Commission de discipline

29 septembre 2020 13:58; Act: 29.09.2020 15:01 Print

«Tarlouze» et cris de singe: le foot français dérape

Les accusations de racisme et d'homophobie autour de PSG-OM, étudiées mercredi par la commission de discipline de la Ligue (LFP), évoquent d'autres affaires dans le foot français.

Neymar accuse Alvaro de racsime. La commission de discipline traitera l'affaire mercredi.

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1. Affaires Kébé et retrait de point

Libourne-Saint-Seurin - Bastia, 14 septembre 2007: l'attaquant burkinabé de Libourne Boubacar Kébé, exclu pour un doigt d'honneur à l'attention des supporters de Bastia, justifie son geste par leur comportement raciste. La commission de discipline de la Ligue (LFP) retire un point au club corse - une première dans une affaire de racisme -, sanction annulée en octobre 2008 par le tribunal administratif de Bastia.

Au retour le 22 février 2008, joué en Corse sans Kébé, des spectateurs déploient une banderole injurieuse envers le joueur. Le Sporting est condamné à un match à huis clos, assorti du retrait de deux points.

2. Baros, un geste et une polémique

Lyon-Rennes, 18 avril 2007: l'attaquant lyonnais Milan Baros se pince le nez et agite une main devant, comme pour éventer une mauvaise odeur, en s'adressant au joueur camerounais Stéphane Mbia. Le Tchèque est suspendu trois matches pour ce «geste inadmissible» mais qui ne relève pas de «pur racisme», selon le président de la commission de discipline Jacques Riolacci.

3. Ouaddou, des insultes et un carton

Metz-Valenciennes, 16 février 2008: le Valenciennois Abdeslam Ouaddou, visé par des insultes racistes d'un spectateur, monte en tribune à la mi-temps pour s'expliquer avec lui. L'arbitre lui inflige un carton jaune, une décision qui provoque la colère du joueur: «Il me traite de sale négro, de sale nègre, et en plus vous me mettez un carton!»

Metz est condamné à un match à huis clos. Le carton n'a pas été retiré. Le supporter a été condamné à trois mois de prison avec sursis et trois ans d'interdiction de stade.

4. Furlan, Grosso, et la «race»

Strasbourg-Lyon, 19 avril 2008: l'entraîneur alsacien Jean-Marc Furlan déclare que l'Italien de l'OL Fabio Grosso, qu'il accuse de tricher, n'a pas «renié ses gènes ou sa race». La Licra s'émeut de la «banalisation de ce type de discours» dans le football. Le technicien s'excuse, en rappelant ses propres origines italiennes.

5. Le dérapage homophobe et sexiste de Nicollin

Auxerre - Montpellier, 31 octobre 2009: le président de Montpellier Louis Nicollin dérape au micro de Canal+ en qualifiant l'Auxerrois Benoît Pedretti de «petite tarlouze» dont «on va s'occuper» au match retour. Après la réaction du Collectif contre l'homophobie (CCH), le dirigeant s'excuse avant d'ajouter: «On peut se parler, se dire les choses. On est des hommes, pas des gonzesses». Le Conseil national de l'éthique le suspend deux mois ferme de toute fonction officielle, pour ces propos «discriminatoires et menaçants».

Deux ans plus tard, en 2011, une banderole déployée par des supporters de l'OM - «Bande de tafiole (sic), soyez des hommes» - ranime le débat sur l'homophobie dans les stades: 5 000 euros d'amende contre le club.

6. Barton, Silva et les tweets homophobes

2 avril 2013: une série de tweets du Marseillais Joey Barton vise le défenseur de Paris Thiago Silva: «Gros», «transsexuel», «mauviette»... Les messages de l'Anglais sont condamnés par l'OM et le PSG, ainsi que l'association Paris Foot Gay qui lutte contre l'homophobie dans le foot. Le Conseil national de l'éthique inflige une suspension de deux matches avec sursis au joueur.

7. Balotelli et les cris de singe

Bastia - Nice, le 20 janvier 2017: la star de Nice Mario Balotelli accuse une partie du public bastiais de lui avoir adressé des cris de singe. «Est-ce que le racisme est légal en France? Ou seulement à Bastia ?», s'interroge l'Italien d'origine ghanéenne. La commission de discipline sanctionne Bastia d'un retrait d'un point avec sursis et de la fermeture de la tribune incriminée pour trois matches.

Au tribunal, un spectateur est condamné à deux mois de prison avec sursis et 18 mois d'interdiction de stade. Le 10 février 2018, en déplacement à Dijon, Balotelli assure avoir entendu des cris de singe. Ni l'enquête de la LFP, ni la plainte pénale n'aboutissent.

8. Interruption historique à Dijon

Dijon - Amiens, 12 avril 2019: pour la première fois, un match de L1 est interrompu à la suite de cris racistes venant des tribunes, visant le capitaine d'Amiens Prince Gouano. La commission de discipline inflige au club bourguignon le retrait d'un point avec sursis.

9. Chants homophobes à Nice, match interrompu

Nice - Marseille, 28 août 2019: la rencontre est interrompue douze minutes après des chants et des banderoles homophobes de supporters niçois. Plus globalement, le débat sur l'homophobie dans les stades fait rage en 2019, avec d'autres interruptions de matches sur fond de provocations d'ultras envers la Ligue (LFP). La commission de discipline inflige la fermeture pour un match d'une partie de la tribune niçoise incriminée.

(L'essentiel/AFP)