Football

18 août 2019 16:30; Act: 19.08.2019 12:37 Print

Union Berlin va faire entrer ses morts dans le stade

Présent pour la première fois en Bundesliga, le club dirigé par Urs Fischer (53 ans) veut en faire profiter ceux qui n'ont pas eu la chance de vivre la promotion.

Une faute?

Dimanche à 18h, Union Berlin disputera son premier match dans l'élite, après une dizaine d'années passées dans l'antichambre de la Bundesliga. À domicile, l'équipe entraînée par Urs Fischer accueillera le RB Leipzig dans une atmosphère particulière, puisque 450 posters géants de supporters décédés accueilleront les équipes à leur entrée sur la pelouse du Stadion An der Alten Försterei, lorsque retentira l'hymne officiel de «l'autre» club de la capitale.

C'est une action menée par le fan-club Alt-Unioner qui va permettre à ses supporters décédés de «vivre» ce moment historique. Des membres des familles des disparus ont été encouragés à télécharger sur un site une photo du proche décédé pour qu'elle soit agrandie et imprimée en noir et blanc sur une grande affiche qui sera brandie avant le début du match avec le slogan: «On y est enfin...».

Quinze minutes de silence?

Nous voulions brandir les images des gens que nous portons dans nos cœurs durant le barrage de promotion contre Stuttgart (NDLR: en mai dernier), mais nous avons finalement opté pour un meilleur concept, a indiqué Torsten Eisenbeiner au tabloïd B.Z.. Ce fan très actif est également à l'origine des chants de Noël d'Union Berlin, qui réunit chaque année des milliers de supporters à l'Alte Försterei durant la période de l'Avent.

«Ça m'énervait que mon père ne puisse pas vivre pour voir le plus grand moment de l'histoire d'Union. Mais je me réjouis parce que nous avons ainsi une possibilité de retourner au stade ensemble», a partagé un supporter venu récupérer son affiche.

Ce match historique se déroulera également pour d'autres raisons dans des circonstances particulières. Les fans des Eisernen veulent en effet tenir un boycott de 15 minutes sans chanter dès le coup d'envoi, pour protester contre l'emprise du capitalisme sur le football, notamment symbolisé par l'adversaire venu de Leipzig. Mais cette action ne fait pas l'unanimité dans l'entourage du club. Si certains joueurs la soutiennent, d'autres, comme le gardien Rafal Gikiewicz, préféreraient que les fans fassent du bruit d'entrée pour marquer le territoire de l'équipe à domicile. Affaire à suivre...

(L'essentiel)