiens...

  • Titus le 14.09.2021 14:00 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    C'est pas tant la prime, ça let rapporte rien en direct même aux vainqueurs, en comparaison de ce qu'ils gagnent en club. Ce qui compte c'est l'exposition médiatique pour récupérer ensuite un gros contrat ou la place qu'ils convoitent dans tel ou tel Club.

  • Titus le 14.09.2021 13:58 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    @vive la presse C'est déjà fait, il s'est mis à genoux, les 2, devant le Qatar, et il a dit merci encore.